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Beaucoup d'action chez les Panthers de la Floride

Bouchard: Les dirigeants de l'équipe ont ajouté à la profondeur à l'attaque, mais il y a encore beaucoup de travail à faire

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Les Panthers de la Floride ont connu une fin de saison du tonnerre avant de s'incliner en première ronde des séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Ça n'a pas empêché l'état-major de remuer ciel et terre pour reconfigurer l'alignement de l'équipe. La progression est intéressante, mais il y a encore beaucoup à faire.

Si l'équipe a connu une belle saison, c'est en partie parce qu'on a été d'un rare opportunisme à 5 contre 5. Les tireurs des Panthers ont été parmi les meilleurs au taux de conversion des tirs en buts et les gardiens ont, de leur côté, arrêté un pourcentage impressionnant de tirs au but.

Ces deux éléments ont contribué à gommer un jeu de possession de rondelle qui bat de l'aile pour l'essentiel de la saison. Ce n'est qu'en fin de campagne que l'équipe semble définitivement décoller sur ce plan.

À l'attaque

Les Panthers ont ceci de particulier qu'ils aiment confier les missions défensives à leurs deux premiers trios. Tant par les mises en jeu que lorsqu'on décortique le temps de jeu passé contre les meilleurs éléments adverses, l'importance d'Aleksander Barkov et Nick Bjugstad ressort nettement. Ce sont eux, les meneurs de jeu.

Il n'est donc pas surprenant de voir que les Panthers ont consolidé leur top-9 et remanient leur fond d'alignement. Aleksander Barkov va retrouver Jaromir Jagr et Jonathan Huberdeau; il sera intéressant de voir qui, de Nick Bjugstad ou Vincent Trocheck héritera de Reilly Smith et Jussi Jokinen comme ailiers. La suite des choses s'annonce intéressante. De toute évidence, Jared McCann va avoir une chance de se faire valoir avec Bjugstad ou Trocheck, alors que Jonathan Marchessault et Colton Sceviour vont contribuer à garder des joueurs comme Greg McKegg et Derek MacKenzie hors du top-9. On a ici clairement opté pour la stratégie des petits pas quant à l'acquisition d'agents libres, les gros gestes posés ayant été les nouveaux contrats à Smith et Trocheck. On donne des années et de l'argent à des joueurs rendus à la mi-vingtaine, plutôt qu'à des vétérans acquis sur le marché des agents libres.

En défensive

Les mouvements ont été beaucoup plus importants en défensive. Exit Eric Gudbrandson, Dimitry Kulikov (tous deux échangés), Willie Mitchell (qui a pris sa retraite pour cause de commotions) et Brian Campbell (qu'on a tout simplement laissé partir). Pour les remplacer, on a acquis Keith Yandle, Jason Demers et Mark Pysyk. Ces mouvements surprennent dans la mesure ou Kulikov et Gudbranson sont de jeunes défenseurs ayant bonne réputation, alors que Campbell continuait à fort bien faire. Mais on n'a jamais réussi à organiser les rôles défensifs de manière aussi décisive qu'à l'attaque.

En gros, lorsqu'on regarde les 6 tandems les plus utilisés l'an dernier, on constate que l'on peinait à assembler des duos fonctionnels.


 
Campbell et Ekblad pouvaient dominer lorsque réunis et tenaient à peu près le coup lorsque séparés. Mais une fois ces deux joueurs partis, c'était plutôt pénible.

Pysyk arrive clairement comme soutien à la troisième paire défensive; à l'instar d'Ekblad et Demers, il est droitier. À gauche, outre Yandle, qu'on sous-estime souvent, le portrait est plus incertain. Je suppose qu'on attend de voir quelle sera la progression de Michael Matheson avant de fixer plus clairement les rôles, mais il est évident que le flanc droit de la défensive sera l'un des meilleurs de la ligue.

Les gardiens

J'ai été très surpris de la signature de James Reimer, mais j'oublie trop souvent que Roberto Luongo ne « pèse » que 4,5 millions $ sous le plafond salarial des Panthers. On a investi environ 8 millions $ dans un ménage à deux pour les prochaines années.

Ce choix est à mes yeux l'un des plus intrigants de l'été. L'évaluation des gardiens de but est un des aspects les plus difficiles de l'analyse statistique au hockey, et les Panthers se trouvent à employer un certain Brian Macdonald, qui s'est fendu il y a quelques années une analyse des plus intéressantes des moyens dont nous disposons pour déterminer jusqu'à quel point nous avons suffisamment d'informations pour établir un jugement solide des aptitudes de tel ou tel gardien. Le travail de MacDonald est ici, et vous pouvez en trouver un résumé succinct d'Eric Tulsky ici.

Je trouve fascinant de voir, après Dallas, un deuxième club se diriger vers ce fameux ménage à deux. On réduit, en procédant de la sorte, les risques encourus par l'équipe en cas de blessure au gardien numéro 1 et on rehausse du même coup le « plancher » de performances de l'équipe en remplaçant les 20-25 matchs normalement confiés à un « numéro 2 » plus ou moins médiocre. À l'image des avantages numériques de plus en plus souvent composés de quatre attaquants et un défenseur, des équipes qui alignent trois trios offensifs et un trio défensif, je me demande si ça n'est pas là une autre transformation qui s'imposera graduellement à travers la ligue.

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