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Bouchard : État de la situation dans l'Ouest

Il n y a rien d'acquis avec 11 équipes qui luttent pour huit invitations à la danse des séries

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Longtemps reconnue comme le repaire des puissances de la ligue, l'Association de l'Ouest est aujourd'hui peuplée d'équipes impressionnantes, mais mal ajustées. Le résultat ? Un classement ouvert aux quatre vents.

Un mot sur le graphique ci-dessous. Il indique le classement de l'association et compare le différentiel de buts réel avec celui estimé par la formule des « expected goals » (« buts estimés » ou encore « buts prévus ») du site corsica.hockey, que j'ai aussi utilisée la semaine dernière pour l'impact des meilleurs gardiens de la LNH.

Attention aux données ci-dessous : pour identifier les tendances lourdes, j'ai ciblé les situations à 5 contre 4, 4 contre 5 et 5 contre 5. Ça recouvre l'essentiel du temps de jeu des équipes, mais ça implique aussi que les différentiels qu'on trouve ici ne sont pas tout à fait ceux qu'on voit cumulés sur le site de la LNH.

L'objectif est d'identifier rapidement les équipes qui doivent leur position à des situations exceptionnelles et de voir si elles sont susceptibles de décrocher, d'un côté ou de l'autre.

Il est plus simple d'expliquer ce classement en procédant par élimination. Les trois clubs de queue semblent d'ores et déjà éliminés. Les Jets de Winnipeg et les Stars de Dallas sont en position précaire, mais lorsqu'on regarde de plus près, les deux équipes semblent aller dans des directions inverses.

Les Jets sont en partie torpillés par le manque d'opportunisme de leurs buteurs, mais les gardiens ont aussi fait piètre figure depuis le début de la saison, coûtant 5 buts au club à 5 contre 5. Cette situation est embêtante parce que le salut du club se trouve ainsi lié à une soudaine progression de cerbères aux états de services jusqu'ici peu éloquents. Je suppose que Connor Hellebuyck, que l'on sait prometteur, pourrait faire la différence, mais on doit attendre de voir avant d'y croire.

Les Stars, eux sont dans une situation plus intéressante. Ils ont un match en main sur les Flames de Calgary et les Jets, et leurs ennuis sont essentiellement dus au manque d'opportunisme de leurs tireurs. Reste qu'au mieux, l'équipe semble présentement capable de faire jeu égal aux tirs et aux chances et voit ses espoirs de progression liés à ce que se poursuive la bonne tenue de ses gardiens à forces égales. Antti Niemi et Kari Lehtonen ont jusqu'ici « sauvé » 13 buts aux Stars à 5 contre 5. C'est inattendu, ces deux gardiens ayant offert des performances en dent de scie ces dernières saisons. Bref, l'ouverture est là, mais les pièces ne semblent pas toutes présentes.

Les Predators de Nashville retiennent présentement leur souffle. Si P.K. Subban est blessé sérieusement, leur saison peut déraper. Mais l'équipe a présentement l'avantage aux chances, aux buts, et seule un début de saison chaotique explique leur position actuelle.

Surtout, ils n'ont joué que 33 matchs. Avec trois matchs en main et trois points de retard sur Calgary, une place de repêché leur est offerte. Et si les Blues de St-Louis sont présentement à six points des Predators, les indicateurs plus qu'ordinaires du tableau ci-dessus et les deux matchs que les Predators ont en main montrent bien que tout ça n'est pas fini.

En fait, dans les clubs présentement qualifiés, quatre me semblent plus solidement installés. Les Blackhawks de Chicago ont déjà 36 matchs joués et les modèles de Corsica.Hockey n'aiment pas du tout leur jeu à 5 contre 5. Mais les gardiens Corey Crawford et Scott Darling sont en feu, les points sont déjà en banque et cette équipe a par le passé surpris la ligue avec des montées en régime en fin de saison. Rompu aux longues campagnes printanières, le noyau des Blackhawks a appris à s'économiser en saison régulière et c'est pourquoi je me méfie, dans leur cas, de ces indicateurs peu flatteurs.

Le Wild du Minnesota n'est pas le plus terrifiant des clubs de possession de rondelle, mais le gardien Devan Dubnyk est, depuis qu'il a joint l'équipe il y a presque deux ans, un véritable pilier. On peut cesser de croire au feu de paille dans son cas. Reste qu'ils ont aussi été gâtés par l'opportunisme de leurs tireurs. Encore ici, les points sont en banque et l'équipe n'a que 33 parties jouées.

Les Sharks de San Jose sont aussi confortablement établis. Ils n'ont que 43 points et les Kings de Los Angeles rôdent, mais ils ont joué 34 matchs et, surtout, ont tenu le coup malgré les problèmes de l'attaque depuis le début de la saison. On a, à San Jose, échappé 14 buts à 5 contre 5 et sept autres en avantage numérique, non pas parce qu'on n'obtient pas de chances de marquer, mais par pur manque d'opportunisme. Avec 38 buts marqués en décembre, après n'en avoir obtenu que 47 au cours des deux premiers mois, l'attaque des Sharks s'est enfin réveillée.

Les Kings forment l'autre équipe qui semble solidement installée. Encore ici, seulement 34 parties jouées, un taux de possession à 5 contre 5 éternellement supérieur (54 pour cent des tirs obtenus) et des gardiens substituts qui tiennent le fort en attendant le retour de Jonathan Quick.

Reste à voir ce que les Blues (41 points en 35 matchs), les Oilers d'Edmonton (42 en 36) et les Ducks d'Anaheim (40 en 35) ont dans le ventre. L'état avancé de désorganisation des non qualifiés ainsi que la faiblesse apparente des Flames donne à ces équipes une certaine marge de manœuvre.

Il semble donc y avoir quelque chose comme une course en négatif qui s'installe. On a sept clubs qui semblent avoir pris une position avantageuse dans le club des élus, avec un huitième club, Calgary, qui semble franchement vulnérable aux assauts des Predators.

Mais le nombre de clubs ayant cumulé à peine plus de 40 points implique que les Oilers, les Blues, les Ducks, les Flames, les Predators, les Stars et les Jets pourraient voir leurs destins franchement altérés si, dans ce groupe de sept clubs on voit se conjuguer une série de trois défaites et une autre de trois victoires.

 

 

 

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