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« Il n'y a pas de meilleur endroit pour jouer au hockey » - Carey Price

Le gardien des Canadiens paraphe une entente historique de huit ans et devient le gardien le mieux payé de la LNH

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

BROSSARD - En 10 saisons à défendre la cage des Canadiens de Montréal, Carey Price en a vécu des hauts et des bas. Si bien qu'il a l'impression que plus rien ne peut le déranger.

C'est pourquoi le gardien autrefois réservé et intimidé par la jungle montréalaise a choisi de s'y engager jusqu'à la fin de sa carrière, dimanche, en acceptant une prolongation de contrat de huit ans d'une valeur de 84 millions $.

Il est ainsi devenu le gardien le mieux payé dans l'histoire de la LNH et le joueur le mieux payé de la ligue en compagnie de Jonathan Toews et Patrick Kane, des Blackhawks de Chicago.

« Il n'y a pas de meilleur endroit pour jouer au hockey, a lancé Price lors d'une conférence téléphonique depuis Kelowna, en Colombie-Britannique. Je suis honoré de porter ce chandail jusqu'à la fin de ma carrière.

« C'est tout ce que je connais, et tout ce que je connaîtrai, je l'espère. »

Disons que ce n'est pas exactement un scénario qui était envisageable en 2010 lorsqu'il avait lancé aux partisans son désormais célèbre « Just chill out » (Relaxez) après une contre-performance en match préparatoire ou bien quand Jaroslav Halak lui avait ravi le poste de gardien partant lors des séries éliminatoires de la même année.

Mais les choses ont changé depuis.

Price a lentement trouvé ses repères pour s'établir comme l'un des meilleurs de la ligue et est devenu le gardien que les Canadiens attendaient quand ils l'ont repêché au cinquième échelon du repêchage de 2010.

Il a gagné les trophées Hart et Vézina, remis respectivement au joueur le plus utile à son équipe et au meilleur gardien, en 2014-15 et s'est établi comme la pièce maîtresse de la formation montréalaise, et comme le favori de la foule.

« Je sens que je peux maintenant faire face à n'importe quelle situation, a déclaré Price. C'est difficile parfois, mais à d'autres moments, vous n'aurez jamais autant de plaisir ailleurs dans la LNH. Rien ne se compare à Montréal. 

« Ce changement a beaucoup à voir avec moi. Le fait d'avoir une famille a changé ma perspective sur certaines choses. La ville de Montréal a toujours bien traité ma famille et je l'apprécie.» 

On sent également que le directeur général du Tricolore Marc Bergevin n'a jamais évalué la possibilité de faire confiance à un autre gardien que Price. 

Pas même une seconde.

Les négociations ont véritablement commencé il y a quelques semaines et aucune des deux parties n'a été inquiétée par le processus.

Price, avec son calme habituel, a même confié qu'il avait laissé son agent négocier et qu'il avait simplement attendu la bonne nouvelle. Il était d'ailleurs en train de tondre son gazon quand il a reçu l'appel, signe qu'il n'était visiblement pas rongé par le stress.

« Depuis mon arrivée ici, en 2012, on l'a identifié comme le joueur de franchise, a expliqué Bergevin. C'est un joueur exceptionnel. Tous les joueurs de ce niveau sont payés à leur juste valeur. C'est pour ça qu'on a pris cette décision avec Carey. »

Des questions

Cette signature, bien qu'elle ne soit pas bien surprenante considérant le rendement de Price au cours des dernières années, suscite cependant quelques questions à l'ère du plafond salarial. Les Canadiens seront-ils en mesure de bâtir une équipe compétitive alors que Price accaparera à lui seul autour de 14 pour cent de la masse salariale?

« C'est certain qu'en donnant un gros montant à un joueur, ça rend les choses plus difficiles, mais ça fait partie de mon travail de gérer ça, a dit Bergevin. Pour moi, le gardien de but, c'est une position très importante. Sans gardien, on a vu ce qui est arrivé ici il y a deux ans, ç'a mal été. On voit l'importance de Carey pour l'organisation et la ville de Montréal. »

Il est évident que l'impact moyen annuel du contrat de Price (10,5 millions $) ainsi que de celui du défenseur Shea Weber (7,9 millions $) jusqu'en 2025-2026 réduira considérablement la marge de manoeuvre de Bergevin lorsqu'il voudra mettre la main sur des joueurs autonomes ou bien accorder des prolongations de contrat aux éléments prometteurs de l'équipe.

Cela forcera les départements de recrutement et de développement de l'organisation à fournir de jeunes espoirs prêts à prendre la relève rapidement lorsque le besoin se fera sentir, un aspect dans lequel les Canadiens ont connu des difficultés dans les dernières années.

« Ce n'est pas une pression parce que c'est toujours comme ça, a plaidé le directeur général. Il n'y a rien qui change, c'est le même mandat chaque année d'amener des joueurs à Montréal qui peuvent aider éventuellement. Tu as besoin du repêchage, tu as besoin des jeunes joueurs. »

Ces questions semblent toutefois préoccuper davantage les journalistes et les amateurs que le gardien de but de l'équipe.

« J'ai une grande confiance en Marc pour trouver le moyen d'améliorer continuellement notre équipe et de bâtir une formation compétitive sur la patinoire », a confié Price.

« Je ne me suis jamais imaginé porter un autre uniforme. C'est seulement trop bizarre, j'imagine. »

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