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Bouchard : Est-ce que l'âge rattrape enfin Corey Perry?

Notre chroniqueur analyse la contribution de l'attaquant des Ducks au cours des dernières saisons

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

L'ailier droit des Ducks d'Anaheim fait partie de l'élite de la ligue depuis si longtemps, on en vient à oublier qu'il célébrera en mai son 33e anniversaire. L'âge, semble-t-il, commence à rattraper l'increvable ailier droit.

Il manquait en effet l'an dernier le plateau des 20 buts pour la troisième fois seulement depuis 2006-07, sa première saison complète dans la LNH. Outre 2006, la saison écourtée de 2013 fut la seule autre où, avant l'an dernier, il avait raté ce plateau. Et lors des huit autres saisons, il a franchi le cap des 30 buts pas moins de six fois, un exploit.

Mais, pour la deuxième saison consécutive, Perry produit à un rythme de 0,65 point par match, un recul net pour un joueur qui a, pendant plusieurs saisons, flirté avec le plateau du point par match. Est-ce que Perry vient d'atteindre un nouveau plateau, ou est-on plutôt en train d'assister à une glissade de plus en plus rapide?
La première chose à savoir, c'est que le temps de jeu de Perry n'a pas vraiment changé. En fait, on semble maintenant l'utiliser un peu plus en avantage numérique. Mais à forces égales, il demeure l'un des attaquants les plus utilisés de son équipe.

Les résultats obtenus en sa présence, par contre, ont passablement changé. Depuis son sommet de 2013-14, alors qu'il joue avec Ryan Getzlaf et une alternance entre Dustin Penner et Patrick Maroon, les résultats de Perry relativement à son équipe ont chuté rapidement.
 
Le creux de la présente saison est préoccupant. Historiquement, Perry a eu une influence forte sur le taux de tirs obtenus par son équipe, peu importe avec qui il joue (un peu comme Max Pacioretty à Montréal). Mais cet impact s'étiole maintenant rapidement. Il faut le dire, le sort de Perry a quelque peu changé depuis l'an dernier. Lorsqu'on regarde la qualité des adversaires qu'il affronte (mesurée à partir du temps de jeu de ceux-ci), on constate que la tendance baissière des dernières années a été renversée à forces égales depuis le début de la présente campagne.
 
C'est là, je pense, le résultat de l'absence prolongée de Ryan Kesler. Le trio de « minutes dures » qu'il formait avec Jakob Silfverberg et Andrew Cogliano n'a pas été remplacé par une autre unité au rôle similaire lors de son absence et on ne les a pas vraiment réunis depuis son retour au jeu. Nécessairement, cela implique un regain de qualité d'adversaires affrontés. La baisse continue du côté de l'avantage numérique semble quant à elle être due au fait que, entre les absences de Kesler et Ryan Getzlaf depuis le début de la saison, on semble moins préoccupés de cibler certaines unités d'avantage numérique lorsqu'on affronte Anaheim.
Reste que la production de Perry a bel et bien chuté et que les indicateurs sous-jacents montrent, au mieux, un nouveau plateau. Lorsqu'on compare ses performances individuelles à celles des autres attaquants de la ligue, Perry a longtemps été un joueur exceptionnel à forces égales et supérieur à la moyenne en avantage numérique. Si on assigne, pour une saison donnée, un score de 100 pour cent au joueur le plus performant de la ligue dans une catégorie et un score de 50 pour cent à celui qui se situe sur la moyenne, on peut ainsi classer au fil des ans l'évolution de Perry.
D'une saison à l'autre, les buts marqués et les points primaires (buts + passes menant directement à un but) vont varier plus souvent que les tirs tentés. Les mouvements des uns et des autres sont donc instructifs pour distinguer les performances annuelles des tendances à long terme.
En avantage numérique, Perry semble décliner lentement mais sûrement. D'une année exceptionnelle en 2013-14, il est resté en bonne compagnie pour les trois saisons subséquentes avant de perdre beaucoup de plumes cette saison. Les points et les buts marqués, par contre, dessinent présentement un portrait exagéré. Les tirs tentés nous montrent que Perry obtient encore ses chances.
 
À forces égales, le déclin est plus marqué et dramatique. Exceptionnel jusqu'à la fin de la saison 2015-16, Perry a depuis rapidement décroché. La chute du nombre de tirs tentés est particulièrement frappante, mais la montée des points primaires laisse entrevoir la possibilité que l'ailier droit, ayant ralenti au fil des saisons, se soit adapté et ait désormais adopté un rôle de fabricant de jeux.
 
Il sera intéressant de voir si cette tendance se maintient. Si Perry a bel et bien réussi à se métamorphoser en fabricant de jeux, il est probable qu'il maintienne un niveau de production intéressant pour quelques saisons encore. Est-ce là le résultat d'une association plus systématique à un centre (Rickard Rakell) qui est d'abord et avant tout un franc-tireur? C'est à voir. Mais si ces passes obtenues sont simplement le fruit du hasard, la chute pourrait devenir dramatique. Ayant trois autres saisons à écouler à son contrat, on lui souhaite le premier scénario.
D'une manière ou d'une autre, le cas de Perry est des plus instructif. Dans une ligue qui concentre de plus en plus ses contrats lucratifs entre les mains de joueurs dans la vingtaine, la question du vieillissement est importante : quels joueurs sont plus susceptibles de s'adapter aux outrages du temps pour demeurer efficaces?
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