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Site officiel des Canadiens de Montréal

Succès dans les ligues majeures

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – « À toutes les 24 heures, la terre tourne pour la personne qui était assise au sommet. »

Il s’agit d’une citation qui trouve toujours écho chez le père de Jeff Petry – l’ancien lanceur des ligues majeures Dan Petry – aujourd’hui, bien longtemps après que ce dernier ait pris sa retraite du baseball professionnel en 1991. Ces mots étaient affichés dans le bureau de son ancien entraîneur et membre du Temple de la renommée Sparky Anderson à Détroit, là où Dan a passé une grande partie de sa carrière de 13 ans, lors de laquelle il a notamment aidé les Tigers à remporter leur dernier titre des Séries mondiales, il y a 32 ans déjà.

C’est le message de modestie dans cette citation que Dan a tenté d’inculquer à Jeff et à son fils aîné, Matt, lorsqu’ils ont fait leur entrée dans le monde du sport compétitif en grandissant au Michigan. C’est l’une des nombreuses vertus que celui qui a participé une fois au Match des étoiles du baseball majeur voulait que ses garçons appliquent dans leur vie et sur le terrain – ou la glace.

Selon le Elias Sports Bureau, Jeff Petry est le seul joueur de la LNH pour qui le père a joué au baseball majeur.

« Je voulais qu’ils comprennent l’importance de toujours rester humble. Dans n’importe quel sport, mais surtout dans le sport professionnel, au niveau le plus élevé, les matchs te rendent humble. Lorsque tu arrives sur le terrain, tout le monde est bon, tout le monde a des habiletés et du talent. Cela veut dire que tu dois faire mieux que l’autre. Si quelqu’un court un kilomètre, tu dois en courir deux. C’est ce que j’ai tenté de leur enseigner », affirme M. Petry, qui a également porté les couleurs des Angels de la Californie, des Braves d’Atlanta et des Red Sox de Boston, terminant sa carrière avec une fiche de 125-104, lançant 2 080 manches et retirant 1 063 frappeurs sur des prises.

« Ultimement, tout repose sur ce qu’il y a entre tes deux oreilles. Je me souviens lorsque j’étais dans les ligues mineures. En regardant les autres gars je me disais "Comment vais-je y arriver? Ils sont bien meilleurs que moi." Tout repose sur la confiance en soi. Comment penses-tu? Qu’est-ce que tu as dans le cœur? Qu’est-ce que tu as dans le ventre? Quand tu reçois un coup, es-tu capable de te relever? En plus de l’humilité, ce sont ces choses qui font toute la différence », a ajouté M. Petry, un natif de la Californie qui se sent à la maison dans l’État des Grands Lacs.

C’est avec ces leçons en tête que Jeff a réussi à rendre son rêve de la LNH une réalité. Il a dû faire le choix entre le hockey et le baseball vers la fin du secondaire, choisissant de ne pas rester à l’école Saint Mary’s d’Orchard Lake pour sa dernière année pour rejoindre les Buccaneers de Des Moines dans la USHL et travailler avec l’entraîneur-chef Regg Simon vers la fin 2005. Dan se souvient d’ailleurs très bien d’une conversation qu’il a eue avec Simon, lui donnant la confirmation que les choses risquaient de débloquer assez rapidement pour Jeff.

Jeff pouvait compter sur de fidèles partisans lorsque les Canadiens ont visité le Joe Louis Arena pour affronter les Red Wings en décembre.

« Regg et moi avont eu de très longues discussions lorsque Jeff a abandonné le secondaire pour faire le saut dans la USHL [après avoir commencé l’année en jouant dans le AAA Little Ceasars à Détroit]. C’était ce que Jeff voulait faire et nous avons accepté. Cette saison-là, Jeff a été nommé au Match des étoiles et Regg nous a demandé si nous avions fait appel à un conseiller. Nous n’en avions pas et il nous a dit d’en chercher un car plusieurs dépisteurs l’appelaient, intéressés par Jeff. Puis il a été repêché par Edmonton cet été-là [en juin 2006] », se souvient M. Petry, qui croit fermement que Simon a eu tout un impact sur le cheminement de Jeff.

« Je sais que c’est parce que Regg avait confiance en Jeff et parce qu’il a fait en sorte qu’il rejoigne l’équipe que toutes ces choses se sont produites. C’est là que Jeff a eu une vraie chance de réussir, en jouant avec des gars comme Trevor Lewis, Kyle Okposo et Matt Read. C’était très, très spécial, de voyager à travers le centre des États-Unis pour améliorer son jeu », a ajouté M. Petry, qui a vu Jeff remporter la coupe Clark à sa première année sous la tutelle de Simon, avant de recevoir bien des honneurs l’année suivante : une sélection pour le Match des étoiles, le titre de Défenseur de l’année et le trophée Dave Tyler du Joueur de l’année dans le junior.

Puis, le 2 mars 2015, Jeff s’est dirigé vers Montréal à la date limite des transactions dans la LNH, après avoir passé un peu plus de quatre saisons à Edmonton. En un coup de téléphone, Petry est passé d’une des pires formations de la Ligue à une qui participerait aux séries éliminatoires. Dan n’avait jamais été à Montréal avant que son fils soit échangé. Lors des deux dernières saisons, ses quelques voyages au Québec pour le voir jouer lui ont ouvert les yeux.

« Lorsque Jeff a marqué son but en séries [en deuxième ronde face au Lightning de Tampa Bay] et que la chanson de but des Canadiens a joué, j’ai ressenti des frissons de la tête aux pieds. Je n’avais jamais entendu la chanson Le but (Allez Montréal) avant et je devais être vraiment attentif aux paroles pour bien comprendre. C’était aussi très spécial de voir Ginette Reno chanter l’hymne national canadien. Ça m’a frappé, le printemps dernier », a affirmé M. Petry, qui a aussi assisté au match d’ouverture au Centre Bell en octobre dernier face aux Rangers de New York. « La cérémonie du flambeau était superbe. J’étais debout et les larmes coulaient sur mon visage. Avant, je regardais les matchs sur CBC et je voyais les cérémonies d’avant-match, comme le feu sur la glace et les enfants qui patinent avec les drapeaux des Canadiens. De voir tout ça en personne – et d’être dans une ville dont j’avais tellement entendu parler à cause des Expos, des Jeux olympiques, de la langue française et de la culture – beaucoup d’émotions se sont emparées de moi. »

Jeff, Julie et Boyd étaient présents lors du match préparatoire entre les Blue Jays de Toronto et les Red Sox de Boston au Stade olympique au début du mois d’avril.

Beaucoup d’émotions, mais dans le bon sens. Dan était emballé lorsque Jeff a choisi de rester à Montréal, signant l’été dernier un contrat de six saisons avec les Canadiens jusqu’en 2020-2021. À ce moment, Jeff et sa femme, Julie, attendaient leur premier enfant, Boyd Jackson, né un peu plus d’un mois après que Jeff ait paraphé son entente avec l’équipe. Après avoir passé un peu de temps à Montréal lors des séries éliminatoires, Dan croyait que la ville était parfaite pour le jeune couple et son petit-fils.

« Je me souviens avoir dit à Jeff que, peu importe que son enfant soit un garçon ou une fille, par le temps que son contrat serait terminé, son enfant allait être presque bilingue. Ce doit être une merveilleuse façon de débuter sa vie, de pouvoir parler une deuxième langue et d’avoir grandi dans une ville avec autant d’histoire. Bien honnêtement, son passage à Montréal était tellement spécial et je ne crois pas qu’il ait eu à réfléchir très longtemps avant de signer son contrat », d’affirmer M. Petry, qui ne serait pas surpris de voir Jeff et Julie rester à Montréal à l’année longue. « J’ai dit à ma femme Christine que, dans quelques années lorsqu’ils reviendraient au Michigan, ce serait probablement pour de courtes visites car je crois qu’ils vivent très bien là-bas. Nous allons probablement devoir faire quelques voyages à Montréal l’été pour les voir et ça me va. C’est un endroit spécial. »

Si les exploits de Jeff Petry dans le monde du hockey sont bien connus, à l’extérieur de la patinoire, le numéro 26 du Tricolore a réussi à rendre son père très fier lors des dernières années, surtout lorsqu’il a obtenu son baccalauréat en justice criminelle de l’Université Michigan State en juin 2014, sept ans après s’y être inscrit alors qu’il jouait pour les Spartans.

« Ce qui me rend le plus fier, c’est que Jeff ait réussi à avoir son diplôme. Je n’ai pas été à l’école avant de jouer au baseball, donc lorsque ma carrière de joueur a pris fin, je me disais "Maintenant, je fais quoi?" Tu es encore jeune, mais tes options sont plutôt limitées. Tu dois faire quelque chose. Oui, il y a moyen de continuer à travailler dans le domaine du sport, mais c’est bien d’avoir une autre solution. Je l’admire d’avoir terminé ses études. Je sais que ça lui a demandé beaucoup d’efforts pour y arriver. C’est une chose que je n’ai pas réussi à faire et ça rend l’exploit encore plus spécial », a raconté M. Petry, qui admet que le fait de voir Jeff devenir père a aussi été quelque chose de beau à voir, lui rappelant plusieurs souvenirs du défenseur lorsqu’il était jeune.

Dan a profité de son temps avec Boyd au Michigan.

« Dès que Boyd est né, Jeff a adoré être papa. Il est immédiatement embarqué dans son rôle, changeant ses couches et lui donnant ses bains. Quand je vois ça, ça me rappelle que Jeff est toujours mon garçon. Ce sentiment ne disparait jamais. Ils seront toujours tes filles et tes garçons. Il y a eu beaucoup de changements. D’abord, c’était "mon dieu, c’est bien vrai. D’abord, il se marie, et maintenant, Jeff est un père, aussi." J’ai adoré vivre tout ça », a ajouté M. Petry, qui adore aussi son rôle de grand-père de Boyd.

Dan a également dû changer d’allégeances sportives depuis que Jeff a élu domicile à Montréal et il a tous les vêtements pour le prouver. Jeff et Julie se sont assurés lors du dernier Noël qu’une bonne partie de la garde-robe de Dan provienne de chez Tricolore Sports, afin qu’il affiche fièrement ses couleurs des Canadiens. Il a aussi ajouté plusieurs éléments des Canadiens à son temple personnel de pièces de collection dans sa maison, un coin auquel il tient énormément.

« Il y a des années, lorsqu’ils ont détruit le Tiger Stadium, j’ai récupéré mon casier. J’y ai placé quelques trucs de baseball, mais Jeff m’a donné un chandail blanc des Canadiens et M. Molson nous a donné des chandails rouges lors du voyage père-fils, en novembre dernier. Les deux chandails sont accrochés dans mon casier, avec une écharpe que nous avions reçue lors du match d’ouverture. Ce n’est plus juste un casier des Tigers, c’en est aussi un des Canadiens de Montréal », a dit M. Petry, qui adorerait ajouter un autre souvenir à sa collection, qui serait probablement son plus précieux.

« À chaque été, avant que la saison de Jeff ne commence, nous sortons tous ensemble pour un bon souper et nous lui souhaitons de passer une belle année sans blessures, mais nous lui disons aussi "Hey, va gagner la coupe Stanley." Ça représenterait beaucoup, évidemment. J’adorerais avoir une photo de lui avec son chandail des Canadiens et de moi avec mon chandail des Tigers, lui avec sa coupe Stanley et moi avec mon trophée de la Série mondiale, ensemble. Il n’y a jamais eu une combinaison père-fils dans le baseball et le hockey auparavant, encore moins deux champions du monde et nous aimerions vraiment ça », a ajouté M. Petry, qui est aujourd’hui entraîneur-adjoint à Orchard Lake où son autre fils Matt, un ancien lanceur de l’Université du Michigan, dirige le programme de baseball. « Ici, au Michigan, les gens te parlent toujours de la victoire en Série mondiale. Ils n’oublient jamais. C’est une chose très spéciale qui se produit lorsque tu es un champion. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Texte traduit par Élise Robillard.

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