Skip to main content

Bouchard : Derrière le duel Karlsson-Crosby

Le capitaine des Sénateurs semble avoir pris l'avantage sur celui des Penguins jusqu'ici

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

C'était la confrontation attendue de tous, et Erik Karlsson est en train de prendre l'avantage sur Sidney Crosby. Non seulement les Sénateurs d'Ottawa mènent-ils maintenant la finale de l'Association de l'Est, ils le font grâce à leur capitaine, qui neutralise de plus en plus son vis-à-vis.

Dans ces situations, les gestes les plus incriminants sont souvent posés par les entraîneurs. Cherche-t-on à favoriser une confrontation? À en éviter une autre? C'est alors une façon de nous dire : « voici ce qui me semble être en train d'arriver ». Dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, Mike Sullivan semble nous dire que Sidney Crosby doit être soustrait à l'attention de Karlsson pour s'en tirer.

La victoire des Penguins de Pittsburgh lors du match no 2 était exemplaire. Ils ont assiégé le but de leurs adversaires, comme en témoigne la charte des tirs obtenus par Pittsburgh, alors que les Sénateurs n'ont guère menacé le filet des Penguins. Au cours de ce match comme lors du premier affrontement, Sullivan, qui avait l'avantage de la glace, a cherché à soustraire Crosby à Karlsson, pas une mince tâche, étant donné la quantité phénoménale de glace mangée par le défenseur suédois.

Lors du troisième match, alors que Guy Boucher avait le dernier changement, on a plutôt vu Karlsson perdre beaucoup de temps de jeu (son équipe ayant creusé une avance plus que confortable) et ne sortir vraiment que lorsque Crosby s'aventurait lui aussi sur la glace.

Ce jeu de chat et de souris, s'il existe essentiellement dans l'entrecroisement des changements de joueurs à la volée, se constate encore plus clairement lors des mises en jeu. C'est alors que le fameux dernier changement est utilisé; l'équipe visiteuse envoie d'abord ses joueurs et l'équipe à domicile envoie ensuite les siens.

On va alors voir le comportement des entraîneurs varier. À l'étranger, ils misent sur leurs valeurs sûres pour les mises en zone défensive parce qu'ils ne savent pas qui va se pointer de l'autre côté. Inversement, à domicile, ils peuvent utiliser les mises en zone offensive pour donner un coup de pouce supplémentaire à leur attaque en y envoyant leurs attaquants les plus menaçants.

Sullivan a joué de ce levier au maximum. Lorsqu'on fait la différence entre la somme des mises disputées par les Sénateurs dans leur zone et la somme des mises disputées dans la zone des Penguins, on voit que Sullivan a, surtout lors du premier match (son équipe tirait de l'arrière dès la première période), cherché à envoyer Crosby en zone des Sénateurs lorsque Karlsson n'y était pas. Cette différence s'efface lors du deuxième match et se renverse lors du troisième, alors que Crosby est désormais confronté à Karlsson lorsqu'il est envoyé prendre des mises en zone des Penguins.

Dans l'ensemble, cet affrontement a tourné à l'avantage des Sénateurs. Crosby leur a imposé un différentiel de moins-8 aux tirs tentés lors du deuxième match, mais il a pour ainsi dire été tenu à 50 pour cent de tirs tentés lors des premiers et troisièmes affrontements. Et lorsque Karlsson pouvait travailler sans avoir le numéro 87 dans les pattes, les Sénateurs ont eu l'avantage aux tirs.

Le deuxième affrontement nous montre que les Penguins peuvent tenir leur bout malgré le fait que Karlsson fait ainsi jeu égal avec Crosby. Mais ils n'ont pas réussi, jusqu'à présent, à le faire avec régularité. Cela peut sembler un peu curieux comme constat : si Crosby fait jeu égal, ça ne devrait pas être si mal pour le reste de l'équipe? En fait, le problème est là tout entier. Si le meilleur joueur du monde ne peut faire mieux que permettre à son équipe de faire jeu égal, et que l'adversaire qui le limite ainsi est capable de passer 25, voir 50 pour cent plus de temps sur la glace, comment s'en sortir ?

En voir plus