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Vers la LNH – Mike Condon

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Le parcours de Mike Condon vers la LNH a été long et ardu. Mais des arrêts clés en cours de route lui ont permis d’atteindre les plus hauts sommets du monde du hockey.

Condon lors d'une récente visite à son ancienne école, Belmont Hill.

Ayant dû se prouver à maintes et maintes reprises tout au long de sa carrière, le joueur de 26 ans sait à quel point il est passé près de voir son rêve d’atteindre la LNH disparaître en fumée. C’est peut-être pour cette raison que le gardien qui amorcera dans quelques mois sa deuxième saison dans la Ligue s’assure de ne pas oublier ceux qui l’ont aidé à s’y rendre – comme un de ses anciens entraîneurs à Belmont, dans le Massachusetts, John McNamara.

« John a joué un très grand rôle dans mon ascension vers la LNH. Il est celui qui m’a dirigé lors de ma première équipe où on voyageait. Sans lui, je serais sûrement en train de préparer des hamburgers quelque part. Je lui dois tellement », lance à la blague le diplômé de Princeton, qui aurait sûrement eu d’autres options à l’extérieur du hockey en raison de son diplôme en sciences politiques de l’Ivy League. « Ma carrière au hockey mineur ne se serait jamais amorcée si je n’avais pas fait l’équipe de John. Ma situation était loin d’être idéale à l’époque. Je ne me voyais vraiment pas dans la LNH, surtout que je n’évoluais pas dans la ligue où tous les meilleurs jeunes de mon âge jouaient. »

Comme Condon l’a souligné, si McNamara n’avait pas pris une chance avec cet adolescent qui n’avait pas fait ses preuves, qui sait où son parcours l’aurait mené.

« Lorsque j’ai rencontré Mike pour la première fois, il a essayé d’obtenir un poste dans une de mes équipes alors qu’il avait neuf ou dix ans. Il était un de plusieurs très bons gardiens à tenter sa chance, mais je ne connaissais rien sur lui. À l’époque, nous choisissions seulement un gardien. C’était donc très difficile de faire un choix », explique McNamara, qui aurait facilement pu ne pas remarquer Condon parmi les nombreux prétendants sur place. « Ça peut paraître bizarre, mais ce qui différenciait Mike des autres était qu’il paraissait déjà comme un professionnel. Il n’était probablement pas meilleur que les autres gardiens côté habiletés, mais son niveau de positivisme et de maturité le séparait du reste de la compétition. »

Avoir à se prouver continuellement n’est pas une tâche facile, mais le fils d’un sergent de la police d’État du Massachusetts a toujours possédé la force mentale nécessaire pour faire face à l’adversité.

« Son père traque les criminels dans la division des fugitifs violents, donc Mike s’est toujours comporté comme un sergent de la police d’État du Massachusetts le ferait. Ça a toujours été important pour Mike d’être un bon coéquipier et une bonne personne », mentionne McNamara, faisant référence à la grande force de caractère du jeune gardien. « Je l’ai probablement dirigé durant dix ans et dans environ 500 matchs et jamais je ne l’ai vu blâmer personne ou critiquer un coéquipier. »

Lorsqu’aucune des 30 équipes de la LNH n’a repêché Condon suite à sa troisième saison au Belmont Hill High School en 2008, il aurait pu tout abandonner. Mais il ne l’a pas fait, préférant plutôt persévérer. Après avoir appris que son protégé obtiendrait une chance de poursuivre sa carrière de hockeyeur à l’Université Princeton – une des plus grandes institutions académiques dans le monde – McNamara a été envahi d’un sentiment de fierté.

Condon avec Katie (au centre) et John McNamara (à droite) après le match des Canadiens du 23 octobre 2015 vs. Sabres.

« Pour pouvoir évoluer au hockey universitaire, vous devez vous trouver parmi les meilleurs du 2 % de tous les jeunes qui jouent au hockey aux États-Unis. Nous n’en avions donc pas vraiment parlé. Nous nous concentrions à nous améliorer chaque jour et Mike incarnait cette mentalité », se souvient McNamara, qui insiste que le fait d’atteindre la NCAA était simplement le début d’un autre gros test. « Ce n’était pas de tout repos pour lui à Princeton. Il a été en lutte contre d’autres excellents gardiens durant quatre années consécutives. »

Condon est demeuré ferme dans la poursuite de son rêve, mais si aucune équipe de la LNH n’a démontré de l’intérêt à son endroit à la conclusion de son séjour à Princeton. Après son dernier match au niveau universitaire en 2013, la détermination inébranlable de Condon lui a été fort utile lorsqu’il scrutait quotidiennement les différents mouvements de personnel de l’ECHL et de l’AHL pour voir si une blessure lui permettait d’obtenir une audition de dernière minute.

« La logique dirait que les chances n’étaient pas en sa faveur. Certaines équipes sont prêtes à offrir un essai amateur d’un ou deux matchs à un gardien de niveau universitaire. Je me souviens que l’agent de Mike avait contacté chaque équipes des deux circuits mais que seulement deux formations l’ont rappelé », partage McNamara.

Lorsque son unique chance de poursuivre son aventure au hockey se trouvait à l’autre extrémité du pays, en Californie, avec le Reign d’Ontario dans l’ECHL, le dévouement de Condon n’a aucunement changé. En présentant un dossier de 3-1-0, une moyenne de buts alloués de 1,48 et un pourcentage d’efficacité de 0,943, il a attiré l’attention de plusieurs équipes de la Ligue américaine.

C’est à ce moment que les Aeros de Houston – l’ancien club-école du Wild du Minnesota – ont décidé de prendre une chance avec le gardien non repêché lorsque plusieurs de leurs cerbères sont tombés au combat à l’aube des séries. Houston n’a peut-être pas soulevé la coupe Calder cette année-là, mais sa courte audition a tout de même conquis Rick Dudley – le vice-président principal des opérations hockey des Canadiens – qui avait remarqué Condon pour la première fois en 2012-2013. Suite aux recommandations de Dudley et du conseiller des gardiens Vincent Riendeau, le Tricolore a fait signer à Condon son tout premier contrat de la LNH le 8 mai 2013, seulement quatre jours après que sa saison à Houston ait pris fin.

La partie de l’histoire de Condon avec laquelle les partisans sont le plus familiers débute avec sa solide prestation au cours du dernier camp d’entraînement, à Brossard. Ce fut suffisant pour convaincre les Canadiens de lui octroyer le poste d’adjoint à Carey Price. La combinaison d’ambition, de calme et de force mentale que possède Condon a persuadé Marc Bergevin et ses acolytes de prendre une chance avec le natif de Holliston.

Au terme de sa première saison dans la LNH, Condon – qui a représenté dernièrement les États-Unis au Championnat du monde 2016 de l’IIHF – a disputé 55 rencontres, lui permettant de devenir le troisième gardien recrue le plus utilisé dans l’histoire de l’équipe après Ken Dryden (64 matchs en 1971-1972) et Gerry McNeil (70 matchs en 1950-1951). Il a également mené les Canadiens à un gain de 5 à 1 sur les Bruins de Boston le 1er janvier lors de la Classique Hivernale, devant de nombreux parents et amis présents au Gillette Stadium.

Si ce que réserve le futur de Condon est inconnu, il est toutefois assuré qu’il pourra toujours compter sur la présence de McNamara dans son coin.

« C’est irréel de regarder un match des Canadiens à la télévision et de voir Mike devant le filet. Mais lorsque je le regarde, je constate qu’il est toujours le même gars que j’ai connu lorsqu’il était à Belmont Hill. Je vois toujours la même mentalité et la même personnalité. Il est respectueux et gentil avec chaque personne qu’il rencontre. Vous voulez voir des gars comme lui réussir », conclut McNamara. « Je sais qu’il est dans les ligues majeures maintenant, mais je le vois davantage comme un être humain que comme un joueur de hockey. J’ai habité à Boston toute ma vie, mais si Mike Condon joue là, les Canadiens seront mon équipe. »

Jared Ostroff écrit pour canadiens.com. Texte traduit par Hugo Fontaine.

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