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Site officiel des Canadiens de Montréal

Vers la LNH: Jeff Petry

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – La carrière hockey à l’école secondaire de Jeff Petry n’a peut-être pas démarré sur les chapeaux de roues, mais elle lui a ultimement permis de démontrer ses nombreux talents à la ligne bleue.

Jeff Petry alors qu’il était à l’école secondaire Orchard Lake St. Mary’s Preparatory, au Michigan.

Lorsque Jeff Petry a enfilé l’uniforme des Eaglets de Orchard Lake St. Mary en 2002-2003, ce n’était pas en tant que défenseur, ni même sur la première équipe de l’école (Varsity). Le natif d’Ann Arbor au Michican évoluait alors à l’avant sur la deuxième équipe (Junior Varsity), et tentait en même temps de se familiariser avec son nouvel environnement. D’échouer dans sa tentative de se tailler une place sur la première équipe a été dur à avaler pour Petry, mais il n’a pas fallu beaucoup de temps au vétéran entraîneur de Orchard Lake, Brian Klanow, pour voir que le jeune Petry avait beaucoup plus à offrir que ce que plusieurs avaient pensé au départ.

« Lorsque Jeff est arrivé à Orchard Lake, il était encore un jeune homme. Il était très gêné. Il ne parlait pas beaucoup, donc de le rendre confortable était notre priorité. L’entraîneur de mon équipe Junior Varsity à l’époque était Paul Woods, qui avait joué dans la LNH pour les Red Wings auparavant. Paul croyait qu’il était préférable d’utiliser Jeff comme attaquant », d’expliquer Klanow. « Lorsque j’ai vu Jeff, cependant, j’ai tout de suite remarqué ses habiletés à contrôler la rondelle et à jouer avec la tête haute. Vous pouviez voir qu’il allait être un gros joueur. Vous pouviez voir dans sa stature à cette époque qu’il allait être grand. Je me rappelle des nombreuses discussions que Paul et moi avons eues à son sujet. Il répétait sans cesse que Jeff était un attaquant. Je lui disais qu’il était un défenseur. »

Klanow a pu valider l’évaluation qu’il avait faite de Petry durant l’après-saison lorsque celui-ci a accompagné l’équipe Varsity à un tournoi à Alpena au Michigan. C’est à ce moment que l’entraîneur a vu les capacités défensives de Petry contre des opposants de plus haut calibre.

« À l’été qui menait vers sa deuxième année, nous voulions le voir jouer contre des joueurs plus gros et plus forts. Il a fait du très bon travail. J’ai eu une conversation avec ses parents après ça. J’avais décidé que la meilleure chose pour lui était de le laisser à la position de défenseur. Il allait être notre septième défenseur sur l’équipe Varsity », d’ajouter Klanow. « À sa deuxième année, il a peut-être joué 15 des 30 parties, mais il a acquis beaucoup d’expérience et de pratique. Il était un de ces élèves qui absorbent tout ce qu’on lui dit, comme une éponge. Il faisait tout ce qu’on lui demandait et il a grandi comme ça. Les choses se mettaient en place pour lui. »

Ça ne veut pas dire que tout a été facile pour Petry à partir de ce moment-là. Pendant qu’il gravissait les échelons à la ligne bleue dans l’alignement des Eaglets, Petry se battait également contre une condition médicale qui aurait pu compromettre ses chances de percer au hockey. Une problématique que Klanow a voulu aborder avec son élève au milieu de la saison 2003-2004, alors que Petry commençait vraiment à faire écarquiller des yeux.

« Un jour, à la pratique, j’ai eu une conversation avec Jeff. Il souffrait d’asthme. Des fois, il se rendait au banc parce qu’il était essoufflé après quelques exercices de patinage. J’ai patiné vers lui et je lui ai dit ‘‘Tu dois régler ça. Soit tu vas t’y habituer et devenir le joueur que tu peux devenir ou pas et demeurer un très bon joueur de hockey d’école secondaire’’ », s’est rappelé Klanow. « Il a regardé ses coéquipiers se préparer pour le prochain exercice et a sauté immédiatement sur la patinoire. Je ne l’ai jamais vu quitter la glace par la suite et sortir la carte de l’asthme. Je crois que ça a été un point tournant dans sa tête. Je crois que la petite conversation que nous avons eue lui a fait réaliser qu’il y avait quelque chose de spécial avec lui. Je crois qu’il a amené son amour pour le hockey à un autre niveau après ça. »

C’est à sa troisième saison, selon Klanow, que Petry s’est vraiment taillé une place parmi l’élite chez les arrières du niveau secondaire.

« Je n’oublierai jamais ce tournoi à Waukesha au Wisconsin. C’était à Noël. Mon assistant à l’époque était Ray Markham, qui avait déjà joué dans la LNH avec les Rangers de New York. C’était le match de championnat. Jeff jouait très bien. En deuxième période, Ray et moi on s’est regardé derrière le banc et nous sommes partis à rire. J’ai vu Jeff sauter trois ou quatre niveaux directement devant moi. Il a pris contrôle du match et a commencé à mener l’équipe », s’est souvenu Klanow. « Il repérait les gars partout sur la glace, il faisait très bien bouger la rondelle. Nous avons remporté le match 6 à 1 ou 7 à 1, et Jeff était probablement sur le jeu pour cinq ou six buts. Il s’améliorait à vue d’œil. »

Les séries éliminatoires venues, Petry a joué un rôle crucial pour aider Orchard Lake à remporter son tout premier championnat MHSAA Division III en 2005.

Petry a joué un rôle important dans la conquête des Eaglets de leur premier championnat d’État au hockey, en 2005.

« Il est devenu le joueur principal en défensive. Nous avions deux joueurs de dernière année aussi. Au début de la saison, il était peut-être notre cinquième ou sixième défenseur dans l’alignement, et il a probablement terminé en tant que deuxième défenseur. C’était tellement plaisant à regarder. Je crois qu’il était complètement plongé dans ce que nous faisions en tant qu’équipe à ce moment. Il voulait ce rôle de leadership. C’est ce qu’il a fait. Il est devenu le gars que tout le monde suivait dans l’équipe. » de confier Kalnow, dont les troupiers ont défait Flint Powers Catholic au compte de 3 à 1 en finale de championnat cette année-là. « Je crois que ça a été une grosse partie du cheminement de Petry en tant que joueur de hockey. Tu peux être un bon joueur, mais lorsque tu deviens LE gars et que toute l’attention est sur toi, ce que tu en retires est incroyable. »

Avec sa carrière hockey qui prenait son envol, Petry avait à prendre une importante décision cet été-là. En plus de faire partie des Eaglets au hockey, le fils de l’ancien joueur de baseball des Ligues majeures, Dan Petry, était tout aussi étincelant sur les terrains de baseball, et ce, depuis plusieurs années. Il savait, toutefois, que son avenir était dans le hockey et qu’il devait s’engager dans ce sport à temps plein s’il voulait réaliser son rêve de jouer dans la LNH. Klanow fut la première personne que Petry consulta pour des conseils et pour le guider dans son choix.

« Jeff était un très bon joueur de baseball. Il a même remporté un championnat d’État avec nous en 2003. Mais il savait qu’il devait prendre une décision. Je crois que si tu veux être très bon dans quelque chose, tu dois te concentrer sur ce sport uniquement. Je sais que Jeff aimait les deux sports, mais il devait choisir », d’expliquer Klanow. « Je me rappelle du moment où Jeff est venu me voir dans mon bureau. Il était vraiment déchiré parce que son père était un joueur professionnel et que le baseball faisait partie de la famille. J’ai dit à Jeff ‘‘ Je crois vraiment que tu grandis en tant que joueur. Je crois que tu as tout le potentiel du monde. Tu vas être capable de faire des grandes choses avec ton hockey, mais ça doit devenir ta vie.’’ C’était dur pour lui, mais il savait qu’il devait parler à son père et lui dire. Il n’avait pas à se sentir mal cependant, parce que Dan était totalement compréhensif. »

En rétrospective, il est juste de dire que Petry a fait le bon choix. Pas longtemps après que la saison pris fin, le défenseur talentueux a attiré l’attention du futur entraîneur des Buccaneers de Des Moines (USHL), Todd Knott, lors d’un camp à Orchard Lake. Knott a aussitôt exprimé son intérêt envers Petry, à qui il restait encore un an de hockey avec les Eaglets. Même si Petry ne s’est pas engagé à rejoindre les rangs de la USHL immédiatement, Knott a gardé un œil sur le défenseur, l’amenant même en Iowa pour une visite qui s’avéra fructueuse.

« Lorsque Knott a appelé et a dit qu’il voulait que Petry s’envole vers Des Moines, sa mère, son père et moi avons eu une longue discussion. Je croyais que c’était la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Ils y sont allés avec lui, il a fini par jouer un match ou deux et il a été fantastique. Todd m’a appelé pour me dire que les Buccaneers étaient prêts à le prendre immédiatement. Lorsqu’il m’a dit ça, j’étais absolument pour », a mentionné Klanow. « Pour l’école, c’était dur de perdre un joueur comme lui. Nous ne voulions pas le perde, et nous ne voulions pas perdre un joueur avec ce type de caractère, spécialement à sa dernière année au secondaire. »

Petry est pour toujours reconnaissant envers Klanow pour son aide à ce point dans sa carrière. Il l’a aidé à composer avec l’inévitable pression de faire des choix de carrière à un si jeune âge, supportant Petry de toutes les façons possibles à cette époque.

Petry et ses coéquipiers lors des célébrations de leur championnat d’État.

« À ma dernière année, tout le monde me disait de ne pas me presser. Même les gens de mon école me disaient de ne pas aller dans la USHL et que je devais rester à Orchard Lake. Brian, lui, m’a dit que la meilleure chose à faire », d’expliquer Petry, qui a disputé deux saisons avec les Buccaneers, avec qui il a non seulement remporté la Clark Cup en 2006, mais a aussi été sélectionné deux fois sur l’équipe d’étoiles et nommé Défenseur de l’année dans la USHL en 2007 avant de faire le saut a Michigan State University pour trois saisons. « Il perdait un joueur, mais il savait que c’était la bonne décision. Il a priorisé mon succès à ceux de son équipe. »

Petry et son ancien mentor sont restés proches. Le numéro 26 des Canadiens visite Orchard Lake lors des voyages à Détroit durant la saison, et travaille aussi avec les enfants dans des camps de hockey l’été lorsqu’il demeure à West Bloomfield au Michigan. Connaissant très bien Petry, Klanow n’est pas surpris du tout de voir le vétéran de cinq saisons dans la LNH aussi terre-à-terre.

« Le Jeff Petry que vous voyez maintenant est le même qu’à l’école secondaire. Il ne change pas. Il est un modèle pour plusieurs enfants à St.Mary’s en raison d’où il vient. Il a commencé ici. Maintenant, vous voyez où il est rendu. Ça permet de faire rêver et de donner de l’espoir aux enfants », de conclure Klanow, qui était très heureux de voir Petry signer un contrat de six ans avec les Canadiens le 2 juin dernier. « Je suis simplement heureux qu’il ait atteint son plein potentiel. ‘Potentiel’ est un simple mot pour plusieurs enfants. C’est quelque chose qu’on essaie de leur transmettre. Ne soyez pas simplement satisfaits d’avoir du potentiel. Soyez sûrs de l’atteindre. »

Le cas de Jeff Petry en est un parfait exemple.

Matt Cudzionwski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Régis.

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