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Travailler pour son rêve

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Josiah Didier était un joueur très physique au niveau universitaire. Et il s’attend à la même chose chez les professionnels.

Quelques jours après la fin de ses quatre années dans la NCAA avec l’Université de Denver, le défenseur originaire de Littleton au Colorado a paraphé un contrat d’essai professionnel avec les Bulldogs de Hamilton le 31 mars pour aider les hommes de Sylvain Lefebvre à atteindre les séries de fin de saison, dans un course serrée dans la conférence de l’Ouest de l’AHL. C’est une transition pour laquelle Didier se préparait chaque jour depuis que les Canadiens l'avaient repêché au 97e rang au total à l’encan amateur de 2011 de la LNH, au Minnesota.

«Quand tu joues au hockey universitaire, tu peux vraiment voir la différence de maturité entre ta première et ta quatrième année. Ce qui m’a aidé c’est de jouer contre des hommes à un aussi jeune âge. Ça t’oblige à t’adapter et à prendre de la maturité rapidement contre des gars qui sont plus gros et plus forts que toi. Tu dois devenir fort rapidement si tu veux leur tenir tête », a offert Didier, un solide gaillard de 6-pieds-3, pesant 220 livres, qui a amassé 29 points et 203 minutes de pénalité en 148 matchs avec les Pioneers. «Ça va certainement m’aider dans le futur. La vitesse et tout le reste chez les professionnels sont bien différents. Le temps que j’ai passé à Denver m’a aidé à m’ajuster et à me préparer pour ça. C’est excitant. »

Son entraîneur à Denver, Jim Montgomery, est tout à fait en accord avec les dires de son ancien pilier à la ligne bleue. L’ancien joueur de la LNH qui a entraîné Didier à partir de la saison 2013-2014, saison où il a pris les rênes du programme, insiste sur le fait que le jeune homme de 22 ans est bien outillé pour amorcer sa carrière chez les professionnels en grand.

«Ce qu’Hamilton obtient avec lui, c’est un jeune homme incroyable qui met toujours l’équipe de l’avant. C’est un gros défenseur qui neutralise l’attaque adverse, qui protège ses coéquipiers, qui intimide physiquement les joueurs de l’autre équipe, qui aime les grosses mises en échec, mais qui a également un excellent coup de patin et qui est assez talentueux pour stopper les meilleurs joueurs de la Ligue américaine. C’est ce qu’il a fait pour nous », explique Montgomery, originaire de Montréal, qui a fait des séjours dans la LNH avec les Blues, les Flyes, les Sharks, les Stars et les Canadiens. «Ça ne fait aucun doute qu’il est physiquement prêt pour le niveau de jeu de l’AHL. Ça va être une transition facile pour Josiah. Il a confiance dans son rôle de défenseur défensif. Il maximise ses énergies quand il patine. Il sait quand aider l’offensive et ne se met jamais dans des situations compromettantes. Il était également notre meilleur élément en désavantage numérique. C’est l’avantage du hockey universitaire. Quand tu en sors, tu es prêt pour la prochaine étape. »

Didier admet toutefois que de quitter son domicile à ce moment-ci de sa carrière a un goût doux-amer. De porter l’uniforme des Pioneers était un rêve devenu réalité pour l’ancien de la USHL, qui a grandi à seulement 30 minutes de la plus grosse université privée de la région des montagnes Rocheuses américaines. Et seulement quelques jours avant de s’entendre avec les Bulldogs, Didier a participé à la première victoire du programme de hockey de Denver dans le tournoi de la NCAA depuis 2011, avançant dans le «Elite Eight » avec une victoire contre Boston College.

«Jusqu’ici, ça a été les quatre meilleures années de ma vie. Je suis très reconnaissant de la chance que j’ai eue de jouer ici. C’était dans ma propre cour. C’est là où je voulais jouer en grandissant. D’être avec ce groupe de gars, de décrocher un diplôme en administration des affaires tout en jouant au hockey, c’était spécial », souligne Didier, qui a vu son parcours se terminer avec la défaite de Denver aux mains de Providence College en finale régionale de la NCAA East, le 29 mars. «Notre but cette saison était de gagner au moins un match dans le tournoi de la NCAA parce que ce n’était pas arrivé depuis un bon moment. Nous avons été en mesure de le faire et ça prépare le futur du programme de hockey des Pioneers. Le fait que nous avons gagné le titre de la NCHC l’an dernier et un match de la NCAA cette année place le programme dans une bonne position pour le prochain groupe de gars. On laisse un bel héritage. »

Il s’agissait aussi de la meilleure expérience possible pour Didier. Le numéro 4 des Pioneers a profité de chaque seconde au sein de l’équipe qui a remporté le championnat de la NCAA sept fois, étant redevable pour chaque apprentissage fait.

«Physiquement je suis plus rapide et plus fort qu’à ma première année. J’ai pris environ 30 livres de muscles en quatre ans. Je veux avoir une présence physique dans l’AHL. C’est mon style, d’être robuste et de forcer les gars à faire des erreurs », confie Didier, qui a mené les Pioneers en 2014-2015 avec 58 minutes de pénalité et 75 tirs bloqués en 40 matchs, se voyant aussi confié le rôle d’assistant-capitaine. «Ultimement, je veux juste jouer mon style, faire tout ce qui est en mon pouvoir en zone défensive pour empêcher les gars de marquer. Je ne veux pas être un joueur que je ne suis pas. En espérant que je puisse montrer à la direction ce que je sais faire. »

En se basant sur ce qu’il a vu de Didier au cours des deux dernières campagnes, Montgomery a toutes les raisons de croire que l’Américain va atteindre son objectif.

«À sa troisième année, je me souviens que nous avions perdu un match contre Nebraska-Omaha et je trouvais que nous n’avions pas bien joué. Nous avons été intimidés. Le soir suivant, tout de suite après la mise en jeu initiale, un de leurs joueurs a tenté de traverser la ligne bleue et a été littéralement écrasé par Josiah. C’était bon de le voir dicter l’allure du match de la sorte. Il comprend comment le momentum peut changer sur une présence ou par une mise en échec. C’est ce que les gens vont aimer de lui, son amour pour l’intensité et son aspect physique. S’il se rend à la LNH, c’est pour ces raisons », louange Montgomery qui avoue que de perdre Didier et six autres joueurs au terme de cette campagne laisse un grand trou dans son vestiaire.

«Il va nous manquer sur la glace, mais encore plus dans le vestiaire, au gymnase et à l’entraînement. Il est d’un professionnel fou », ajoute Montgomery, qui voit aussi partir le finaliste au trophée Hobey Baker, Joey LaLeggia, un autre défenseur talentueux. «Le dévouement de Josiah nous manquera. Les joueurs le voyaient comme un modèle. Connaissant la culture d’équipe que tente d’implanter Marc Bergevin, il ne fait aucun doute qu’il est le type d’individu recherché. »

Maintenant, il faut seulement que Didier livre la marchandise.

«J’ai travaillé pour ça toute ma vie. Ça va devenir encore plus dur. Je le sais. Je vais travailler fort durant l’été. J’ai un préparateur physique à Denver et je vais y retourner pour être à ses côtés cet été. Il va m’aider pour la suite des choses », conclut Didier. «C’est difficile de terminer ma carrière collégiale, mais en même temps, il y a tellement de portes qui s’ouvrent. Je suis confiant en mes capacités et je suis prêt à montrer à tout le monde que je peux jouer au niveau supérieur. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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