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Bergeron et les Nordiques du mauvais côté d'un record de la LNH

Les Flames ont marqué deux buts en désavantage numérique à quatre secondes d'écart à leurs dépens en 1989

par Dave Stubbs @Dave_Stubbs / Chroniqueur LNH.com

Le téléphone cellulaire de Michel Bergeron a sonné en fin de matinée, mercredi, alors qu'il était sur l'allée du huitième trou du Club de golf Quail Ridge à Boynton Beach, en Floride.

Même si son instinct lui disait de ne pas répondre, Bergeron, l'ancien entraîneur de la LNH, l'a fait. Et, après une conversation de 10 minutes, il était ébranlé et il se disait que s'il inscrivait un score de 150 cette journée-là, ce ne serait pas si mal dans les circonstances.

Les Predators de Nashville ont réécrit un paragraphe de leur livre des records en marquant deux buts en désavantage numérique en l'espace de 34 secondes, ceux des attaquants Austin Watson et Viktor Arvidsson, à l'occasion du match à domicile qu'ils ont remporté 3-1 contre les Jets de Winnipeg, mardi.

Ce qui est certes impressionnant. Mais les Predators ont raté le record de la LNH par 30 secondes. Le 17 octobre 1989, les Flames de Calgary ont inscrit deux buts à court d'un homme en quatre secondes à l'occasion d'un match endiablé où ils sont venus de l'arrière pour décrocher un match de nul de 8-8 face aux Nordiques de Québec. Ceux-ci étaient alors dirigés par Bergeron, lui qui a été derrière le banc de l'équipe de 1980 à 1987 puis en 1989-90.

Video: WPG@NSH: Les Preds marquent deux buts en I.N.

Au sens figuré à tout le moins, le toit du Colisée de Québec s'est alors effondré sur l'équipe locale. Les Flames ont marqué cinq buts au cours des dernières 6:33 de jeu en temps réglementaire pour créer l'égalité. Faut-il s'en surprendre, les cinq minutes de prolongation n'ont pas permis de déterminer un vainqueur.

Le retour au score des Flames a été ponctué des buts en désavantage numérique du joueur de centre Doug Gilmour et de l'attaquant Paul Ranheim à 19:45 et 19:49 de la troisième période, pendant que le gardien de Calgary Mike Vernon avait retraité au banc pour faire place à un sixième patineur.

« Je sais, je sais », a lancé Bergeron en riant depuis l'allée, pendant qu'on lui racontait les tristes détails d'un match dont il se souvient pourtant très bien. « J'aurais dû changer de gardien, j'imagine. »

Le pauvre gardien qui s'est fait bombarder de la sorte était la recrue de 19 ans Stéphane Fiset, un des sept gardiens que les Nordiques allaient utiliser cette saison-là.

« Ce dont je me souviens le plus, c'est que j'étais incapable d'arrêter un ballon de plage rendu à la fin de ce match-là », a affirmé Fiset, riant du désastre qu'il a vécu il y a près de 30 ans. « Sérieusement… À la fin, je n'arrêtais plus rien, je ne voyais plus la rondelle du tout. Il suffisait qu'ils lancent la rondelle vers le filet pour qu'ils aient droit à une bonne chance de marquer. Mais j'ai beaucoup appris de ce match-là. »

Fiset en était à sa quatrième sortie dans la LNH et à sa deuxième au Colisée. Qui plus est, il avait alloué cinq buts à son match précédent, dans une défaite de 9-6 aux mains des Whalers de Hartford, le 8 octobre.

Fiset écoutait pendant qu'on lui décrivait la scène du crime. Quand on a commencé à lui dire que ses 27 arrêts sur un total de 35 tirs décochés par les Flames représentaient un taux d'efficacité de ,771, il a commencé à rire au milieu de la phrase.

« Il n'y a pas grand-chose à dire, non?, a-t-il lancé. Les gardiens ont un travail à faire, arrêter la rondelle. Ce n'est pas comme s'ils s'agissaient de beaux buts, il n'y en a eu aucun sur un deux contre un ou une échappée à deux. Une part du blâme me revient pour cette défaite-là. Disons que ce n'était pas mon meilleur match. »

Fiset allait bientôt être rétrogradé à son équipe junior, Victoriaville dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, et il a commencé à connaître de bien meilleurs moments lorsqu'il a représenté le Canada et décroché une médaille d'or au Championnat du monde junior 1990. En bout de ligne, il allait disputer 390 matchs dans la LNH et faire partie de l'équipe de l'Avalanche du Colorado qui a remporté la Coupe Stanley à l'issue de la saison 1995-96.

Les Nordiques sont sortis en lions pour prendre les devants 3-0 à 8:29 de la première période, à l'aide de deux buts en avantage numérique. Ce qui a incité l'entraîneur des Flames Terry Crisp à remplacer son gardien partant Rick Wamsley par Vernon.

La première période s'est terminée sur le score de 4-1. Après 40 minutes, Québec avait une priorité de 6-3. Les Nordiques ont accru leur avance à 8-3 à 11:27 de la troisième, puis tout a basculé, à l'occasion d'une séquence qui s'est abattue sur Bergeron et ses joueurs qui s'est tout simplement avérée d'une force irrésistible.

Les Flames ont fait mouche trois fois en 27 secondes - l'attaquant Gary Roberts à 13:27 et 13:43, puis l'attaquant Jim Peplinski qui réduit l'écart à deux buts à 13:54. Calgary a dominé le jeu dans la zone des Nordiques dans les dernières minutes, ce qui a mené à cette dernière minute de jeu historique mettant en vedette Gilmour et Ranheim.

Pendant que Roberts purgeait une double mineure pour rudesse et conduite antisportive et que le défenseur des Nordiques Joe Cirella avait été chassé pour rudesse, Crisp a rappelé Vernon au banc et les Flames ont frappé deux fois en un clin d'oeil.

Tout d'abord, Gilmour a ramené Calgary à un but d'écart au moment où il restait 15 secondes à disputer en temps réglementaire.

« Après mon but, s'est souvenu Gilmour, j'ai remporté la mise en jeu, mais eu lieu de ramener la rondelle derrière moi, je l'ai poussée devant. Ranheim a foncé dessus, est passé entre leurs deux défenseurs et il a marqué. 

« Tu ne peux pas faire ça à chaque fois. Mais cette fois-là, ç'a fonctionné à merveille. »

Avait déclaré Crisp après la rencontre: « J'imagine qu'on peut dire que c'est une formidable remontée. Mais j'imagine que Michel Bergeron ne peut pas dire qu'il est content de sa brigade défensive. C'était un match fou et nous sommes chanceux d'avoir pu récolter un point. »

A dit Roberts: « Le résultat était bon, mais pas le match. »

L'attaquant des Nordiques Peter Stastny, qui allait être échangé aux Devils du New Jersey le 6 mars 1990 en retour du défenseur Craig Wolanin et de considérations ultérieures (le défenseur Randy Velischek), ne trouvait pas les mots pour décrire le piètre spectacle auquel il venait de participer.

« C'est certainement un match qui appartient au livre des records», a dit Stastny, qui avait inscrit deux buts et deux passes dans cette rencontre pour se retrouver avec un total de 998 points en carrière. « Une remontée de cinq buts comme celle-là est incroyable, surtout qu'il y a eu deux buts en désavatage numérique. J'espère ne plus jamais être témoin de matchs comme celui-là. »

Les deux derniers buts des Flames à quatre secondes d'écart ont égalé un record du calendrier régulier de la LNH qui avait été réussi trois fois auparavant. Les Maple Leafs avaient été les derniers à le faire, le 29 décembre 1988 à Québec.

En prenant un bâton de son sac de golf en Floride, Bergeron a déclaré qu'il se sent encore mal pour Fiset aujourd'hui.

« Si tu lui parles, dis-lui, a déclaré Bergeron. Je ne lui ai pas dit grand-chose après le match. J'était triste pour lui, j'aurais dû changer de gardien. Mais en tant qu'entraîneur, tu ne veux pas nuire à la confiance d'un jeune gardien. Je ne me souviens pas qui était le réserviste ce soir-là (Sergei Mylnikov).

« On était très jeunes et on n'était pas très bons », a dit Bergeron des Nordiques, qui ont affiché un dossier de 12-61-7 cette saison-là, le pire des 21 équipes qui faisaient partie de la Ligue à l'époque. « Déjà, en décembre, on n'avait plus de chances de se qualifier en vue des séries. Il n'y avait pas tellement de talent dans l'équipe mais on travaillait tellement fort, je ne pouvais pas blâmer les joueurs. »

Puis, Bergeron a de nouveau éclaté de rire.

« Je ne suis pas fier d'avoir ce record (à titre d'équipe ayant accordé les deux buts en désavantage numérique les plus rapides), mais que veux-tu y faire?, a-t-il dit. C'était vraiment un mauvais match et je ne vais jamais l'oublier. Ç'a été un cauchemar. »

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