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Un parcours enrichissant

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Les dernières semaines ont été plutôt occupées pour Victor Bartley.

Depuis son acquisition le 15 janvier dernier dans un échange à trois équipes entre les Canadiens de Montréal, les Coyotes de l’Arizona et les Predators de Nashville, Bartley a passé un peu de temps avec le grand club avant d’être cédé aux IceCaps de St. John’s dans la AHL cinq jours plus tard. Malheureusement, le défenseur de 27 ans s’est blessé à son premier match avec les IceCaps le 20 janvier à Bridgeport.

Malgré cet inconvénient à un moment inopportun, le vétéran de quatre ans dans la LNH a plusieurs raisons de sourire, compte-tenu qu’il se trouve maintenant au sein d’une organisation intéressée de découvrir ce dont il est capable.

« Ils me veulent définitivement ici, donc je suis très emballé par cette opportunité. Je n’ai pas été très longtemps à St. John’s. Je me remets de ma blessure et je tente de recommencer », a dit Bartley, qui compte 112 matchs dans la LNH à son actif – tous dans l’uniforme des Predators – depuis son tout premier en 2012-2013, lors desquels il a amassé un but et 23 points. « Cette année a essentiellement été remplie de frustrations. Je n’avais pas le temps de glace que je souhaitais à Nashville. Certaines choses se sont produites et j’ai pu jouer beaucoup plus à Milwaukee [avec le club des Predators dans la AHL]. Je jouais bien. Je suis excité d’être avec une nouvelle équipe, par contre. Je veux intégrer l’alignement et y rester. Je suis un joueur de la LNH. Après un ou deux matchs, je pourrai le prouver. Mon but est de retrouver la santé et de me préparer à revenir au jeu avec les Canadiens et de pouvoir contribuer. »

À six pieds et 208 livres, Bartley amène avec lui un penchant pour servir de solides mises en échec et pour sacrifier son corps pour empêcher l’équipe adverse de noircir la feuille de points. Lors de son passage à Music City, Bartley a cumulé 195 mises en échec et bloqué 165 tirs, et ce, en obtenant un peu plus de 15:30 de temps de glace par soirée.

« Aujourd’hui, les défenseurs se portent plus à l’attaque et l’accent est moins mis sur l’aspect physique du jeu. C’est quelque chose que j’aime amener – jouer de façon physique dans ma zone, servir des grosses mises en échec, bloquer des tirs. Ce sont des choses qui me rendent fier », a expliqué Bartley, qui avait fait sentir sa présence lors des séries éliminatoires l’année dernière, alors qu’il avait distribué dix mises en échec en quatre sorties contre les Blackhawks de Chicago. « C’est une chose qu’on a tendance à oublier mais qui peut avoir beaucoup de valeur pour une équipe, en particulier en désavantage numérique. C’est définitivement une de mes forces. »

Ça a certainement aidé la cause de Bartley d’apprendre les rouages de la LNH depuis quelques saisons sous le regard attentif de l’entraîneur adjoint des Prédateurs et membre du Temple de la renommée Phil Housley, qui a joué 1495 matchs à la ligne bleue de huit équipes différentes lors de sa brillante carrière s’échelonnant sur 22 années.

« Son mot d’ordre était "Si tu vois un jeu, fais-le. N’hésite pas. Sois confiant en ton habileté de prendre des décisions." Spécialement avec le type de jeu que je devais jouer là-bas, je devais être bon dans ma zone, défendre mes coéquipiers et constamment faire des mises en échec. Dans le junior et dans les mineures, j’étais plutôt un gars qui amassait des points, mais j’ai dû adapter mon jeu pour survivre dans la LNH », a admis Bartley, qui faisait compétition à des joueurs comme Shea Weber, Roman Josi, Ryan Ellis, Mattias Ekholm, Seth Jones et Barret Jackman pour une place à la ligne bleue de Nashville plus tôt cette saison, ce qui est loin d’être une tâche facile. « C’est une chose à laquelle je me suis habitué. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus plaisant, mais tout le monde a un rôle dans leur équipe. Là-bas, mon rôle était d’accepter leur système et je crois que c’est ce que j’ai fait, du mieux que je le pouvais. Phil a vraiment ajouté à mon jeu, et je lui posais constamment des questions. »

Housley fait partie des nombreux mentors qu’a eu Bartley depuis ses débuts au hockey à Ottawa – où il a vécu jusqu’à l’âge de 5 ans – avant que sa famille ne s’établisse à Maple Ridge, en Colombie-Britannique après que son père soit envoyé près de Vancouver avec les Forces armées canadiennes. Il a par la suite joué cinq années de hockey junior avec les Blazers de Kamloops et les Pats de Regina dans la WHL avant de faire le saut avec les pros.

Sans avoir été repêché par un club de la LNH, Bartley a porté les couleurs de deux équipes de la AHL, less Bruins de Providence et des Sound Tigers de Bridgeport, en plus de jouer pour les Grizzlies de Utah and la ECHL, avant de se rendre de l’autre côté de l’océan dans la deuxième division en Suède pour jouer pour le Rögle BK en 2010-2011. Il a profité de l’opportunité pour faire sa marque en Europe, se classant au deuxième rang de tous les défenseurs de la ligue aux chapitres des points et des mentions d’aide en plus de se retrouver troisième pour les buts.

« C’était une étrange situation. Quand j’avais 21 ans, j’étais toujours entre Utah et Bridgeport. J’ai disputé 21 matchs dans la ECHL, puis j’ai été rappelé par la AHL. Je jouais bien, puis je me suis déchiré le triceps. Ma réhabilitation a duré presque six mois. Les équipes étaient hésitantes à tenter leur chance avec moi en raison de ma blessure, donc je me suis tourné vers la Suède. J’y suis allé sans avoir d’attentes. J’étais là-bas pour avoir du plaisir. Et c’est là que mon jeu s’est redéfini et s’est amélioré », a raconté Bartley, qui a amassé 11 buts et 34 points en 52 rencontres avec Rögle cette saison. « J’aimais le hockey. Le jeu est tellement différent là-bas. Le jeu est grand ouvert. Si j’étais resté en Amérique du Nord à me battre entre la AHL et la ECHL, j’y serais probablement encore. C’est une décision qui a eu un impact sur ma vie. »

Le succès de Bartley en Scandinavie l’a mené à signer son premier contrat dans la LNH en mai 2011, un contrat de deux ans à deux volets avec Nashville. Il s’agissait de l’aboutissement du rêve d’une vie qui s’est réellement réalisé presque deux ans plus tard, alors qu’il portait un uniforme de la LNH pour la toute première fois le 8 mars 2013 au Bridgestone Arena face aux Oilers d’Edmonton.

« C’était assurément une longue route. Une des choses les plus difficiles aura été le repêchage de la LNH. Je suis allé au NHL Combine et je croyais avoir bien réussi les tests. Les gens m’ont dit que mon nom serait nommé, et ce n’est jamais arrivé. À partir de ce moment, j’ai toujours voulu prouver aux gens qu’ils avaient tort, toujours et encore. C’est ce qui me motive jour après jour », a admis Bartley, qui a disputé 149 rencontres dans la AHL à travers les années. « Maintenant, je comprends que de ne pas avoir été repêché était presqu’une bonne chose. Je n’ai jamais été le gars avec le plus d’habiletés quand j’étais jeune, mais j’ai toujours cru que j’y arriverais en raison de mon éthique de travail. J’ai appris ça de mes parents. Ils ont toujours travaillé fort. Année après année, je jouais mieux et je surpassais d’autres gars qui avaient plus de crédits que moi. Je continuais sans cesse à m’améliorer. J’ai toujours été une personne positive et optimiste. Je crois que les bonnes choses arrivent aux bonnes personnes. »

En ce qui concerne son acquisition par les Canadiens de Montréal, Bartley a hâte de voir ce que l’avenir lui réserve.

« Ce sera génial de porter ce chandail un jour. Tout le monde connait l’histoire de cette franchise. J’ai des frissons simplement en sachant que je le porterai un jour et que je vais jouer pour une équipe canadienne. Ce sera spécial de partager à mes amis et ma famille à la maison que ça arrive vraiment », a dit Bartley, qui porte présentement le numéro 22 avec les IceCaps. « Jusqu’à maintenant, c’est un vent de fraîcheur. Les gars ont été supers avec moi à Montréal. Ça ne m’a pas pris beaucoup de temps de sentir que je faisais partie de l’équipe. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Élise Robillard

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