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Vers la LNH: Torrey Mitchell

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Même au niveau Midget AAA, Torrey Mitchell était déjà un leader auprès de ses coéquipiers.

Alors qu’il évoluait pour les Riverains du Collège Charles-Lemoyne, à ville Sainte-Catherine, au cours de la saison 2001-2002, Mitchell a commencé à réaliser le potentiel qu’il avait, surtout dans la deuxième portion de saison et lors des séries. C’est ce qui a ultimement mis la table pour que le natif de Greenfield Park décide de traverser au sud du 45e parallèle pour amorcer son ascension vers la LNH.

«Il a toujours joué sur nos deux premiers trios, mais avec la façon qu’il a explosé en fin de saison, les dépisteurs l’ont remarqué et considéraient qu’il pouvait sortir en première ronde au repêchage de la LHJMQ. Son père, Steve, disait qu’il irait aux États-Unis à Hotchkiss, au Connecticut, dans une école préparatoire à l’Université [prep school en anglais]. Sinon il aurait été choisi en première ronde », mentionne son ancien entraîneur, Martin Russell, qui dirige maintenant l’équipe féminine de hockey du CÉGEP Édouard-Montpetit. «Si je me souviens bien il avait eu 15 buts en saisons régulière, puis 13 autres en séries seulement. Sa force première était son coup de patin. Il était très rapide et créait de l’offensive. Il était intelligent avec la rondelle. Il était très bon dans les deux sens de la patinoire et était très fort en désavantage numérique. Il impressionnait tout le monde qui suivait le hockey junior au Québec. »

Russell était probablement le plus grand partisan de Mitchell de cette saison-là, prenant en exemple son éthique de travail remarquable, son énergie contagieuse et son esprit compétitif. Mitchell n’était pas le plus grand joueur, ni le plus puissant chez les Riverains, mais ça ne l’a pas empêché de faire tout en son pouvoir pour pousser son jeu au plus haut niveau lorsque le moment était critique. Ça a été un processus étalé sur une saison, selon Russell, qui se souvient très bien du désir qu’avait Mitchell de connaître du succès.

«Avant de se joindre à nous, alors qu’il évoluait Bantam AA, Torrey était très petit. Quand il a commencé l’année avec nous il mesurait environ 5-pieds-9. Il est maintenant rendu à 5-pieds-11. Il avait beaucoup grandi au cours de l’année et il avait acquis une certaine force physique », partage Russell, qui se souvient que son protégé avait connu un début de saison en-deçà des attentes, surtout au chapitre des points, avant de prendre son erre d’aller et de finir la saison avec 56 points en 41 matchs, bon pour le 12e rang dans la Ligue. «Je me souviens de lui à l’entraînement. Il lançait au but, il l’envoyait toujours deux ou trois pouces à côté ou au-dessus du but. Puis petit à petit, ça s’est rapetissé et il a fini par envoyer les rondelles dans la partie supérieure, dans les coins, toujours. Ce qui ne rentrait pas avant Noël, tout d’un coup, rentrait. Ça a vraiment changé son jeu. »

Au final, il a aidé les Riverains à connaître une campagne remarquable, une campagne qui a culminé non seulement avec l’obtention du titre dans la ligue Midget AAA du Québec, mais aussi une médaille de bronze à la coupe Air Canada, à Bathurst, au Nouveau-Brunswick. C’est là que Mitchell a vraiment démontré au monde du hockey à quel point il avait du caractère.

«Il était blessé à l’aine et ne pouvait pas jouer, tout comme un coéquipier, Matthew McIntyre. On l’a quand même mis dans l’alignement, même s’il n’était pas en uniforme. Les gars n’étaient pas en uniforme pour le match. En fin de première période il y a eu une bagarre générale et une demi-douzaine de joueurs se sont fait sortir du match. Torrey voulait jouer. Il est venu me voir pour me dire qu’il voulait sauter sur la glace », se souvient Russell au sujet de ce match, qui a résulté en une victoire de 6 à 4 des Riverains aux dépens des Chiefs de Red Deer. «Ses parents étaient partis, pensant qu’il n’allait pas jouer. Il a finalement sauté sur la glace et a obtenu une mention d’aide sur le but gagnant avant de marquer le but d‘assurance. Sur le coup j’ai été surpris, mais avec le recul et en repensant au caractère de ces gars, je ne suis pas surpris de la tournure que ça a pris et qu’il soit venu me demander de jouer. C’est certain que sur le coup, ça surprend. Je n’avais jamais vu ça, un gars comme ça être blessé et vouloir autant jouer.»

C’est ce genre d’anecdote qui représente bien qu’il est Torrey Mitchell, son ancien entraîneur ne tarissant pas d’éloges lorsqu’il est question du numéro 17 des Canadiens.

«Du début à la fin, Torrey a toujours été un travaillant et un gars d’équipe. Il fait ce qu’on lui demande. Ça le fait sortir du lot », confie Russell, qui a également eu sous sa tutelle Pierre-Alexandre Parenteau, ainsi que l’ancien des Canadiens Guillaume Latendresse. «Torrey apporte une ambiance plaisante dans un vestiaire. Il est capable de détendre l’atmosphère en faisant des blagues. Il n’était vraiment pas gêné. Mais quand c’était le temps de compétitionner, il était prêt à jouer. Quand il fallait travailler et gagner, on pouvait compter sur Torrey en tout temps. C’était pas un joueur qui avait du plaisir après une défaite. Il choisissait ses moments. »

Heureusement, les Riverains ont rarement terminé du mauvais côté au cours de cette année. Mitchell a même été sélectionné sur l’équipe d’étoiles en plus de remporter le titre de joueur par excellence des séries, après avoir aidé son équipe à remporter le titre de la ligue Midget AAA, marquant 13 buts, dont trois gagnants, et 27 points en 19 matchs. C’était une saison mémorable pour le diplôme de l’école Selwyn House, qui se souvient très bien du temps passé sous la gouverne de Russell.

«Je me souviens que Martin était très demandant. Il était autoritaire avec les joueurs. Il se concentrait sur les petits détails que tu ne connais pas nécessairement lorsque tu commences à jouer. Nous avions une bonne équipe. Les gars étaient très proches », mentionne Mitchell, qui jouera ensuite deux saisons avec Hotchkiss avant de se joindre à l’Université du Vermont pour les trois saisons suivantes, puis de faire le saut dans la LNH avec les Sharks en 2007-2008. «Je me souviens des séries dans ce petit aréna de ville Sainte-Catherine. Les estrades étaient remplies chaque soir. Je n’oublierai jamais ces séries. C’était tout le temps plein. Vraiment cool et amusant. »

Il va sans dire que Russell ne pourrait être plus fier de voir Mitchell porter le bleu-blanc-rouge.

«Ça me rend fier qu’il se souvienne de ce que je lui ai appris. S’il est rendu où il est c’est parce qu’il est un athlète attentionné, dévoué, qui se concentre sur ses apprentissages. C’est tout à son honneur d’avoir été en mesure de prendre ce que je lui ai enseigné pour l’amener à un niveau supérieur», conclut Russell. « Quand il a été échangé à Montréal, j’étais vraiment heureux, surtout pour sa famille et lui. San Jose était loin. Minnesota et Buffalo aussi. C’est bien de le voir jouer si près de la maison, dans l’uniforme des Canadiens. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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