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Biron : Le CMJ m'a préparé à la LNH

Notre chroniqueur se souvient de sa participation au tournoi, qui n'avait pas été de tout repos en 1997

par Martin Biron @martybiron43 / Chroniqueur LNH.com

Martin Biron a connu une carrière de 15 saisons dans la LNH et il a signé 230 victoires en 508 matchs, connaissant notamment deux saisons de 30 gains et plus. Il a également atteint la finale de l'Association de l'Est avec les Flyers de Philadelphie en 2008. Le gardien natif de Lac-St-Charles a été sélectionné au 16e rang au total du repêchage 1995 par les Sabres de Buffalo. Il a évolué avec les Sabres, les Flyers, les Islanders de New York et les Rangers de New York. Martin a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com chaque semaine afin de discuter de l'univers des gardiens et d'analyser l'actualité de la LNH.

Mon passage au Championnat Mondial junior a été plutôt bref sur la patinoire, mais l'expérience que j'en ai retirée m'a suivi tout au long de ma carrière et m'a préparé en quelque sorte au rôle que j'allais occuper en majeure partie dans la LNH.
 

Pour bien comprendre mon parcours, il faut retourner au camp de sélection d'Équipe Canada junior en décembre 1995.

Cette année-là, je me suis présenté au camp avec trois autres gardiens, dont José Théodore et Marc Denis. Le gardien qui devait obtenir le poste de no 1 pour le tournoi de 1996 était Dan Cloutier, mais il s'était blessé. Ç'a donc ouvert la porte à une compétition entre Marc Denis et moi pour le poste d'adjoint à Théo.

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Au final, j'ai été celui qui avait été retranché parce que je n'avais pas connu un bon camp. J'étais dans une chambre d'hôtel avec Brad Larsen quand le téléphone a sonné au petit matin. C'est lui qui avait répondu et je me croisais les doigts pour que l'appel ne soit pas pour moi. Je savais ce qui m'attendait, mais ça fesse assez fort quand même.

Pour la première fois de ma vie, je savais que c'était ma faute si j'avais été retranché et que ce n'était pas une question de préférence pour un autre gardien. Je n'avais pas été capable de performer à la hauteur de mon talent. Ç'a été un coup dur à prendre.

Quand je suis retourné avec les Harfangs de Beauport pour le temps des Fêtes, j'ai eu la chance d'être rappelé par les Sabres et j'ai disputé quelques matchs dans la LNH à 18 ans. Ç'a mis un petit baume sur ma déception.

Cela nous mène au camp de sélection de décembre 1996. Je vais vous avouer que j'avais encore la confiance fragile en raison de ce qui s'était passé l'année précédente. Je n'ai pas connu un grand camp - j'avais même été retiré d'un match préparatoire par l'entraîneur Mike Babcock - mais j'ai tout de même réussi à faire l'équipe comme adjoint à Marc Denis.

Il a joué tous les matchs, sauf huit petites secondes. Les seules secondes que j'ai disputées au CMJ.

Marc était venu au banc pendant une pénalité à retardement et n'est pas retourné dans son filet pendant la pause commerciale, ce qui était interdit. Babcock m'avait envoyé dans le filet et il y a eu un arrêt de jeu huit secondes plus tard. Je n'ai eu aucun tir donc ma moyenne est demeurée parfaite!

Ce que j'avais beaucoup apprécié, c'est que j'avais une tâche même si je n'étais que le gardien adjoint. Je devais prendre les statistiques de mises en jeu - Babcock fait encore ça à Toronto. Ses gardiens ont un calepin et prennent des statistiques. Il faisait appel à mes services en me demandant quel joueur était efficace dans telle ou telle situation et il me faisait souvent confiance. De cette manière, je sentais que je faisais partie de l'équipe. 

Nous avions aussi un jeune de 17 ans qui était le 13e attaquant pour ce tournoi. Son nom : Joe Thornton. Tout le monde savait à l'époque qu'il serait une vedette, mais il réchauffait le banc. Son rôle était d'encourager les gars constamment. Si lui avait son rôle et ne jouait presque pas, je ne pouvais pas me plaindre.

C'est un tournoi spécial. Tu te retrouves avec une bande de gars que tu ne connais pas beaucoup pendant deux semaines, mais tu formes rapidement une famille. C'était un groupe spécial et c'est vraiment accentué par Hockey Canada et le groupe d'entraîneurs. Ç'a été deux semaines de rêve en Suisse qui se sont conclues avec la médaille d'or.

Une école de vie

Avec le recul, je réalise que le poste d'adjoint que j'ai occupé cette année-là avec Équipe Canada junior m'a préparé au reste de ma carrière. Mon travail d'adjoint, je l'ai toujours pris à cœur partout où je suis passé. J'ai remporté le CMJ, une Coupe Memorial et un Championnat du monde comme adjoint et j'ai soutenu trois gagnants du trophée Vézina : Dominik Hasek, Ryan Miller et Henrik Lundqvist.

C'est le tournoi de 1997 qui m'a aidé à trouver un rôle dans lequel j'ai bien performé et dans lequel j'ai connu du succès. Même si j'ai eu la chance d'être no 1 dans la LNH, de jouer en séries et d'atteindre la finale d'association, les trois championnats que j'ai gagnés comme adjoint valent vraiment beaucoup à mes yeux.

Le tournoi a beaucoup changé depuis ma participation. Les joueurs d'aujourd'hui sont déjà prêts pour leur carrière professionnelle. À mon époque, je ne savais pas ce qu'était un entraînement matinal ou un repas d'avant-match. C'est avec ÉCJ que j'ai appris le côté professionnel. Maintenant, les joueurs juniors sont traités comme des professionnels partout à travers la Ligue canadienne.

Nous étions loin des téléphones intelligents et des réseaux sociaux - nous écoutions encore des films sur VHS! Je me souviens que j'avais appris que j'avais été échangé aux Olympiques de Hull en lisant la revue de presse que le directeur des communications de Hockey Canada nous préparait chaque matin pour le petit déjeuner en Suisse. Je peux vous assurer que mon téléphone n'avait pas sonné en plein milieu de la nuit.

Ça m'avait donné une petite motivation supplémentaire. Je savais qu'après la conquête de l'or avec ÉCJ, j'allais avoir l'occasion de terminer ma carrière junior avec une équipe aspirante.

*Propos recueillis par Guillaume Lepage, journaliste LNH.com

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