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Bonino fait la différence pour Pittsburgh

L'attaquant des Penguins enfile le but vainqueur tard en troisième période du premier match de la Finale de la Coupe Stanley

par Amalie Benjamin @amaliebenjamin / Journaliste NHL.com

PITTSBURGH - Kristopher Letang ne savait pas combien de temps il restait à jouer quand il s'est amené en zone adverse. Il ne savait pas combien de temps il restait quand Brent Burns a perdu son bâton, lui permettant de profiter d'un peu plus d'espace.

Letang ne savait pas combien de temps il restait à jouer quand il a fait une passe en retrait vers Nick Bonino, ni quand la rondelle a filé au-dessus du bâton de Martin Jones, puis dans l'espace qui se trouvait entre l'épaule du gardien et le poteau.

 

Ni quand Bonino a levé les bras en signe de triomphe.

C'est seulement après ce moment-là que Letang a levé les yeux. Il a vu le temps qu'il restait à faire : 2:33. Il s'avère que ce n'était pas suffisant pour que les Sharks de San Jose puissent réagir.

« Une sensation formidable », a dit Letang avec calme et retenue, réalisant qu'il restait encore beaucoup de chemin à parcourir dans cette Finale de la Coupe Stanley après la victoire de 3-2 des siens, décrochée lundi à l'occasion du premier match au Consol Energy Center. « Je ne vais pas mentir, je ne savais pas qu'il restait deux ou trois minutes. Alors quand j'ai regardé le chronomètre, j'étais très content. »

Il n'était pas le seul. Ses Penguins de Pittsburgh étaient revenus en force en troisième période après avoir laissé filer une avance de deux buts, remportant ainsi les honneurs de la première rencontre. Ils avaient résisté à la pression appliquée par les Sharks. Ils venaient de profiter du filet vainqueur réussi par un joueur qui avait inscrit neuf buts en 63 matchs en saison régulière pour eux, et quatre autres en 19 affrontements des séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

On parle ici de Nick Bonino, dont on vanterait l'épaisseur de la barbe si Burns et Joe Thornton ne participaient pas également à cette série. Nick Bonino, un itinérant du hockey qui a trouvé un endroit où s'installer - pour l'instant du moins - à Pittsburgh et qui s'est bien installé - pour l'instant, du moins - au sein d'un des trios les plus efficaces des séries.

Avant lundi, il avait toutefois laissé le privilège de marquer des buts à ses compagnons de trio depuis le début des séries.

Carl Hagelin avait inscrit cinq buts tandis que Phil Kessel en avait neuf. Bonino était celui qui faisait les passes, lui qui avait récolté 12 mentions d'aide, le total le plus élevé dans l'équipe et le quatrième dans la LNH, derrière trois joueurs des Sharks (Logan Couture, 17; Burns, 16; Thornton, 15). Il impressionnait en raison de son intelligence - ou, comme le décrit Letang, son « quotidien intellectuel élevé en hockey ». De plus, comme l'a expliqué l'entraîneur des Penguins Mike Sullivan, il est en voie d'obtenir le crédit et la reconnaissance qui lui avaient échappé auparavant.

Le deuxième match de la Finale aura lieu mercredi, encore une fois à Pittsburgh (20 h (HE); TVA Sports, CBC, NBCSN).

« C'est le trio au complet, par leur façon de foncer sur la glace et leur esprit de compétition, a affirmé l'attaquant des Penguins Chris Kunitz. Chaque fois qu'ils se retrouvent sur la patinoire, on peut voir à quel point ils sont rapides. Ils ont cette capacité de tirer souvent au but et de faire circuler la rondelle.

« [Bonino] n'est peut-être pas reconnu comme un marqueur, mais il a un tir lourd, il peut aller chercher des rondelles, il a tendance à te glisser des mains. Il fait toutes les bonnes choses. Il s'est retrouvé dans une bonne situation et il a su en tirer profit. Chaque fois qu'il est dans l'enclave, il faut trouver le moyen de lui refiler la rondelle. On dirait que nous trouvons toujours le moyen de l'emporter quand il marque. »

C'est ce qui est arrivé lundi, alors que la poussée en zone adverse de Letang a trouvé son aboutissement dans le fait que Bonino s'est amené au bon endroit, au bon moment.

« J'ai demandé la rondelle en zone neutre, a indiqué Letang. J'avais beaucoup de vitesse en me dirigeant vers la zone adverse. Ce qui est arrivé derrière la ligne de but, c'est que j'ai juste remarqué que Burns avait perdu son bâton ou l'avait brisé.

« Quand j'ai vu le bâton sur la glace, je savais que ça me donnerait plus de temps, alors j'ai tourné la tête un peu et je l'ai vu derrière, et leur autre défenseur était au poteau rapproché ; alors je savais que si je réussissais à le rejoindre, ça nous donnerait une bonne occasion de marquer. »

Bonino, de son côté, attendait.

« C'est un gars très calme, a souligné Sullivan. Je ne crois pas que son rythme cardiaque augmente beaucoup pendant un match. Il cherche simplement à faire son travail. Je trouve qu'il complète ses compagnons de trio de façon formidable. Et il est bon avec les jeunes. C'est une présence rassurante dans le vestiaire et sur le banc.

« On peut voir qu'il est calme par sa façon de jouer, et sa personnalité est pareille. Je crois que ça aide le groupe dans son ensemble. »

Il était debout, devant Jones, juste à l'extrémité du cercle gauche des mises en jeu. Il avait de l'espace pour manoeuvrer, alors que Paul Martin n'avait peut-être pas remarqué que Bonino s'était faufilé silencieusement derrière lui afin de se placer pour recevoir la passe de Letang.

Il a pris soin de maîtriser la rondelle qui bougeait devant lui, pris le temps de choisir l'endroit où il allait tirer et bien réagi devant le geste de Martin, qui a tenté de le gêner en étendant le bâton, en vain.

Il a marqué.

« Je me suis amené dans la zone un peu en retard, a décrit Bonino. J'ai vu [Letang] dans le coin. [Hagelin] était là qui bataillait près de lui. Je n'étais pas certain si je devais ou non me joindre à eux. Ils ont réussi à faire en sorte que le jeu se poursuive et [Letang] a mis la rondelle en plein sur la lame de mon bâton. Ce n'était pas mon tir le plus puissant, mais j'ai trouvé le moyen de la soulever au-dessus de lui. »

Bonino, dont le contrat sera échu dans un an, ne sait pas ce que lui réserve l'avenir. Il ne pense plus à long terme, en raison de la façon dont sa carrière s'est déroulée ces derniers temps, alors qu'il a été échangé aux Penguins par les Canucks de Vancouver l'été dernier, et aux Canucks par les Ducks d'Anaheim l'été d'avant.

Mais ce n'est pas ça qui le préoccupe en ce moment. Il cherche à vivre le moment présent, à réussir sa prochaine passe, le prochain jeu, son prochain but. Le temps de s'occuper du reste viendra bien assez vite. D'ici là, le temps de quelques heures, il savourera le fait qu'il est l'auteur du filet vainqueur qui a amené les Penguins à seulement trois autres victoires de remporter la Coupe Stanley.

 

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