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Andersen cherche toujours à s'améliorer

Le nouveau gardien no 1 des Maple Leafs est un étudiant du hockey

par Kevin Woodley / Correspondant LNH.com

VANCOUVER - Il n'y a pas grand-chose d'absolu dans le monde des gardiens de but, une « bonne » manière de stopper une rondelle. Il pourrait donc sembler d'affirmer avec certitude qu'un style de gardien est assuré de connaître du succès derrière un système spécifique, ou que la personnalité d'un gardien est parfaitement adaptée à un nouvel entraîneur ou lui permettra de survivre à l'attention intense d'un marché où les médias sont fous de hockey.

Cela étant dit, il y a plusieurs éléments positifs dans l'acquisition de Frederik Andersen par les Maple Leafs de Toronto mardi des Ducks d'Anaheim, ainsi que dans leur confiance en sa capacité à occuper le rôle de gardien no 1 qui a poussé l'équipe à lui consentir un contrat de cinq ans.

Tout commence avec le désir d'Andersen de toujours s'améliorer, lui qui évolue à une position en constante évolution.

Que ce soit de la manière dont il a exercé ses yeux, son corps ou son esprit, si le gardien de 26 ans avait l'impression que quelque chose pourrait faire de lui un meilleur gardien, Andersen s'est empressé de la faire à Anaheim.

« Tout ce que vous pouvez faire est de le présenter à eux, de les amener à le voir, et s'ils veulent aller de l'avant, ils l'adoptent », a indiqué l'entraîneur des gardiens des Ducks Dwayne Roloson en parlant d'Andersen au cours de la saison 2014-15. « Il a tout adopté, et est allé à l'étape suivante. »

Cela inclut par exemple de partir à la recherche de l'entraîneur des frappeurs des Angels de Los Angeles, des Ligues majeures de baseball, afin d'apprendre de quelle manière les exercices de vision sportive utilisés afin d'aider Albert Pujols à frapper une balle de baseball pourraient l'aider à mieux voir la rondelle. Cela inclut aussi de retrancher 25 livres à sa charpente de 6 pieds 4 pouces, ajoutant du muscle et réduisant d'un tiers sa masse adipeuse après avoir réalisé après son premier camp des recrues avec les Ducks qu'il avait besoin d'améliorer sa condition physique. Plutôt que de retourner au Danemark cet été-là, il est demeuré en Californie afin de travailler avec l'ancien entraîneur de condition physique de Roloson, Scot Prohaska, un consultant en entraînement de la force reconnu à l'échelle nationale.

« Ce fut un investissement en moi-même », a déclaré Andersen au cours de sa deuxième saison. « Et cela a porté ses fruits. »

Andersen a continué à s'investir après s'être établi à Anaheim.

Andersen s'est dirigé vers Toronto en septembre dernier afin de prendre part à la Tournée des médias des joueurs, avant de poursuivre sa route vers Halifax, en Nouvelle-Écosse, plutôt que de retourner immédiatement à Anaheim. Il a travaillé pendant une semaine avec le consultant pour gardiens Lyle Mast de OR Sports sur le suivi de la rondelle et la trajectoire de la tête, une philosophie relativement nouvelle qu'il croyait pourvoir améliorer son jeu.

Avec les Maple Leafs, Andersen va trouver une âme sœur en la personne de l'entraîneur des gardiens Steve Brière qui, comme son mentor, l'entraîneur des gardiens des Capitals de Washington Mitch Korn, n'écarte aucune option quand vient le temps d'aider les gardiens à améliorer leurs aptitudes existantes. En plus des synergies déjà existantes avec l'entraînement d'Andersen en ce qui a trait au suivi de la rondelle sur la glace et des exercices hors glace de vision sportive, Brière utilise tous les trucs, comme des rondelles blanches avec des numéros inscrits dessus et des mannequins grandeur nature sur patins pour bloquer des lancers qu'il contrôle avec un système de poulies afin d'imiter des écrans en mouvement. Le désir de Brière de toujours trouver de nouvelles manières de s'améliorer devrait parfaitement s'accorder avec les préférences d'Andersen.

En ce qui concerne la manière dont le style d'Andersen pourrait se transposer à Toronto, la force de son approche technique devrait fournir une bonne dose de constance, ce qui fait parfois défaut aux gardiens qui se fient davantage à leur talent. Non pas qu'Andersen soit dépourvu de talent, mais même lorsqu'il n'est pas au sommet de sa forme, les mouvements efficaces d'Andersen et surtout la position neutre de son corps lui permettent d'être bien droit au milieu de son filet, ce qui l'empêche de se battre lui-même, et qui force les tireurs à le battre. Il contrôle et passe le disque comme un troisième défenseur, il se déplace bien sur ses genoux, et, après une saison dans la Ligue élite de Suède, il est arrivé en Amérique du Nord armé de techniques d'intégration du poteau en avance sur plusieurs de ses pairs dans la LNH.

Il y a des hauts et des bas dans l'évolution d'un gardien no 1, surtout qu'Andersen, que Roloson a déjà été obligé de chasser de la patinoire à quelques reprises, apprend à maintenir l'équilibre entre gérer son jeu avec du travail supplémentaire à l'entraînement, et le besoin de se reposer entre ses départs. Mais comme il est davantage un technicien, Andersen devrait être moins dépendant du rythme que certains gardiens dont le style est basé sur le synchronisme, et il se déplace assez bien pour s'ajuster au plus grand changement tactique qui lui sera probablement demandé à Toronto.

Ce qui ressort de discussions avec des gardiens qui ont joué pour lui auparavant, c'est que l'entraîneur des Maple Leafs Mike Babcock tire une fierté de les laisser se concentrer sur le tireur, car ils ont confiance au système et en leurs coéquipiers pour s'occuper des passes à l'embouchure du filet. Par conséquent, Babcock souhaite que ses gardiens adoptent une position agressive, surtout sur les chances de marquer sur des contre-attaques. James Reimer jouait plus loin devant son filet sous les ordres de Babcock qu'à tout autre moment de sa carrière, et il a reculé peu de temps après avoir été échangé aux Sharks de San Jose 27 février. Le gabarit d'Andersen devrait annuler le besoin de travailler loin en avant de son demi-cercle, mais il a travaillé à l'extérieur de sa zone de protection par moments à Anaheim, et il est assez mobile pour couvrir la distance supplémentaire lorsqu'il doit effectuer un déplacement latéral.

En ce qui concerne la manière dont il va gérer les commentaires de Babcock, parfois très directs, sur le travail de ses gardiens dans les médias, ce qui retient davantage l'attention dans un marché canadien où le hockey est roi, Andersen a déjà géré une rotation irrégulière avec John Gibson sous les ordres de l'ancien entraîneur des Ducks Bruce Boudreau, qui était reconnu pour être imprévisible dans ses décisions concernant ses gardiens. Il n'a pas semblé déconcentré par le fait de ne pas obtenir le premier départ en séries éliminatoires de la Coupe Stanley 2016, lui qui est retourné devant le filet alors que son équipe tirait de l'arrière 2-0 dans la série, et il a conservé un pourcentage d'arrêts de ,947 avant de s'incliner dans le match no 7 contre les Predators de Nashville.

Peut-être que cela s'explique, comme bien d'autres choses à propos de cette position, par le fait qu'Andersen cherche également à améliorer son approche mentale, ce qui comprend des rencontres avec le psychologue sportif des Ducks.

« Votre cerveau fonctionne comme un muscle, et vous pouvez l'entraîner, a affirmé Andersen la saison dernière. C'est la même chose avec vos yeux. Ce n'est pas naturel. Vous voulez trouver tous ces petits avantages. »

Le désir d'Andersen de mettre de son côté tous ces petits avantages est une autre raison qui explique pourquoi les Maple Leafs croient avoir fait le bon choix en ce qui concerne leur gardien no 1, aujourd'hui net pour les années à venir.

 

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