Skip to main content
Site officiel des Canadiens de Montréal

Revenir à la maison

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL –Saku Koivu a vécu plusieurs beaux moments à Montréal. Celui qu’il s’apprête à vivre le rend toutefois un peu plus nerveux que les autres.

Depuis qu’il a officiellement annoncé sa retraite de la Ligue nationale de hockey en septembre, Saku Koivu n’avait pas eu l’opportunité de revenir à Montréal, là où son parcours de 18 saisons en Amérique du Nord s’est amorcé. Bien qu’il n’ait pas réécrit le livre de records des Canadiens comme certains l’avaient fait avant lui, le Finlandais a toutefois réussi à faire sa marque chez le Tricolore en plus d’être le visage de l’organisation durant plusieurs années.

C’est pour cette raison qu’on rendra hommage à Koivu jeudi soir avant le match entre les Canadiens et les Ducks. Habitué de pouvoir compter sur l’appui de ses coéquipiers, l’homme de 38 ans sera le centre d’attention, situation à laquelle il n’est pas habitué.

« C’est vraiment, vraiment bien d’être de retour ici. Je n’ai jamais été aussi émotif que ça avant. C’était toujours plus facile de se concentrer sur le match. J’avais mes coéquipiers, je n’étais pas seul. Je sais qu’il y a un match, mais l’attention sera sur moi. D’une manière, je ne suis pas confortable avec ça », a admis Koivu lors d’un point de presse organisé quelques heures avant le duel opposant les deux formations qu’il a représentées durant sa carrière dans la LNH. « C’est tout un honneur. Je me sens tellement privilégié qu’ils organisent une soirée comme ça pour moi. Je vois ça avec humilité, pas seulement moi, mais aussi ma famille et mes parents. »

Bien qu’il ait fait vibrer les partisans montréalais durant plus d’une décennie, autant par ses prouesses sur la patinoire que par le courage qu’il a démontré sur la glace et à l’extérieur, Koivu ne sait pas à quel type d’accueil il aura droit de la part des spectateurs du Centre Bell.

« Les partisans ici m’ont surpris à plusieurs reprises en raison de leur appui et de leur passion. Je souhaite, j’espère que ce sera aussi bon que lorsque je suis revenu de mon cancer ou lors de mon retour en ville avec les Ducks », confesse celui de qui la dernière apparition au Centre Bell remonte au 24 octobre 2013, où il avait reçu une longue ovation à sa dernière présence sur la patinoire. « Ce sera une soirée complètement différente pour moi alors qu’on soulignera ma carrière. Je ne croyais pas être aussi nerveux, mais je le suis. Je croise mes doigts, espérons que ça ira bien. »

Malgré les bons résultats qu’il a obtenus durant sa carrière, Koivu a été critiqué à plusieurs reprises durant son séjour à Montréal pour diverses raisons, dont le fait qu’il ait été un porte-couleur du bleu-blanc-rouge à une époque où les victoires n’étaient pas monnaie courante en ville. Cela ne l’a jamais empêché de laisser tout ce qu’il avait sur la glace à chacune de ses présences, ne reculant jamais devant un défi, aussi imposant qu’il l’était. Sa courageuse lutte contre le cancer en 2001-2002 en est d’ailleurs un excellent exemple. Il a toujours été un bagarreur, peu importe la situation, et c’est cette image que le héros de la journée souhaite laisser aux partisans d’ici.

« J’espère que les partisans et tout le monde à Montréal et au Québec se souviennent de moi comme une bonne personne, comme un joueur qui a tout donné et qui a fièrement porté le ‘C’ sur son chandail durant 10 ans », mentionne Koivu, qui ne sait pas encore ce que l’avenir lui réserve pour l’instant, préférant profiter de son nouveau statut de retraité. « Naturellement, de la façon que ça s’est passé pour moi ici, ça n’a pas toujours été que pour le hockey. Maintenant que je suis à la retraite, on peut mettre les choses en perspective et voir la vie différemment. Vaincre le cancer, obtenir la machine TEP, aider les gens de cette manière, tout ça veut dire beaucoup plus. Mais il y a aussi eu le hockey. Donc j’espère que les gens se souviendront de moi comme un joueur qui malgré le fait que nous avons connu des moments difficiles à mes débuts, n’accédant pas aux séries, que je me suis battu jusqu’à la toute fin à chaque match. »

Alors que le sujet du transfert du leadership chez le Tricolore cette saison a souvent défrayé les manchettes, les joueurs de l’édition actuelle pourraient s’inspirer de Koivu, qui a lui-même été élu capitaine de l’équipe alors qu’il n’avait que 24 ans. Sachant à quel point la pression peut être forte avec ce rôle à Montréal, l’ancien joueur de centre a voulu donner un conseil aux prétendants qu’il a lui-même reçu de celui qui est considéré comme le plus grand capitaine dans l’histoire des Canadiens.

« Lorsque je suis devenu capitaine ici, Monsieur Béliveau est venu me voir et m’a dit : ‘Tout va bien aller. Tu n’as pas besoin de changer. Tu as été choisi en raison de qui tu es’ », a confié Koivu, qui, comme Jean Béliveau, a été capitaine durant 10 saisons à Montréal. « Certains joueurs et personnalités vont avec ce rôle et ils sont confortables avec ça. Peu importe qui sera le prochain capitaine, je leur dirais qu’ils doivent être eux-mêmes. Dans un sport d’équipe, vous devez vous soucier de vos coéquipiers, des membres du personnel et lorsque vous le faites, tout ira bien. »

Même s’il a quitté Montréal il y a plus de cinq ans, Koivu ne s’est pas senti dépaysé lorsqu’il est arrivé en ville au cours des derniers jours. Il est peut-être plus vieux et le paysage au centre-ville a peut-être passablement changé, mais tout est pareil à ses yeux. Il ne sait pas à quoi à s’attendre de la cérémonie de jeudi soir, mais au moins il se sentira à l’aise parce qu’il est dans un environnement dans lequel il se sent bien et cela ne changera jamais.

« Lorsque nous sommes atterris et lors du trajet entre l’aéroport et l’hôtel, tout semblait si familier. Ça m’a surpris en arrivant de Californie qu’en marchant dans les rues ici, que les gens nous reconnaissaient. J’avais oublié ça », conclut Koivu. «Les partisans et les gens ici nous ont vraiment accueillis chaleureusement, nous accostant dans les rues et nous souhaitant bonne chance pour ce soir. Je me sens vraiment comme si je revenais à la maison. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

À VOIR AUSSI:
Face à face: Ducks @ Canadiens
Lettre de la famille Béliveau
Un honneur mérité
Impliqué dans toutes les facettes

En voir plus