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Vers la LNH : Brendan Gallagher

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Avoir du cœur au ventre, ça ne s’apprend pas. Mais pour tout le reste, Brendan Gallagher peut remercier ses entraîneurs.

Brendan Gallagher considère son père Ian comme ayant eu une influence majeure dans sa jeunesse. Non seulement a-t-il été son entraîneur pendant quelques années, mais il a également été son entraîneur de conditionnement physique alors qu’il se trouvait avec les Giants de Vancouver. Mais il faut remonter à plus loin pour comprendre exactement quel genre de personnes ont influencé le parcours du sympathique attaquant.

«Un jour, alors que John Glen était mon entraîneur, nous jouions contre une mauvaise équipe. Nous devions gagner. Mais c’était trois à trois. Avec cinq secondes à faire, je suis sauté sur la glace et j’ai marqué. Je me sentais comme le héros du match », se souvient Gallagher, qui a rapidement déchanté par la suite. «Ensuite, John m’a crié après me demandant où j’avais été au cours des 59 minutes précédentes. J’ai appris ma leçon. Je ne devais pas simplement me présenter pour 10 secondes. Je devais jouer pendant 60 minutes. »

Bien qu’il ne se souvienne plus précisément de cette anecdote, Glen, qui est aujourd’hui recruteur pour les Giants, avoue que c’est probablement exactement ça qui s’est passé.

«Il a toujours été ultra compétitif. Il n’a jamais pris en considération sa taille parce qu’il a toujours eu le plus grand cœur qui soit. Ça n’a jamais eu d’importance parce qu’il travaillait plus dur et plus fort que n’importe qui sur la glace. Et ça, c’était dès le niveau novice», explique celui qui est également entraîneur des Saints de Spruce Grove dans l’AJHL.

Et ce n’est pas que le temps passé à l’aréna qui a fait de Brendan Gallagher le type de joueur qu’il est aujourd’hui.

«Sa maison d’enfance était adossée à un lac », se souvient Glen, qui était co-entraîneur avec Ian à cette époque. «Chaque hiver, son père Ian déneigeait le lac pour créer une patinoire. Ils pouvaient sortir directement de leur sous-sol et sauter sur la glace. Ian s’est assuré que Brendan y était chaque jour pour patiner, s’entraîner avec des cônes et ce genre de choses. Il est devenu très talentueux, à même ce lac. »

Si Gallagher a appris quelques notions de base du travail en équipe de la part de John Glen, c’est à un autre entraîneur, Jim Voytechek qu’il fait référence lorsqu’il est question de discipline et de capacité à encaisser les coups des joueurs adverses avec le sourire.

«À mes débuts, Jim Voytechek m’a enseigné ce qu’était la discipline. Parfois tu veux frapper un gars en avant du filet et tu écopes d’une pénalité stupide. Peu importe ton talent, après, tu passais du temps sur le banc », se remémore Gallagher. «On apprend la discipline jeune. Tu apprends quel est le bon moment pour ce genre de chose, pour défendre tes coéquipiers. Quand tu faisais un jeu égoïste, tu t’assoyais sur le banc et tu passais ton tour. »

C’est aussi à cette époque qu’il a appris que lorsque tu reçois un coup, tu dois quand même te tenir droit et jouer malgré l’inconfort et la douleur. Et surtout, qu’il a appris à ne jamais, au grand jamais, jouer la comédie.

«Je me souviens d’une fois où j’ai marqué en tombant sur le filet. J’ai joué la comédie et prétendu avoir mal pour attirer de la sympathie. Il y avait un règlement qui disait que si tu restais étendu sur la glace et que l’entraîneur venait te chercher, tu devais rater trois présences. J’ai marqué, je me sentais bien, mais l’entraîneur a dû venir me chercher », se remémore l’ailier droit, repêché en cinquième ronde par les Canadiens en 2010. «Quand je me suis levé pour sauter sur la glace pour ma présence suivante, ils m’ont assis et m’ont rappelé que je devais sauter quelques tours. Aujourd’hui quand je suis blessé, je m’arrange pour quitter la patinoire. Ce sont de petites choses comme ça. »

Aujourd’hui employé d’une entreprise de chemins de fer, Voytechek regarde son jeune protégé d’antan et celui qu’il voit ressemble en tous points à celui qu’il a connu, il y a de cela une quinzaine d’années.

«Quand on le regarde aujourd’hui, c’est exactement le même genre de joueur qu’il était à l’époque. Je me souviens qu’il sortait son sac du camion et courrait jusqu’au vestiaire, vraiment excité de voir tout le monde », témoigne Voytechek. «Il était impatient d’aller à l’aréna. Tous les jeunes de son âge l’étaient, mais chez lui c’était spécial. Je ne crois pas qu’il savait à quel point il était bon. Il était seulement vraiment content de voir ses amis. »

Tellement heureux qu’il avait le sourire accroché au visage. Vous savez, ce sourire qui fait plaisir quand on est partisan des Canadiens, mais qui fait rager les joueurs adverses.

«Il a ce sourire depuis toujours. Maintenant qu’il est au niveau professionnel, c’est un peu pour narguer les joueurs adverses. Quand il souriait à l’époque, c’était pour le succès de l’équipe, mais aussi parce que quelqu’un avait tenté de le frapper ou quelque chose du genre. Il souriait parce qu’il savait qu’il avait le dessus », convient son ancien entraîneur, ajoutant que la charpente de 5-pieds-9 a certainement eu un impact sur le cœur et la détermination du jeune homme. «Quand il est arrivé au niveau pee-wee, tout le monde pensait qu’il allait se faire ‘’brasser’’. Mais c’est dur de frapper un joueur qui bouge tout le temps. C’est une cible mouvante. Il était capable de faire la passe avant de se faire frapper. Il voyait le jeu, il voyait l’adversaire foncer sur lui. »

Toutefois, en raison de sa taille, Gallagher a dû, à chaque niveau, repartir à zéro pour prouver à tous ce dont il était capable.

«J’ai toujours eu à me prouver à chaque fois que j’arrivais quelque part. Au départ, tu dois faire tes preuves. Même dans les rangs juniors. Quand j’ai commencé l’année, j’étais 13e attaquant et à la fin, je me retrouvais sur le premier trio », mentionne celui qui détient le record des Giants de Vancouver dans la WHL pour le nombre de buts et le nombre de points en carrière. «Ça a été la même expérience à Montréal et j’ai su saisir ma chance. »

En effet Brendan, tu as su saisir ta chance. Et le contrat de six saisons paraphé en novembre dernier en est la preuve.

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com.

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