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Vers la LNH: Max Pacioretty

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – L’entraîneur vétéran Dan Murphy savait que Max Pacioretty avait un brillant avenir, et ce, dès qu’il l’a rencontré.

Murphy, qui a dirigé l’équipe des garçons de l’école Taft pendant des années se souvient très bien de la première impression qu’il a eue en voyant Pacioretty, alors âgé de 15 ans, arriver sur le campus de Watertown au Connecticut, après un passage de deux ans à l’école secondaire de New Canaan, à seulement une centaine de kilomètres de là.

«Il avait le feu dans les yeux. À cette époque, je ne savais pas qu’il allait devenir un joueur étoile de la LNH, mais je voyais bien qu’il était différent des autres enfants. Il s’imposait des standards très élevés lorsqu’il était sur la glace et il s’attendait à la même chose de la part de ses coéquipiers. C’était quelque chose de surprenant pour un joueur aussi jeune », se souvient Murphy qui a accueilli Pacioretty dans cette école préparatoire élite à l’approche de la saison 2004-2005. «On pouvait voir à quel point il était compétitif quand il arrivait au banc et même dans ses discussions avec les autres joueurs. Il avait ce désir brûlant de connaître du succès. »

Ce désir s’est traduit par une excellente année pour Pacioretty à sa première saison avec les Rhinos, alors que le talentueux attaquant a obtenu cinq buts et 19 points en 23 matchs, aidant la troupe de Murphy à clôturer l’année avec une fiche remarquable de 18-5, avant de se voir éliminée par l’école Salisbury en quart de finale lors du Championnat des écoles préparatoires de la Nouvelle-Angleterre.

«À la moitié de cette campagne, nous savions que Max allait connaître une année incroyable l’année suivante. Il montrait de belles choses sur la glace au fur et à mesure que la campagne avançait. Je savais que j’allais avoir un joueur de hockey vraiment spécial et une équipe vraiment spéciale à l’automne. Et Max allait être au cœur de cette équipe. C’était vraiment amusant de l’avoir comme joueur, vraiment », a partagé Murphy qui a rapidement été estomaqué par son talent remarquable, incluant sa capacité incroyable à repérer ses coéquipiers. «Il était incroyable avec la rondelle. Certaines des passes qu’il était en mesure de faire étaient ridicules. Je me demandais toujours comment il réussissait à faire ses passes. Il pouvait voir les neuf autres joueurs sur la glace. C’est comme s’il avait un sixième sens. »

Le désir de Pacioretty de faire marquer ses coéquipiers n’a toutefois pas toujours fait sourire Murphy. Bien au fait des capacités du jeune homme à marquer, le diplômé de l’Université du Maine a encouragé son poulain à tester les gardiens adverses chaque fois qu’il en avait l’occasion, sans abandonner son penchant pour créer des chances de marquer, bien sûr.

«Quand il jouait pour moi, il passait toujours la rondelle. C’était Max. Il avait des mains exceptionnelles et était imprévisible. Avec nous, il était un fabricant de jeu. Il voulait toujours préparer les jeux pour ses coéquipiers. C'était sa façon de jouer, carrément à l’antithèse de ce qu’il est aujourd’hui », mentionne Murphy qui voit des similitudes entre le jeu de Pacioretty à l’époque et celui du centre du Tricolore, David Desharnais. «Je blaguais toujours en disant qu’il pouvait feinter le même gars deux fois, se retrouver devant un filet désert et quand même faire une passe pour permettre à un coéquipier de marquer. Il revenait au banc et je lui disais ‘’Max, tu dois lancer la rondelle. Tu as un bon tir! Utilise-le!”. C’est drôle de voir à quel point son rôle a changé avec les années. »

Si Pacioretty n’avait toujours pas trouvé ses instincts de marqueur l’année suivante, amassant seulement sept buts en 26 matchs, Murphy insiste sur le fait que sa progression lors de cette campagne aura payé à long terme.

«Max a vraiment fait un bond significatif pour ce qui est de la taille et de la force entre 2005 et 2006. Ce qu’il a fait ce printemps-là, c’est de courir. Il courait le 400 mètres. Il faisait beaucoup de sprints et soulevait des poids. On pouvait le voir devenir plus gros et plus fort. C’est certain qu’il n’était pas le spécimen qu’il est aujourd’hui, mais ça a vraiment été le point de départ. C’était le premier pas dans sa transformation qui fait de lui qui il est aujourd’hui », explique Murphy qui insiste sur le fait que Pacioretty n’a jamais eu peur de s’impliquer physiquement alors qu’il était sous ses ordres. «Il jouait au soccer, au baseball ou au softball avec les jeunes sur le campus. Mais à l’automne, rien ne comptait à part le hockey. Il allait même courir dans la forêt à ce temps-là de l’année. Puis au printemps, il se concentrait sur le 400 mètres, qui est une excellente combinaison musculaire et aérobique. »

Tout ce travail acharné a permis aux Rhinos d’avoir une chance de se venger de Salisbury l’année suivante, alors que les deux équipes se sont retrouvées en finale. Bien que sa formation ait terminé au deuxième rang, Murphy n’oubliera jamais la performance remarquable de Pacioretty.

«Nous avons perdu le match de championnat 4 à 3. Il y avait bien des bons joueurs sur la glace. Salisbury avait les frères Biega et Mark Arcobello. C’était un gros match pour les joueurs de la Nouvelle-Angleterre parce que bien des joueurs des deux équipes allaient évoluer dans la Division I. Ce soir-là, Max a été le joueur le plus dominant, les deux équipes confondues », confie Murphy qui avait vu son équipe présenter une fiche de 21-5 au cours de cette année-là. «Chaque fois qu’il était sur la glace, quelque chose arrivait. Soit il créait une chance de marquer parfaite, soit il stoppait l’adversaire. Il jouait du hockey incroyable contre les joueurs les plus talentueux de la région. Max a pris l’équipe sur ses épaules lors de ce match et a sonné la charge. »

Le passage de Pacioretty sous les ordres de Murphy, passage qui s’est terminé au crépuscule de la saison 2005-2006, n’avait pas seulement pour but de devenir plus massif, de gagner et d’accumuler des points. Murphy voulait inculquer à celui qui allait poursuivre sa route dans l’USHL et à l’Université du Michigan des leçons de vie qui l’aideraient sa vie durant.

«Autant que j’ai essayé d’enseigner à Max les rudiments du sport, autant je crois que mon enseignement était surtout axé sur le fait qu’il soit une bonne personne, qu’il prenne des bonnes décisions sur la glace et hors de la glace, qu’il soit responsable. En sachant qu’il allait un jour jouer pour une grande équipe comme celle de Michigan, je savais qu’il allait être scruté à la loupe. Il était donc important de lui apprendre la base – arriver à l’heure en classe, faire ses devoirs et bien dormir. Je voulais lui apprendre ce qui lui permettrait de connaître du succès au niveau suivant », expose Murphy, qui a vu Pacioretty passer outre sa saison «senior» à Taft pour se joindra au Musketeers de Sioux City avant de faire le saut dans les rangs collégiaux, à Ann Arbor.

«Je voulais développer son caractère et m’assurer qu’il soit une personne exceptionnelle. Ces discussions ont probablement un écho aujourd’hui, alors qu’il est à Montréal et qu’il est constamment sous la loupe », ajoute Murphy qui avoue avoir parfois une approche dure avec ses joueurs, incluant Pacioretty. «J’ai souvent parlé de karma avec Max et les autres joueurs. Je crois fermement que si tu fais ce qu’il faut, de bonnes choses vont arriver. »

Bien heureux de voir le numéro 67 connaître du succès sur et hors de la glace, Murphy est excité de voir ce que Pacioretty peut encore accomplir.

«Pour mettre le passage de Max à Taft en perspective, nous savions tous qu’il ne jouerait pas sa saison senior avec nous, mais je me suis assuré qu’il allait être considéré pour être capitaine. Croyez-le ou non, mais tous ont voté pour lui, même si nous savions qu’il ne reviendrait pas. C’était important qu’il sache à quel point il était apprécié de ses coéquipiers. C’est un leader naturel », conclu Murphy qui suit d’un œil intéressé ce qui se passe à Montréal.

«Ça me donne des frissons de savoir qu’il fait partie des discussions pour être capitaine à Montréal », poursuit-il. «Personnellement, je crois que ce serait un excellent candidat puisqu’il comprend vraiment l’histoire de l’organisation, l’importance du hockey pour les partisans de Montréal et les attentes qu’ils ont envers lui. De ce que je connais de lui, il resterait le même gars, tout en rendant tout le monde très fier. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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