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Une amitié éternelle

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Jean Béliveau a touché bien des gens au cours des années. Ses anciens coéquipiers peuvent en témoigner mieux que quiconque.

Au lendemain du décès du légendaire homme, âgé de 83 ans, ceux qui l’ont connu ont été nombreux à partager les bons souvenirs vécus aux côtés de celui qui a remporté dix coupes Stanley et qui a été capitaine des Canadiens de 1961 à 1971, avant d’ajouter sept autres conquêtes avec l’administration du Tricolore.

«Je me souviens de la première fois où je me suis retrouvé dans le même vestiaire que Jean. Je le fixais du regard et j’avais de la difficulté à attacher mes patins. J’étais tellement excité d’être là. C’était un des meilleurs joueurs de hockey qu’il m’a été donné la chance de côtoyer », confie Guy Lapointe, qui a joué en compagnie de son ami lors de sa saison recrue dans la LNH, en 1970-1971, ce qui s’est également avérée être la vingtième et dernière de M. Béliveau avec le Tricolore, avant d’accrocher ses patins. «C’était un grand homme et il avait énormément de classe. Il respectait tout le monde. C’était un gentleman et il servait d’exemple pour nous, les joueurs. »

En plus de démontrer à Lapointe et à ses coéquipiers l’importance du travail d’équipe, M. Béliveau a aussi montré à d’innombrables jeunes des Canadiens la façon d’agir avec les gens qui comptent le plus dans le monde du hockey : les partisans.

«Je me souviens d’une journée où nous signions des autographes, à mes débuts. Jean était tellement patient. Il souriait et parlait à tout le monde. C’était à ma première année et étant plus jeune, je trouvais que la période de signatures commençait à s’étirer. Je ne m’appliquais pas vraiment en autographiant des items », se souvient Lapointe, qui n’a que des éloges sur la façon dont M. Béliveau répondait aux demandes, petites ou grandes. «Il m’a pris par le bras et m’a dit ‘Guy, les gens t’aiment. Ils attendent pour toi. Signe ton nom de façon à ce qu’ils puissent savoir de qui il s’agit. Tu dois démontrer du respect envers les partisans.’»

Le respect et l’humilité sont des qualités qui ont défini M. Béliveau au cours de sa vie entière. Même lorsque son état de santé s’est détérioré au cours des récentes semaines, le gagnant de deux trophées Hart a insisté pour parler directement à Guy Lapointe, après que celui-ci ait vu son chandail #5 être hissé dans les hauteurs du Centre Bell, le 8 novembre.

«Quand les Canadiens ont retiré mon chandail il y a quelques semaines, j’ai reçu un appel de Réjean Houle. Il avait reçu un courriel de la femme de Jean, Élise, lui disant que Jean voulait me voir. Je voulais aussi le voir et j’y suis allé le lendemain matin », se souvient Lapointe. «C’était tout un honneur. Sa santé n’était pas très bonne, mais il pouvait toujours parler. Il avait un grand sourire. Je me suis approché de lui et il m’a attrapé la main. Il m’a dit qu’il était content pour moi. C’est le genre d’homme qu’il était. C’était un moment très spécial pour moi. »

Tout comme Lapointe, Réjean Houle se souvient de Jean Béliveau comme d’un homme plus grand que nature, quelqu’un qui personnifiait la classe et qui s’impliquait à fond dans tout ce qu’il entreprenait.

«Je me souviens de notre première visite à l’hôpital Sainte-Justine. Quand tu es un jeune joueur et que tu vas visiter des enfants malades en présence de Jean Béliveau, c’est toute une expérience. Ça te fait réfléchir. Tu te rends compte que dans la vie, il y a des choses plus importantes que l’argent, le sport et la gloire. La santé de nos enfants passe avant tout », explique Houle qui est aujourd’hui président de l’Association des Anciens Canadiens. «C’est la raison pour laquelle il était tellement impliqué avec la Fondation des Canadiens pour l’enfance. Pour lui, c’était important que les enfants aient tout le nécessaire pour bien grandir. »

Pour Houle, qui a été témoin des multiples implications de M. Béliveau, y compris la mise sur pied de la Collecte de sang annuelle des Canadiens, la plus grosse au Canada, l’héritage du #4 va bien au-delà des limites de la patinoire.

«Le trophée Jean-Béliveau est donné au joueur qui s’implique le plus dans la communauté. Ce n’est pas pour rien. Il laisse derrière lui un héritage qui est beaucoup plus grand et important que ses 500 buts et 700 passes », rappelle Houle, qui a remporté la coupe Stanley avec M. Béliveau et Lapointe en 1970-1971, aidant les Canadiens à défaire les Blackhawks en sept matchs. «Il a tellement été impliqué au cours des années et l’héritage qu’il laisse est exceptionnel. »

Le gagnant de six coupes Stanley, Dickie Moore, partage le même genre d’émotion lorsqu’il se souvient de M. Béliveau, avec qui il a joué pendant 11 saisons dans l’uniforme des Canadiens. Les deux hommes avaient d’ailleurs été nommés sur l’équipe de rêve des Canadiens lors du 75e anniversaire de l’équipe, en compagnie de Toe Blake, Jacques Plante, Doug Harvey, Larry Robinson, Maurice Richard et Aurèle Joliat.

«Il a été un capitaine fantastique. C’était un leader. Il ne parlait pas beaucoup, mais menait par l’exemple. Lorsqu’il faisait quelque chose, il l’accomplissait de façon brillante. Il faillait essayer de le suivre. Et quand on réussissait à le faire, c’est là que les miracles arrivaient. C’est comme ça qu’on a gagné cinq coupes Stanley de suite [entre 1956 et 1960] », explique Moore. «Dans la vie, Jean était toujours inquiet pour la santé et le bien-être de tout le monde, incluant ses coéquipiers. Quand quelqu’un avait un moment difficile, il essayait toujours de trouver une façon d’aider. C’est le genre d’homme qu’il était. C’était un grand homme. »

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com.

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