Skip to main content

10 intrigues de la Finale de la Coupe Stanley

Crosby en quête d'un deuxième titre, Thornton et Marleau à la recherche d'un premier parmi les histoires les plus intéressantes

par Dan Rosen @drosennhl / Journaliste principal NHL.com

Avant de jeter un coup d'oeil sur le premier match de la Finale de la Coupe Stanley qui sera disputé entre les Sharks de San Jose et les Penguins de Pittsburgh au Consol Energy Center, lundi (20 h (HE); TVA Sports, CBC, NBC), posons d'abord un regard sur la journée du 13 décembre 2015.

Les Sharks affichaient alors un dossier de 14-14-1 après une défaite de 2-0 aux mains du Wild du Minnesota, ce qui les laissait en quatrième place dans la section Pacifique avec seulement deux points d'avance sur les détenteurs du dernier rang, les Ducks d'Anaheim. Ils ont dû se regrouper et redécouvrir qui ils étaient et ce qu'ils étaient capables de faire.

Les Penguins avaient une fiche de 15-10-3 et ils participaient à leur premier entraînement sous les ordres de l'entraîneur Mike Sullivan, qui avait été embauché la veille.

Par un heureux hasard, leur saison s'est mise à prendre une tournure différente en même temps.

Les Sharks ont présenté un dossier de 32-16-5 à leurs 53 dernières rencontres du calendrier régulier. Joe Thornton a récolté 66 points et il a conclu la campagne avec un total de 82.

Les Penguins ont conservé une fiche de 33-16-5 à leurs 54 derniers matchs sous les ordres de Sullivan. Sidney Crosby a amassé 66 points et il a complété la saison avec 85 points.

Et voilà qu'ils s'apprêtent à s'affronter en Finale de la Coupe Stanley. Voici 10 histoires à suivre à l'occasion d'une série qui met de l'avant deux équipes qui ont connu des cheminements similaires en route vers la compétition ultime du hockey :

1. CROSBY VISE LA MARQUE DE MARIO
Mario Lemieux a remporté la Coupe Stanley avec les Penguins en 1991 et 1992. Crosby a maintenant la chance d'égaler ce que Super Mario a accompli à Pittsburgh.

Si Crosby veut obtenir le droit de se tenir debout aux côtés de Lemieux au Panthéon des Penguins, il doit soulever la Coupe Stanley à nouveau. Crosby l'a emporté en 2009, quand Pittsburgh a eu le dessus sur les Red Wings de Detroit en sept matchs.

Peu importe ce que Crosby fait, il se retrouvera à l'avant-plan tout au long de la série. C'est le cas à chacune des séries et à chacun des matchs, sauf que maintenant les feux de la rampe brillent avec plus d'intensité que jamais et le monde du hockey voudra voir si « Sid the Kid » peut imiter « Mario Le Magnifique ».

2. JOE ET PATRICK ENFIN LÀ
Il arrive souvent, depuis quelques années, de voir le capitaine de l'équipe qui vient de remporter la Finale de la Coupe Stanley accepter le trophée des mains du commissaire Gary Bettman, faire un tour de patinoire pour ensuite repérer le joueur qui a le plus d'ancienneté dans l'équipe et qui n'a jamais gagné la Coupe afin de lui remettre.

Thornton et Patrick Marleau pourraient devoir se battre pour être le premier à recevoir la Coupe des mains de Joe Pavelski si les Sharks l'emportent.

Marleau, le joueur qui a le plus d'ancienneté chez les Sharks, et Thornton, qui est deuxième à ce chapitre, se retrouvent en Finale de la Coupe Stanley pour la première fois de leur carrière alors qu'ils ont pris part à 3093 matchs de saison régulière et des séries à eux deux, dont 2526 avec San Jose.

Marleau a disputé 1576 rencontres au total en 18 saisons avec les Sharks. Il ne s'est jamais aligné avec une autre équipe dans la LNH. Thornton a participé à un total de 950 matchs avec les Sharks et de 1517 affrontements au cours de sa carrière de 18 campagnes dans la LNH.

3. UN TRIO AFFAMÉ
On les appelle le « trio HBK » et ils ont même leur propre sandwich à la sandwicherie Primanti Bros. à Pittsburgh.

Carl Hagelin (H), Nick Bonino (B) et Phil Kessel (K) ont formé le meilleur trio des Penguins jusqu'ici dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley, unissant leurs efforts pour produire 17 buts et 45 points. Kessel est sans doute le principal candidat des Penguins pour le trophée Conn Smythe, lui qui mène son équipe aux chapitres des buts (9) et des points (18).

Le succès que connaît le trio - ainsi que leur surnom, que leur a donné un animateur de radio de la région de Pittsburgh - a fait d'eux un véritable phénomène. Un des signes? Primanti Bros. ne consacre pas un sandwich à n'importe qui. Ils l'ont fait pour le trio HBK et ils l'ont appelé le sandwich HBK. On y retrouve du jambon (H pour « ham »), du bacon (B) et de la saucisse polonaise (K pour « kielbasa »). On y retrouve aussi la fameuse salade de chou sèche des frères Primanti et des frites, qu'on insère entre deux tranches de pain blanc.

4. METTRE FIN À LA MALÉDICTION
Il y a bien des partisans des Sharks qui croient que leur équipe est victime d'une malédiction. On peut se demander ce qui leur est passé par la tête quand ils ont vu un chat noir courir sur la patinoire avant le premier match du deuxième tour éliminatoire, disputé contre les Predators de Nashville…

Ce genre d'incident peut venir renforcer l'approche superstitieuse des partisans. Demandez aux partisans des Cubs de Chicago ce qu'ils pensent du chat noir qui a parcouru le terrain du Shea Stadium durant un match disputé contre les Mets de New York en 1969, et qui a « provoqué » le déclin des Cubs par la suite cette saison-là.

Et pourtant, voici les Sharks en Finale de la Coupe Stanley, alors qu'ils semblent en voie de renverser la malédiction qui les afflige, ainsi que celle du chat noir.

Au lieu de maudire ce chat, une femelle surnommée Jo Paw-velski (« paw » signifiant « patte »), les Sharks ont transformé le tout en histoire positive. Ils ont confié l'animal à un organisme de protection des animaux, la Humane Society de Silicon Valley, et ont ouvert un compte Twitter à son nom. Tout cela lui a permis de trouver de nouveaux maîtres.

Et maintenant les Sharks, qui ont commencé à voyager avec un chat noir en peluche, sont à quatre victoires d'un championnat. Peut-être est-ce grâce au chat noir plutôt qu'en dépit de l'animal qu'ils sont allés aussi loin? Les amateurs de sport superstitieux peuvent-ils accepter un tel paradoxe?

5. LE PLUS RÉCENT PARTISAN DES PENGUINS
Le phénomène « HBK » à Pittsburgh a aussi permis d'attirer le premier « HBK » du monde du sport vers l'univers du hockey et de le transformer en partisan des Penguins.

Shawn Michaels, un ancien lutteur professionnel qu'on avait surnommé le « Heartbreak Kid », a été reçu comme un roi à Pittsburgh avant le cinquième match de la série contre le Lightning.

Il a regardé la rencontre d'un siège situé à quatre rangées de la baie vitrée, à côté de l'ailier défensif des Steelers de Pittsburgh Brett Keisel. Michaels a porté un chandail sur lequel on retrouvait les initiales « HBK » et le numéro 156 dans le dos, soit la somme des numéros que portent Hagelin (62), Bonino (13) et Kessel (81).

Michaels a rencontré Lemieux et on l'a montré sur l'écran géant à plusieurs reprises, notamment une fois quand il a effectué une pose pour montrer ses énormes biceps.

Mais les Penguins ont subi la défaite, alors quand il a fallu disputer le septième match au Consol Energy Center, Michaels a écrit sur Twitter qu'il regarderait la rencontre à distance parce qu'il ne voulait pas porter malchance à sa nouvelle équipe favorite. Pittsburgh l'a alors emporté, alors peut-être qu'il ne reviendra pas.

6. METALLICA ET MACGYVER
Le « Shark Tank » pourrait de nouveau accueillir des célébrités qui aiment l'équipe de San Jose et qui pourraient remplir une mission destructrice en finale de la Coupe Stanley.

Nous parlons ici du chanteur de Metallica James Hetfield, dont une des chansons-fétiches est « Seek and Destroy », et de l'homme qui peut fabriquer n'importe quel engin avec un bout de ficelle, deux balles de ping-pong et une lampe de poche, soit MacGyver lui-même, le comédien Richard Dean Anderson.

Ils ont tous deux assisté au sixième match de la finale de l'Association de l'Ouest, mercredi, et ils se sont chacun avérés un porte-bonheur alors que les Sharks l'ont emporté 5-2 contre les Blues de St. Louis.

7. RETOUR AUX SOURCES POUR SULLIVAN
Sullivan en est à sa première présence en Finale de la Coupe Stanley après 26 ans de carrière dans les rangs professionnels comme joueur et entraîneur. L'ironie, c'est qu'il affronte l'équipe qui lui a donné sa première chance dans la LNH.

Sullivan a disputé 64 matchs en tant que recrue avec les Sharks en 1991-92, à l'occasion de la saison inaugurale du club. Il a pris part à 81 rencontres avec San Jose en 1992-93 et à 26 autres en 1993-94, avant d'être échangé aux Flames de Calgary.

Il ne pouvait pas savoir à l'époque que San Jose deviendrait une aussi bonne ville de hockey, lui qui jouait alors au Cow Palace avec une équipe d'expansion composée de joueurs de second ordre de la LNH et d'anciens joueurs des ligues mineures. Maintenant, sa tâche consistera à empêcher les Sharks de devenir champions de la Coupe Stanley.

8. BARBES SOUS LA LOUPE
Les barbes qu'ont Thornton et le défenseur des Sharks Brent Burns sont devenues des personnages dans ces séries. Elles sont pas mal à l'image des joueurs qui les portent.

La barbe de Thornton est longue, grisonnante, un peu hirsute mais quand même sous contrôle, à l'image de la façon dont il manie la rondelle. La barbe de Burns est échevelée, sauvage, agressive et enjouée, comme il l'est sur la glace et en dehors.

On parlera beaucoup de ces barbes en Finale de la Coupe Stanley. Elles sont devenues des légendes dans la longue histoire des barbes des séries, même si Thornton a triché en commençant à faire pousser la sienne en décembre.

9. LE FILET DÉSORMAIS À MURRAY
Le gardien recrue des Penguins Matt Murray, qui a célébré ses 22 ans mercredi, a remporté le sixième puis le septième match contre le Lightning après avoir cédé sa place au vétéran Marc-André Fleury, le gardien no 1 de longue date de l'équipe, à l'occasion de la cinquième rencontre.

Fleury a failli à la tâche, puis Murray a bloqué 44 des 47 tirs dirigés vers lui en route vers la victoire dans les deux derniers affrontements de la série. Il amorcera la Finale de la Coupe Stanley avec un total de 11 victoires, un pourcentage d'arrêts de ,924 et un moyenne de buts alloués de 2,22 en 15 départs.

Murray a maintenant plus d'expérience et davantage de victoires en séries de la LNH (15 matchs, 11 victoires) qu'en saison régulière (13 matchs, neuf victoires). Il est le troisième gardien depuis l'ère de l'expansion (soit 1967) à atteindre la dizaine au chapitre des victoires en séries avant d'y arriver en saison régulière. Les autres sont Ken Dryden (1971) et Mike Vernon (1986), selon le Elias Sports Bureau.

10. LES EX-DEVILS DE RETOUR 4 ANS PLUS TARD
L'entraîneur des Sharks Peter DeBoer, l'attaquant Dainius Zubrus et l'entraîneur des gardiens Johan Hedberg avaient participé à la Finale de la Coupe Stanley, il y a quatre ans, avec les Devils du New Jersey. DeBoer était l'entraîneur, Zubrus était un joueur important et polyvalent, tandis que Hedberg était le gardien réserviste.

Les souvenirs de ce parcours printanier sont sans doute doux, mais le dénouement s'est avéré amer puisqu'ils ont perdu en six matchs devant les Kings de Los Angeles.

C'est la première fois que ces trois-là sont de retour en séries depuis ce long parcours.

 

En voir plus