Skip to main content
Site officiel des Canadiens de Montréal

Souvenirs de la coupe Stanley - Andrew Shaw

L'attaquant des Canadiens a soulevé deux fois la coupe avec les Blackhawks de Chicago

par Joanie Godin @canadiensmtl / canadiens.com

MONTRÉAL - Satisfaction. Épuisement. Joie. Ce sont tous des mots qui viennent dans la tête d'Andrew Shaw lorsqu'il pense à ses deux conquêtes de la coupe Stanley, en 2013 et en 2015 avec les Blackhawks de Chicago.

Il y a quelques années, la Ligue nationale de hockey avait comme slogan des séries «Pas de mot». C'est que les gros gaillards qui soulevaient la coupe, chaque année, n'avaient pas de mot pour décrire cette sensation. C'est un peu comme ça que s'est senti Shaw. À part peut-être, l'avoue-t-il en riant, quelques jurons qui sont sortis sous le coup de l'émotion en la soulevant la première fois.

Alors, comment c'est d'avoir ce précieux trophée à bout de bras?

«C'est difficile à décrire. C'est un rêve qui devient réalité, c'est de la joie, de l'épuisement. Tu es juste heureux d'avoir tout donné et d'en ressortir avec le succès, c'est tout simplement satisfaisant», confie l'Ontarien de 25 ans.

«Comme enfant ayant vu le jour au Canada, j'ai grandi en aimant le hockey, en le regardant, en y jouant dans les rues avec mes amis. C'est le moment pour lequel tu as toujours travaillé, celui dont tu as toujours rêvé, comme tous les enfants», explique-t-il.

C'est une évidence, la coupe Stanley est un trophée très, très difficile à gagner. Le faire deux fois est un exploit. Ce sont deux mois de dur labeur, d'intenses batailles, de dévouement et d'émotions. Quelle est donc la clé du succès?

«Il faut regarder les séries par étape. Le premier tour, c'est deux semaines. Soit tu continues, soit c'est fini. Sachant cela, je me pousse à travailler toujours plus fort, compétitionner, tout faire ce qu'il faut pour gagner. Je vais donner tout ce que j'ai pendant ces deux semaines. Si on gagne, on continue, c'est satisfaisant, mais tu dois en vouloir plus. Tu recommences avec un autre deux semaines à se donner un peu plus», mentionne l'attaquant qui a distribué le plus de mises en échec chez les Canadiens cette saison, avec 147.

Selon lui, il ne faut pas aborder les séries en pensant à tout le chemin qu'il y a à parcourir. Le cliché «un match à la fois», c'est ce qui doit primer. 

«Tu ne peux pas te dire "je dois me battre à travers tout ça pour deux mois". Non, tu prends les deux premières semaines, et si tu gagnes, tu en veux plus. Plus tu vas loin, plus tu y crois et tu bâtis là-dessus. Tu sens que tu te rapproches de plus en plus de la coupe et le désir monte. Tu deviens affamé. Alors tu peux être en douleur, fatigué, épuisé, physiquement et mentalement, mais l'objectif ultime, c'est de soulever la coupe, alors ça aide à nourrir le corps et l'esprit», poursuit-il.

C'est cette philosophie qui a aidé les Blackhawks à remporter les grands honneurs lors des deux conquêtes auxquelles Shaw a participé. Chaque fois, l'équipe a dû surmonter de grands obstacles.

En 2013, ils tiraient de l'arrière 1-3 au deuxième tour, face aux Red Wings de Detroit. Selon Shaw, à peu près tout le monde les comptait pour battus. Mais pas les principaux intéressés.

«On savait que ça ne serait pas facile, mais on savait qu'on devait tous mettre l'épaule à la roue et travailler. Tu dois te concentrer sur le prochain match, ne pas passer au lendemain ou au match suivant. On a réussi à réduire l'écart de la série à 3-2 et lors du match no 6 à Détroit, on a encore une fois mis toute notre concentration sur ce match, pour jouer en équipe, être solides, compétitifs, tout donner, raconte le numéro 65.

«On savait qu'on était au bord du précipice, mais qu'on avait juste à travailler pour s'en sortir. On a gagné cette rencontre et lors du match no 7, le momentum avait changé. Il était en notre faveur et on a juste suivi la vague jusqu'au bout. On a gagné en prolongation, grâce à un gros but de [Brent] Seabrook et à ce moment, on savait qu'on avait l'équipe qui avait tout pour gagner. On était tous dévoués», se remémore Shaw.

Les Hawks ont vécu une situation semblable deux ans plus tard, tirant de l'arrière 3-2 contre les Ducks d'Anaheim en finale de l'Ouest. Trois matchs ont nécessité la prolongation dans cette série (deux victoires pour les Blackhawks et une pour les Ducks), dont un en troisième prolongation. Mais ils n'ont pas baissé les bras.

«On a eu une grosse victoire lors du match no 6 et on est ensuite allés à Anaheim, avec le momentum en notre faveur. On a embarqué dans ces montagnes russes et on a dominé le match no 7. Je pense que lorsque tu passes à travers ça en équipe, ça démontre ton caractère et à quel point tous les joueurs ont le désir de vaincre», note-t-il.

Ces deux grands moments ont changé le cours de l'histoire des Blackhawks en séries. Vouloir gagner plus que tout, c'est le secret.

«Il faut croire que tu as l'équipe pour gagner et vouloir aller jusqu'au bout. La confiance, l'arrogance, ce sont tous des facteurs importants, mais la base, c'est de savoir qui veut le plus gagner. C'est pourquoi les séries sont si plaisantes à regarder. Une équipe de huitième place peut facilement remporter la coupe. Si toute l'équipe embarque le concept de victoire, de compétition et de travail», ajoute l'attaquant, qui a pris part à 69 matchs éliminatoires, après la victoire dramatique en prolongation contre les Rangers, vendredi soir.

Ces victoires sont gravées à jamais dans sa mémoire. Shaw avoue être fier de lui, mais ce qui ressort de ces triomphes, c'est le travail d'équipe. Les deux bagues qu'il a, il les doit à tous ses coéquipiers. Il ne les oubliera jamais.

«Je suis content de m'être poussé pour être capable de le faire, mais ce n'est pas de ça que je me rappelle. Quand j'y repense, je crois que la meilleure partie, c'était d'être dans le vestiaire, ce sont les gars avec qui tu l'as gagnée. De voir la glace sur leurs épaules, leurs genoux, leurs chevilles, leurs poignets… partout, pendant toutes les séries, se souvient Shaw.

«C'est de voir la douleur qu'ils ont fait endurer à leur corps pour gagner le trophée, car tu es drainé émotionnellement, physiquement et mentalement. C'est ce genre de personne et de joueur que je veux être et c'est le genre de joueur que je veux que mes futurs enfants soient. Qu'ils soient prêts à mettre le deuxième effort et faire ce qu'il faut pour gagner. C'est probablement ça que je me souviendrai à jamais de ces deux expériences. Et j'espère le faire à nouveau», dit-il.

Jamais deux sans trois? C'est évidemment ce qu'il espère.

«Je pense que Montréal serait une ville incroyable pour gagner la coupe. Les fans fervents, l'histoire de l'équipe… C'est l'endroit pour le faire et je pense qu'on a l'équipe pour y arriver. On va travailler, compétitionner, ce sera un long parcours, mais au bout du compte, gagner est le sentiment le plus satisfaisant qui soit», conclut-il.

En voir plus