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Vers la LNH: Dustin Tokarski

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – La route de Dustin Tokarski vers la LNH a été parsemée d’embûches, mais cela ne l’a pas arrêté pour autant.

Le gardien des Canadiens en a fait du chemin depuis l’été 2004, alors qu’il cumulait les camps d’entraînement en Saskatchewan, dans l’espoir de se trouver une place au sein d’une équipe Midget AAA. C’est là que l’ascension de Tokarski dans le monde du hockey professionnel a débuté.

«C’est là que ma carrière a commencé », explique Tokarski qui a été retranché de quelques camps d’entraînement cet été-là, avant que son chemin ne croise celui de Tim Leonard. «Il m’a donné ma chance. Au cours de cet été, j’avais tenté ma chance auprès de plein d’équipes Midget AAA et ça ne fonctionnait pas. C’est lui qui a finalement vu quelque chose en moi que les autres n’avaient pas vu et qui m’a donné ma chance.»

Tim Leonard est encore entraîneur des Mintos de Prince-Albert après un passage avec les Raiders dans la WHL. Plus de dix ans plus tard, il se souvient très bien du moment où la mère de Dustin, Darlene, est venue cogner à sa porte.

«L’histoire de Dustin est plutôt spéciale. Il n’arrivait pas à se trouver une équipe Midget AAA en Saskatchewan. Nous avons reçu un appel de sa mère. Ça faisait quatre ou cinq équipes qui le retranchaient », se souvient l’entraîneur. «Nous l’avons appelé pour lui offrir un essai. Dès le premier entraînement je me suis rendu compte qu’il avait du talent. Le reste, c’est de l’histoire, avec la conquête de la Coupe TELUS. Nous avons une excellente relation. Je me suis fié à lui, il a apprécié et a saisi l’occasion.»

Après avoir passé une saison dans l’organisation des Mintos, le gardien était déterminé à amener son jeu à un autre niveau. Au cours de l’été 2005, il s’est entraîné de façon intensive, entraînement qui a porté ses fruits, tellement que Leonard a dû arrêter un test physique pour cette raison.

«À l’époque pendant les tests d’endurance de début de saison, nous faisions des redressements assis au son du test léger-boucher [beep test]. Nous l’avons arrêté après 1000 redressements. Il y avait des gars vraiment en forme qui en faisaient 500 ou 600. À 1000, il avait encore un sourire aux lèvres », se souvient Leonard. «Il avait tellement travaillé ses muscles abdominaux. Il avait appris d’un entraîneur de gardien que c’était vraiment important, alors il a travaillé. Il s’est entraîné fort au cours de cet été-là. Ça a été un tournant. Il voulait en faire plus, mais on a dû l’arrêter (rires).»

À sa deuxième saison dans l’uniforme des Mintos, Tokarski a levé son jeu d’un cran et a aidé sa troupe à mettre la main sur le trophée le plus convoité du hockey Midget au Canada, la Coupe TELUS.

«Il a été extraordinaire lors de l’année où on a gagné la Coupe TELUS. Nous avions une équipe incroyable. Ce n’était pas la plus talentueuse, mais notre éthique de travail était inégalée. Si je me souviens bien, au cours de cette saison, nous avons disputé un total de 30 matchs qui se sont terminés par un écart de seulement un but », souligne le pilote des Mintos, mettant ainsi en lumière le brio présenté par son gardien. «C’est de la façon que Dusty fonctionne. S’ils en marquaient un, je savais qu’on n’en avait besoin que de deux. S’ils en marquaient deux, trois buts de notre côté allait être assez pour nous faire gagner le match.»

D’ailleurs, le match ultime de la conquête de la Coupe TELUS représente l’exemple parfait d’un match serré comme pouvait en disputer Ticker. Après avoir enregistré six victoires de suite et présenté une fiche parfaite, les Mintos ont affronté les Buffaloes de Calgary, dans un match aux proportions épiques, qui s’est terminé 5 à 4 en troisième période de prolongation, le plus long dans l’histoire de la coupe.

Selon Leonard, le Dustin Tokarski d’aujourd’hui est exactement comme le Dustin Tokarski de l’époque : toujours aussi gêné et avare de paroles.

«C’est toujours le petit gars gêné qu’il fût dans le temps. Il n’a pas beaucoup changé. Nous ne parlions pas beaucoup. Entre nous, c’était plus des hochements de tête, des sourires et des clins d’œil », se remémore l’entraîneur. «Quand je voulais savoir s’il était prêt pour jouer, je le regardais en hochant la tête et il répondait avec un sourire ou un clin d’œil. Je savais alors qu’il était prêt. C’était notre façon de communiquer. Ce n’est pas le gars le plus vocal, mais il est tout de même très expressif. »

Maintenant que son ancien protégé est établi dans la LNH, le pilote des Mintos avoue suivre avec grand intérêt ses performances.

«Toute la communauté ici le soutien grandement. Il y a de nombreux partisans des Canadiens ici en Saskatchewan. Quand il a participé aux séries, il a fait probablement changer la moitié des habitants de cette province d’allégeance », lance l’homme qui lui a donné une réelle chance de percer. «Je m’inclus là-dedans. J’étais partisan des Penguins, mais je regardais les matchs avec ma femme et nous ne nous cachions pas pour encourager les Canadiens.»

Une coupe Memorial, une coupe Calder, une médaille d’or au Championnat du monde junior, autant de réussites pour Tokarski qui ne seraient jamais arrivées s’il n’avait jamais persévéré lors de son adolescence.

«J’avais 15 ans à l’époque alors c’est certain que j’étais encore un peu fragile. Mais j’avais de bons amis, une famille qui me supportait. C’était la clé de savoir que tous ces gens croyaient en moi », confesse Tokarski qui évoluait au niveau bantam AA avant de passer dans les rangs midget. «Ils m’avaient dit d’avoir du plaisir et de croire en mes moyens. À chaque jour qui passe, j’y crois de plus en plus. C’est vrai ce qu’ils disaient. Si j’avais été choisi par une autre de ces équipes, qui sait où je serais aujourd’hui. »

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com.

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