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Bernier se dit impressionné par le jeune talent qu'il y a au Colorado

Un des plus âgés de l'équipe, le gardien québécois prend à cœur son rôle de mentor

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

MONTRÉAL - Jonathan Bernier n'avait pas gardé un bon souvenir de sa plus récente expérience au sein d'une équipe en reconstruction, bourrée de jeunes joueurs. Le gardien québécois ne s'est toutefois pas arrêté à ça au moment de décider s'il joindrait les rangs de l'Avalanche du Colorado, l'été dernier.

« L'expérience de Toronto ne s'était pas bien passée pour moi, mais j'avais envie de relever un défi semblable », déclare-t-il en entrevue téléphonique à LNH.com.

Se disant mieux outillé pour le faire, il ne le regrette pas son choix jusqu'à maintenant. Il faut dire que le contexte est fort différent pour lui chez l'Avalanche. Il n'est pas le gardien de confiance de l'équipe, comme c'était le cas avec les Maple Leafs qui avaient justement fait son acquisition en 2013 afin de l'élever au rang de numéro un. Si l'association entre les deux parties avait bien commencé, elle s'est terminée en queue de poisson. Bernier en garde encore un goût amer, c'est manifeste.

« Si je pouvais changer une chose de mon passage à Toronto, je serais arrivé plus prêt psychologiquement, admet Bernier avec le recul. La première saison a été correcte, c'est par après que ç'a déboulé. Les deuxième et troisième saisons ont été très difficiles, avec l'équipe en reconstruction. Mais j'ai grandi dans tout ça. »

« Rendu à 29 ans, je suis plus mature. Je vois le jeu différemment et je vois la Ligue nationale différemment. À nos premières saisons, on manque souvent de confiance et on ne réagit pas de la bonne façon face aux situations. »

Échangé aux Ducks d'Anaheim en juillet 2016, le Lavallois a effectué un retour en force la saison dernière - sa dernière d'un contrat de deux saisons au salaire annuel moyen de 4,15 millions $. Il a saisi sa chance à la suite de la blessure que le gardien titulaire John Gibson a subie. Son brio vers la fin de la saison régulière (fiche de 10-1-2 et taux d'efficacité de 0,941 en mars) a fait que sa première expérience sur le marché des joueurs autonomes n'a pas été trop traumatisante.

« Ça s'est bien passé grâce à ma saison de rebond. J'étais content, dit-il. Au moins quatre ou cinq équipes ont manifesté de l'intérêt. (Le directeur général) Joe Sakic de l'Avalanche a été le premier qui a appelé et je n'ai pas hésité longtemps. »

Il a accepté l'offre de 2,75 millions $ pour une seule saison que Sakic lui a faite, en tenant compte qu'il pourrait être appelé à voir passablement d'action puisque le gardien de confiance de l'organisation, Semyon Varlamov, a été ralenti par des problèmes aux hanches au cours des dernières saisons.

« 'Varly' et moi, nous nous connaissions parce que nous avions participé ensemble pendant quelques étés au camp des gardiens de François Allaire à Montréal. Ç'a été facile de créer des liens. »

Varlamov, qui n'a pris part qu'à 24 matchs en 2016-17, se porte à merveille en début de saison et l'Avalanche (4-4-0) surprenait avant de subir trois défaites d'affilée. Le Colorado a croupi dans les bas-fonds de la LNH, la saison dernière, avec un maigre butin de 48 points.

« Je ne faisais pas partie de l'équipe, je ne peux donc pas dire ce qui n'a pas fonctionné, mentionne Bernier. Mais en arrivant au camp d'entraînement, j'étais convaincu que l'équipe serait meilleure cette saison avec tous les jeunes joueurs talentueux qu'elle a dans ses rangs. »

L'émule de Kopitar

Celui qui l'impressionne particulièrement est l'ailier droit finlandais Miko Rantanen, âgé de 20 ans seulement.

« Il n'est pas dans la même classe que lui, mais il me rappelle Anze Kopitar quand j'étais chez les Kings de Los Angeles de la façon qu'il patine ainsi qu'avec ses aptitudes et sa vision du jeu. Il fait tout très bien. Il va être bon longtemps celui-là. »

L'ancien ailier des Canadiens de Montréal Sven Andrighetto en est un autre qui se démarque.

« Je connaissais un peu son histoire. Je savais qu'il n'avait pas réellement eu sa chance à Montréal, a noté Bernier. Avec nous, il joue dans le premier trio et ça clique avec Nathan MacKinnon. Il est rapide et il décoche ses tirs rapidement. Il se positionne très bien en zone adverse. »

Bernier a disputé sa troisième rencontre de la saison, jeudi. Il s'est incliné 4-3 face aux Blues de St. Louis. Il avait auparavant vaincu son ancienne équipe, les Ducks, 3-1 et perdu 4-1 contre les Devils du New Jersey.

« 'Varly' et moi, nous nous poussons mutuellement. Nous avons le même âge (29 ans) et avec cette équipe de jeunes nous nous disons que c'est à nous de faire la différence. »

« C'est drôle à dire, mais je suis rendu un des plus vieux de mon équipe. Comme le temps passe vite. Ça me fait bizarre d'être celui qui guide les jeunes », résume-t-il.

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