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Bouchard : Ce n'est pas terminé pour les Panthers

Les retours de Jonathan Huberdeau et Aleksander Barkov représentent une lueur d'espoir en Floride

par Olivier Bouchard / Chroniqueur LNH.com

Quand même ceux qui, comme moi, s'intéressent à l'analyse statistique du hockey considèrent que les Panthers de la Floride forment une bien meilleure équipe que ne le laisse deviner leur fiche de 23-19-10, le fait demeure qu'ils connaissent une saison franchement en deçà des attentes.

Mais tout n'est pas (encore) perdu pour les Panthers. Ils se classent un point derrière les Maple Leafs de Toronto (qui ont deux matchs en main), deux points derrière les Bruins de Boston (qui ont joué 3 matchs de plus) et trois points derrière les Flyers de Philadelphie (qui ont joué un match de plus). Le coup est difficile à tenter, mais pas impossible.

La raison de cet optimisme prudent? Le retour au jeu, vendredi, des attaquants Aleksander Barkov et Jonathan Huberdeau. Trois matchs plus tôt, c'était Nick Bjugstad qui revenait enfin dans l'alignement et les Panthers se retrouvent maintenant avec un alignement complet.

L'impact s'est immédiatement fait sentir. Capables d'articuler trois trios à vocation offensive autour de Bjugstad, Barkov et Vincent Trocheck, les Panthers ont battu les Ducks d'Anaheim 2-1 vendredi soir, chacune des unités du top-9 ayant l'avantage sur ses adversaires.

Le trio de Barkov, Huberdeau et Jaromir Jagr avait une commande particulièrement lourde : ils ont principalement joué contre Ryan Kesler, Jakob Silfverberg et Andrew Cogliano, un des meilleurs trios défensifs de la ligue.

L'avantage maintenu aux tirs tout au long du match et, surtout, une fois l'avance acquise en fin de deuxième période, était donc une démonstration impressionnante, sachant que les Ducks sont, depuis le début de la saison, une équipe de force similaire aux Panthers à 5 contre 5, du moins si on en croit les taux de tirs ajustés tels que calculés sur le site corsica.hockey (50,9 pour cent pour la Floride contre 49,9 pour cent pour les Ducks).

Là où le bât blesse pour les Panthers, c'est au niveau de l'efficacité offensive. Toujours selon Corsica.Hockey, les tirs obtenus par l'équipe lui vaudraient un taux théorique de 2,35 buts par heure jouée à 5 contre 5, le huitième pire de la ligue.

La chose s'explique en partie lorsqu'on considère les graphiques développés par Micah Blake McCurdy pour illustrer la provenance des tirs d'une équipe par rapport au reste de la ligue. On y constate que les Panthers abusent des tirs de la pointe et sont, au contraire, moins susceptibles que les autres équipes de tirer de l'enclave. Ce double désavantage est en grande partie le fait de l'absence de combinaisons qui ont été, par le passé, gagnantes pour les Panthers.

Ainsi, l'an dernier, Huberdeau joue essentiellement avec Jagr et Barkov et la carte des tirs obtenus par son équipe en sa présence montre une forte surreprésentation des tirs de l'enclave. On voit, dans le cas de Barkov, que les tirs obtenus en sa présence l'an dernier sont plus dangereux que ceux obtenus cette saison, même si ces derniers représentent malgré tout une nette amélioration par rapport au reste de l'équipe.

On voit un problème similaire dans le cas de Vincent Trochek : cette saison, il visite moins souvent l'enclave que l'an dernier.

Le détail des tirs obtenus lors du match de vendredi nous montre que les Panthers n'ont pas que dominé aux tirs vers le filet, ils ont aussi su travailler dans l'enclave des Ducks.

Les Panthers ont profité, l'an dernier, des faveurs de dame chance pour s'illustrer au classement, faveurs qui leur ont été refusées cette saison. Pourtant, l'amélioration du jeu de possession de rondelle a jusqu'ici été bien réelle. Mais il ne suffit pas d'amener la rondelle en zone ennemie, encore faut-il pouvoir attaquer la zone payante avec constance.

C'est ici que les blessures à Barkov et Huberdeau ont fait vraiment mal. Trocheck s'est montré, en leur absence, plus que capable de prendre la relève. Mais, une fois son trio passé, c'était le désert, ce qui laissait les entraîneurs adverses libres de l'attaquer avec leurs meilleurs éléments.

Barkov, Huberdeau et Jagr forcent maintenant de nouveau la main des entraîneurs adverses et Trocheck a donc plus de marge pour s'imposer. Et Bjugstad, désormais au centre du troisième trio, n'est pas pour autant en pénitence, malgré une production offensive jusqu'ici dérisoire. L'arrivée de Jonathan Marchessault et Michael Sgarbossa sont tous deux du même moule : pas les plus imposants, mais talentueux, ils sont à leur meilleur avec la rondelle. Utilisés au sein d'un top-6, ils sont parfois dépassés, mais aux ailes de Bjugstad, qui a connu des saisons de 38, 43 et 34 points et qui n'a que 24 ans, ils apportent une tout autre dimension à l'attaque des Panthers en donnant au troisième trio un caractère résolument offensif.

Alors qu'on se demandait, il y a deux semaines, si Barkov et Huberdeau reviendraient au jeu cette saison, on a désormais, enfin, toutes les armes en main pour mener la charge vers une place en série. Reste à voir si le dos de Barkov, l'aine de Bjugstad et le tendon d'Achille d'Huberdeau tiendront le coup. S'ils sont capables de demeurer en santé, la participation au tournoi printanier devient soudainement un objectif réaliste, bien que difficile.

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