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Vivre au maximum

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Roman Hamrlik a toutes les raisons de sourire ces temps-ci.

Jeudi dernier, l’ancien défenseur de 42 ans et sa conjointe, Cynthia Michaud, ont accueilli une petite fille prénommée Billie Rose dans leur famille. Originaire de Zlin en République tchèque, Hamrlik est aujourd’hui montréalais d’adoption à temps plein, et ce, depuis deux ans.

Roman Hamrlik et sa conjointe, Cynthia, ont mis au monde Billie Rose à 15h39 le 9 juin dernier à Montréal.

Le couple a également un fils de quatre ans, James, qui commence tranquillement à s’intéresser au monde du sport, sous l’œil averti de son père, qui connaît disons-le une chose ou deux à propos d’atteindre les rangs professionnels – et d’y demeurer. Après tout, Hamrlik a disputé 1 395 matchs dans la LNH au cours d’une carrière qui aura duré 20 ans.

« C’est bon de pouvoir m’occuper de lui, de l’amener à l’école et de pouvoir jouer avec lui. C’est important pour moi. Quand je jouais au hockey, je n’avais pas vraiment le temps de m’occuper de ma plus vieille, Natalie, qui vit en République tchèque avec sa mère », mentionne celui qui a accroché ses patins pour de bon en octobre 2013 après avoir joué avec sept différentes équipes dans la LNH, incluant avec les Canadiens entre 2007 et 2011. « Je suis très heureux de me lever le matin et de ne pas avoir mal partout pour amorcer ma journée. C’est bon de ne pas avoir vraiment d’horaire. »

Hamrlik est très heureux de pouvoir élever ses enfants au Québec, l’endroit où sa carrière dans la LNH a réellement commencé, il y a de cela près de 25 ans. Le premier choix de l’histoire du Lightning de Tampa Bay, en 1992, a entendu son nom être prononcé par le membre du Temple de la renommée et fondateur de l’équipe Phil Esposito, au Forum de Montréal. À ce moment, Hamrlik devenait seulement le deuxième joueur européen à être sélectionné au tout premier rang, après Mats Sundin en 1989.

« J’imagine que c’était un signe. Je ne sais pas vraiment. J’aime toujours cette ville, elle a toujours occupé une place spéciale dans mon cœur. J’ai vraiment été chanceux que [l’ancien DG des Canadiens] Bob Gainey ait décidé de me donner un contrat de quatre ans pour que je puisse passer du temps ici. Maintenant nous allons demeurer ici pour de bon », a laissé savoir Hamrlik, qui s’est établi sur le Rive-Sud. « Quand on y pense, c’est assez intéressant. J’ai été repêché à Montréal, j’ai joué à Montréal et maintenant je suis ici avec ma famille. Aujourd’hui, c’est chez moi. »

Même si ses jours de hockeyeurs sont loin derrière, Hamrlik porte encore une attention particulière à ce qui se passe dans la LNH. Il se rend même quelques fois par année au Centre Bell pour voir les hommes de Michel Therrien en action. Lorsqu’il est dans les estrades, ça ne prend jamais bien longtemps pour qu’il se souvienne de ses jours à Montréal. Certains de ces moments sortent du lot.

« J’ai d’excellents souvenirs de mon passage avec les Canadiens, surtout dans les séries. C’était vraiment fou à ce moment de l’année. Je souhaite à tout le monde de pouvoir vivre cette expérience. Ça a vraiment été le meilleur endroit pour jouer au hockey selon moi. J’aurais aimé avoir un contrat de 10 ans à Montréal et y jouer encore plus longtemps. Ces quatre années ont été les meilleures de ma carrière », mentionne Hamrlik, avant de se souvenir du parcours exceptionnel de l’équipe en séries en 2010.

« Nous étions très proches et nous respections le système en place. On voulait gagner plus que quiconque. Même si nous étions les négligés [après avoir terminé au huitième rang dans la conférence de l’Est], on voulait gagner plus que Washington et Pittsburgh. Lorsque ce désir est là, tu vas gagner. D’aller en finale de conférence, c’est une expérience qui ne s’achète pas. J’ai encore des frissons quand je vais aux matchs et que je repense au Centre Bell et aux séries », ajoute Hamrlik, qui avait obtenu neuf mentions d’aide en 19 rencontres éliminatoires cette année-là, en plus de bloquer 50 tirs et de distribuer 28 mises en échec.

Hamrlik a tout aimé de son expérience avec les Canadiens, en particulier l'atmosphère qui régnait au Centre Bell lors des séries éliminatoires.

Il se souviendra également à jamais des matchs de séries entre le Tricolore et leurs éternels rivaux bostonnais.

« Lorsqu’on jouait contre les Bruins, on pouvait sentir l’excitation dans le vestiaire. Le niveau de hockey qui se joue dans ces matchs est à un autre niveau. Tu frappes beaucoup l’adversaire, ce que j’aimais bien faire. Je recevais des mises en échec et j’en donnais. C’est un niveau d’intensité bien différent », atteste le colosse de 6-pieds-2, qui n’hésitait jamais à mettre ses 200 livres derrière chaque bon coup d’épaule. « Nous nous détestions. Lorsqu’ils venaient ici, nos partisans les détestaient. Lorsque nous étions là-bas, les leurs nous détestaient. C’était vraiment amusant et intense à la fois. »

Hamrlik a eu la chance de partager le vestiaire du Tricolore avec plusieurs de ses compatriotes au cours des années. Parmi eux, Tomas Plekanec, Radek Bonk, Robert Lang et bien sûr son ami d’enfance, Jaroslav Spacek, qu’il connaît depuis plus de 25 ans.

« Nous faisions de notre mieux pour jouer de la meilleure façon possible. Jouer avec des gars comme Plekanec et Spacek était spécial. Je connais Spacek depuis que j’ai 16 ans. Nous avons joué à quelques reprises au sein de l'équipe nationale tchèque et nous avons remporté l’or à Nagano ensemble en 1998 aux Jeux olympiques. Robert Lang était aussi au sein de cette équipe. C’était tout un joueur de hockey et un bon gars en plus », insiste Hamrlik, qui se souvient également en bien de quelques autres coéquipiers. « Brian Gionta était un excellent leader et un bon capitaine. J’ai également passé pas mal de temps avec Andrei Markov. Nous avons été blessés pendant un moment en même temps, alors nous nous entraînions ensemble chaque jour. C’est bien de voir qu’il est encore en mesure de jouer de l’excellent hockey. »

En rétrospective, le Tchèque n’arrive toujours pas à croire à quel point il a été privilégié de jouer au hockey à un plus haut niveau, et ce durant deux décennies. C’est loin d’être la norme de nos jours. De grandir de l’autre côté de l’océan contribue également à rendre son parcours professionnel encore plus spécial.

« J’y fais encore référence comme un rêve devenu réalité. À cette époque nous n’avions pas grand-chose. C’était un pays communiste. Nous n’avions pas les matchs de hockey d’Amérique du Nord sur nos téléviseurs. Au début des années 1990, les antennes ont commencé à apparaître et on pouvait mettre la main sur des cassettes VHS de matchs. Je regardais ça avec mon plus vieux frère, Martin. Je me souviens des journaux qui présentaient des photos de joueurs ayant quitté, comme Petr Klima, Petr Svoboda et Frank Musil. Notre rêve était de venir en Amérique du Nord pour jouer dans la meilleure ligue au monde », a expliqué Hamrlik, qui se retrouve au 37e rang de l’histoire de la LNH pour le nombre de matchs joués. « Je suis arrivé dans la LNH à 18 ans. Honnêtement, je rêvais de jouer cinq ou dix ans. J’ai été chanceux. C’est vraiment difficile puisqu’il y a tellement de joueurs sur le circuit. Mais si quelqu’un t’apprécie vraiment, il va t’ouvrir la porte. Après c’est à toi de faire le reste du chemin. »

Hamrlik profite du temps passé avec son bébé naissant à son domicile à Montréal.

Aujourd’hui Hamrlik est heureux de pouvoir partager son expérience avec les jeunes voulant améliorer leur jeu. En plus de travailler avec Hockey Québec et de participer à des cliniques de hockey au cours de l’été, il sera également de l’École de hockey des Canadiens à la fin-juin et au mois de juillet. Ça va être l’occasion parfaite de redonner à ceux qui lui ont déjà tant donné.

« À ma retraite, j’ai passé pas mal de temps loin de la patinoire. Je chaussais les patins tous les jours depuis l’âge de six ans. J’ai alors pris une pause d’environ un an, mais aujourd’hui je veux y retourner et aider les jeunes à devenir de meilleurs joueurs de hockey », conclut Hamrlik. « Je crois que je peux leur donner beaucoup. Enseigner est devenu une passion. J’ai eu la chance de travailler avec les meilleurs entraîneurs et les meilleures personnes du monde du hockey. J’ai bien des exercices en tête pour rendre les jeunes meilleurs dans leur jeu défensif. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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