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Site officiel des Canadiens de Montréal

Souvenirs d'un vieil ami

par Staff Writer / Montréal Canadiens

BROSSARD -- Comme bien des hommes forts, l’ancien pugiliste des Canadiens Todd Ewen était un coéquipier très apprécié de ses pairs.

Ewen, qui a disputé 190 matchs dans l’uniforme tricolore entre 1989 et 1993, est décédé au cours du week-end dernier à l’âge de 49 ans. Lui et Jean-Jacques Daigneault, un des trois entraîneurs adjoints de Michel Therrien, ont partagé le même vestiaire pendant quatre saisons, dont la dernière, celle de la conquête de la coupe Stanley en 1993.

« Todd, c’était un coéquipier exemplaire, une bonne personne, un bon père de famille », de se rappeler Daigneault, qui a fait ses débuts avec les Canadiens en même temps que Todd Ewen. « Il était un très bon coéquipier, quelqu’un de toujours positif. Évidemment, en tant que pugiliste dans une équipe, tu dois te soucier de tes coéquipiers. Ce n’est pas toujours facile d’aller jouer en sachant que tu vas devoir te battre contre Bob Probert ou Stu Grimson. »

Se battre contre d’autres pugilistes, c’est ce qu’il a fait tout au long de sa carrière de 11 saisons de la LNH, au cours de laquelle il a amassé 1911 minutes de pénalité. Un boulot très ingrat, rappelle Daigneault.

« En ce moment, nous devons penser à Todd Ewen – l’homme de famille, le joueur de hockey, la personne qui se souciait de ses coéquipiers, qui avait un travail difficile à faire pour gagner sa vie. Ce qu’il faisait n’était pas une mince tâche et il le faisait bien lorsqu’il jouait. »

Lui-même un bagarreur redouté à travers la Ligue, Chris Nilan a côtoyé Ewen dans le vestiaire du Tricolore en fin de carrière, lors de son deuxième séjour avec l’équipe en 1991-1992. Il se souvient particulièrement d’une bagarre que celui-ci avait livrée à son année recrue contre l’un des meilleurs cogneurs du circuit.

« Je me souviens d’une de ses bagarres contre Bob Probert. Il l’avait mis K.-O. alors qu’il ne savait même pas qui était Probert lorsqu'il est arrivé dans la Ligue », se rappelle Nilan, qui n’a toutefois jamais laissé tomber les gants lui-même contre Ewen. « C’était un bon gars d’équipe. Sur la glace, un gars qui joue ce style commande le respect. C’était un travail très difficile.»

Au-delà de ses qualités de coéquipier exemplaire, Ewen était aussi un homme très créatif, qui avait une véritable passion pour les arts, se souviennent ses deux anciens coéquipiers.

« C’était un individu très créatif, il aimait dessiner et c’était un bon musicien. Il aimait jouer à la guitare et au piano et il écrivait des chansons », de raconter Daigneault, qui a vu Ewen jeter les gants une quarantaine de fois à Montréal. « Je jouais de la guitare moi aussi et il nous est arrivé de jouer ensemble, dans un lobby d’hôtel, à exposer nos talents musicaux avec un piano et une guitare. Il était comme ça. »

« Je le voyais toujours avec ses bandes dessinées. Je discutais avec lui un jour et il m’a parlé de cette passion. Je n’avais jamais vu un joueur de hockey aussi intéressé par les bandes dessinées », se souvient Nilan, de huit ans l’aîné de Ewen. « Il les collectionnait. Il en avait acheté des très rares. Il était toujours en train de dessiner. Il faisait ses petites affaires. »

Un homme dur sur la glace, Ewen était tout le contraire à l’extérieur de la patinoire.

« Ce que je me rappelle de Todd, c’est que souvent, avant les parties, il prenait un rouleau de ruban de hockey et faisait toutes sortes d’objets avec – je ne sais pas si c’était en raison de la nervosité ou quelque chose comme ça. Des fois, il arrivait à faire des choses qu’on ne penserait jamais possibles à faire avec du ruban de hockey», de conclure Daigneault, dont les derniers contacts avec Ewen remontent à l’année de la coupe Stanley. « Il était créatif dans ce sens-là. C’était tout un coéquipier. C’est très bouleversant ce qui est arrivé. »

Vincent Régis écrit pour canadiens.com.

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