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Un vrai guerrier

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Est-ce qu’Alexei Emelin tentait délibérément de lancer un message à Milan Lucic en début de match contre Boston, le 16 octobre?

«Non, non,» insiste le défenseur de 28 ans, qui 18 mois auparavant, a assené une mise en échec à Lucic qui s’est mal terminée, alors qu’Emelin a subi une blessure au genou qui l’a forcé à mettre fin à sa saison et à rater les six premières semaines du calendrier 2013-2014. «Jouer contre Boston n’est pas vraiment spécial pour moi. C’est un match comme un autre. »

Mise en échec d'Emelin sur Lucic

Bien que ce soit probablement le cas, les entraîneurs et coéquipiers d’Emelin louangent la contribution physique du défenseur russe et sa capacité à élever son jeu d’un cran lorsque nécessaire, peu importe l’opposition. Pour eux, cette capacité a été vitale de plus d’une façon en ce début de saison 2014-2015.

«C’est un des leaders en défensive depuis le jour où je suis arrivé ici. Il joue sans peur et il donne de violentes mises en échec à des joueurs clés de l’autre côté. [Il est] toute une étincelle pour nous. Personnellement, ça me fouette », a offert Alex Galchenyuk, qui, comme Andrei Markov, discute souvent avec Emelin dans sa langue maternelle. «Je suis toujours surpris par Alexei. On est dans l’avion ou dans l’autobus et je lui demande sans arrêt comment il fait. Il aime le jeu physique. Ça fait partie de la passion qu’il met au travail. C’est amusant de voir ça du banc, c’est certain.

«C’est un peu comme quand un combat éclate ou qu’un gros but est marqué. C’est comme ça que les matchs se construisent. Ils se bâtissent sur un momentum. Ça ne va pas bien à tous les matchs, alors il faut espérer ce momentum. Une bonne mise en échec peut changer un match », a ajouté Galchenyuk, qui est coéquipier d’Emelin depuis ses débuts dans la LNH, en 2012-2013. «Alexei peut vraiment donner de l’énergie aux gars, que ce soit en début, en milieu ou en fin de match. On est chanceux de l’avoir. »

Il s’agit du consensus dans le vestiaire des Canadiens, alors que le meneur au chapitre des mises en échec au cours des trois dernières campagnes gagne chaque jour un peu plus de respect avec sa capacité à jouer un style robuste, mais propre, soir après soir.

Alexei Emelin préconise un jeu plutôt robuste. Parlez-en à ses adversaires.

«Il joue un style abrasif. Ça ne veut pas dire de se battre. Il a un côté “papier sablé”. C’est son identité, d’être abrasif autour du filet et de l’être aussi en appuyant l’attaque, tout en étant discipliné», a expliqué l’entraîneur adjoint Jean-Jacques Daigneault, qui a aidé Emelin à peaufiner son jeu depuis qu’il s’est joint au personnel d’entraîneur en juin 2012. «C’est ce qu’Emmy est. Un bon défenseur défensif qui se dit “je vais te faire payer le prix, je vais être dans ta figure”. Il peut établir le tempo d’un match ou générer de l’émotion. C’est Alexei, un atout indispensable à avoir dans une équipe de hockey. »

Mais le vétéran de quatre saisons dans la LNH ne contribue pas seulement aux succès des Canadiens en se lançant, épaule première, sur ses opposants. De retour à son côté naturel, aux côtés du récipiendaire du trophée Norris P.K. Subban, le natif de Togliatti, en Russie, peut faire ses preuves défensivement et offensivement, démontrant des améliorations notables dans les deux facettes de son jeu.

«Ça bénéficie à Emmy d’être de retour de son bon côté, à gauche. Il obtient de bons tirs de la ligne bleue qui se rendent au filet et nos attaquants sont en mesure de faire dévier. La saison dernière, on se fiait toujours sur le tir sur réception d’Andrei Markov. Maintenant on travaille pour lui amener la rondelle de son côté fort, puis de se diriger vers la bande et regarder les lignes de tir », a offert Daigneault, qui croit que le désir d’apprendre et son niveau de confort accru sont des éléments qui font d’Emelin un joueur beaucoup plus complet. «Défensivement, il se fait prendre moins souvent en position arrêtée. Pivoter est plus naturel de son côté gauche. Il est plus rapide sur les rondelles et il se sert bien de son bâton cette année, surtout autour du filet. Il bloque des tirs. C’est un nouveau départ pour lui du côté gauche et son niveau de confiance n’en est qu’augmenté. »

Partenaire d’Emelin à la ligne bleue, Subban ressent également ce changement chez l’Olympien de 28 ans, qui veut participer à l’offensive lorsque le temps est venu.

«Il peut tout faire. Je ne crois pas que les gens lui donnent assez de crédit pour son talent offensif et ce qu’il apporte au jeu. Il a un flair offensif. Il peut trouver des gars, tirer la rondelle et l’envoyer en direction du filet de n’importe où. Il fait un excellent travail pour sortir la rondelle de la zone. Il devrait obtenir plus de crédit pour ça », a souligné Subban, qui avoue communiquer avec Emelin sur la glace grâce à quelques mots russes appris, mots qu’il a toutefois de la difficulté à répéter. «Il est plus confortable sur la glace. Je suis content de jouer avec lui et je suis heureux qu’il joue aussi bien.»

D’amener Emelin au point où il est aujourd’hui n’a pas toujours été un processus facile se souvient Daigneault. L’ancienne étoile de la KHL a connu des moments difficiles lorsqu’il a rejoint les Canadiens en novembre 2013, après des interventions aux ligaments croisés antérieur et médian du genou gauche. Après avoir présenté un différentiel de moins-12 lors des 10 matchs précédents le premier jour de la nouvelle année, en janvier, Emelin a été laissé de côté lors de la rencontre à Dallas.

«On a travaillé pas mal avec Emmy l’an dernier. Je me souviens d’une session vidéo à Dallas où je lui ai montré 20 clips de ce que je n’aimais pas dans son jeu. Je lui ai dit “digère-les et plus tard ce soir, je vais te montrer 20 clips de choses que j’aime dans ton jeu. ” C’était en avant-midi, puis en après-midi. On est parti de ces bases. Il savait qu’il devait s’améliorer et ce qu’il devait faire pour y arriver », a confié Daigneault qui croit que d’avoir permis à Emelin de regarder cette rencontre du haut de la galerie de presse aura été plus que bénéfique à long terme. «Il a progressé à partir de ce moment. Quand tu sens que tu ne joues pas à ton meilleur, ta confiance tombe et la seule façon de la rebâtir c’est d’avoir du succès. Il a eu un excellent camp d’entraînement. Il est en santé. Il a une saison de plus derrière la cravate. J’aime la façon dont il évolue dans notre concept d’équipe.»

Cette adoption du concept d’équipe se reflète bien dans la rapidité avec laquelle Emelin et Subban ont formé un duo efficace aussi rapidement.

«Les deux ont un excellent jeu de passe et se complètent bien en défensive. Jusqu’ici, je suis très heureux de la façon dont ils se sont comportés et comment ils se supportent. La chimie est bien là », a offert Daigneault, faisant l’éloge de la manière dont les deux joueurs se complètent. «Lorsqu’ils gardent les choses simples avec leurs passes, ils sont toujours en bonne position. »

Avec cela en tête, on peut facilement affirmer que le solide défenseur continue de progresser à grand coup de patin, avec chaque saison, chaque match qui passe.

«Ce n’est pas qu’un bon départ pour moi », a conclu Emelin, qui compte cinq points en cinq matchs en 2014-2015. «C’est un excellent départ pour toute l’équipe. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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