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Bouchard : Le choc des titans

Cette Finale entre les Penguins et les Predators se veut aussi un duel entre Sidney Crosby et P.K. Subban

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

La Finale de la Coupe Stanley s'annonce prometteuse parce qu'elle nous montrera d'abord et avant tout un affrontement entre P.K. Subban et Sidney Crosby. Ces deux super-vedettes sont au cœur des succès de leurs équipes respectives et il est impossible, à ce stade-ci, de prévoir comment l'affaire va tourner. Mais le déroulement des trois premières rondes nous donne quelques indices.

Du côté de Pittsburgh

Les Penguins n'ont pas connu, il faut bien le dire, des séries aussi étincelantes que l'an dernier. L'équipe est passablement amochée et, au-delà des miracles faits par le personnel en place, la merveilleuse machine offensive noir et jaune n'est pas la même sans Kristopher Letang.

La troisième ronde était la première au cours de laquelle les Penguins ont eu l'avantage aux tirs sur leurs adversaires. Cette domination est particulièrement attribuable aux prouesses de Crosby, qui a aidé son équipe à obtenir environ 60 pour cent des tirs contre les Sénateurs d'Ottawa.

 

S'il a, dans les autres rondes, toujours mieux fait que ses coéquipiers, reste que l'incapacité du numéro 87 à avoir l'avantage sur ses adversaires dans ces deux premières séries laisse entendre que, contre une défensive aguerrie, Crosby manque d'appuis.

Les Penguins ont fait flèche de tout bois en avantage numérique. Ils ont obtenu 56 occasions (les Predators en ont obtenu 47) et ont marqué sur le quart d'elles. C'est beaucoup moins évident pour Nashville, qui ne convertit qu'un peu moins d'une fois sur six.

Mais cette emphase sur l'avantage numérique peut-elle encore gommer les insuffisances du club à 5-contre-5? Dans cette situation, Crosby s'est retrouvé à donner plus de buts qu'il n'en a obtenu lors de deux des trois premières rondes, seuls les Capitals le laissant prendre les devants. C'est une fois le capitaine passé que les buts s'accumulent.

 

Les Penguins évoluent ici sur un fil de fer. Si on décortique le temps de glace en dénombrant les attaquants de pointe de l'adversaire sur la glace à tout moment, on réalise que Crosby leur a tenu tête, mais que le reste de l'équipe, en plus de prendre un recul important contre les meilleurs, n'est pas parvenu non plus à maintenir l'avantage aux tirs contre les trios les plus faibles.

 

C'est pourquoi la profondeur de la défensive des Predators donne aux Penguins un casse-tête comme ils n'en ont pas eu jusqu'ici.

Du côté de Nashville

Si Subban a permis à son équipe d'aller chercher un avantage supplémentaire lorsqu'il est sur la glace, il faut savoir que les Predators ne s'en laissent pas imposer sans lui. En trois rondes, le reste de l'équipe n'est jamais vraiment descendu sous la part des 50 pour cent de tirs.

 

Là où Subban se démarque, c'est dans la création de buts à 5-contre-5. Il a fait jeu égal contre les Ducks, mais s'est tenu devant les meilleurs des Blues et, surtout, a clairement dominé les Blackhawks.

 

La charte des confrontations nous indique enfin pourquoi, s'ils réussissent à éviter le banc des pénalités, les Predators sont en bonne position.

Si sans Subban le travail des Predators est plus compliqué lorsque les meilleurs éléments adverses sont réunis, on constate qu'on a su prendre l'avantage lorsque le nombre de ceux-ci diminue. Pendant ce temps, Subban a bien un peu perdu l'avantage contre les fonds d'alignement, mais il ne le cède jamais aux meilleurs éléments adverses.

 

Ce constat risque de se renverser quelque peu lors de la Finale. Les Predators n'ont jamais affronté un triumvirat de la trempe de Crosby, Evgeny Malkin et Phil Kessel. Mais les Penguins n'ont pas non plus eu à affronter une équipe dont la deuxième paire de défenseurs génère un impact offensif similaire à celui de Ryan Ellis et Roman Josi. Lorsqu'on sait à quel point ils savent tirer profit des situations de mises en jeu en zone offensive, on comprend comment les difficultés vécues par les Penguins sur le plan territorial sans Crosby risquent de s'aggraver.

Reste donc à voir comment tout ce beau monde va s'ajuster. Je soupçonne personnellement que Mike Sullivan va rapidement revenir à la combinaison Kessel - Nick Bonino - Carl Hagelin. Mais je suis plus curieux encore de voir comment il aménagera la survivance lors des situations de mises en jeu en zone défensive. C'est probablement là que va se jouer la série.

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