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Rendez-vous CH #3: Stéphane Waite

Dans l'épisode 3 de Rendez-vous CH, l'entraîneur des gardiens du Tricolore, Stéphane Waite, discute de son tandem devant le filet.

par HabsTV @CanadiensMTL / canadiens.com

Rendez-vous CH #3: Stéphane Waite

RVCH: Une entrevue exclusive avec Stéphane Waite

L'entraîneur des gardiens Stéphane Waite explique les décisions concernant le choix des gardiens à l'animateur de Rendez-vous CH, Marc Denis

  • 08:47 •

Dans l'épisode no 3 de Rendez-vous CH, l'entraîneur des gardiens de but Stephane Waite discute avec l'animateur Marc Denis des plans de l'équipe pour Carey Price et Al Montoya, de comment il prépare ses gardiens et de ce qui se passe lorsque l'on décide de changer le gardien pendant un match.

Marc Denis: En compagnie de l'entraîneur des gardiens de but des Canadiens de Montréal, Stéphane Waite. Stéphane, un excellent début de saison collectivement. Quand on est entraîneur des gardiens de buts cependant, c'est un petit peu plus pointu, plus spécifique. Les deux athlètes que tu as sous la main ont connu un excellent début de saison.

Stéphane Waite: Ouais, c'est dur de ne pas être satisfait. Ça a bien commencé avec Carey, surtout à la Coupe du monde. C'est impressionnant comment il est revenu au sommet de son art en deux semaines. Ça lui a pris quelques matchs hors-concours à la Coupe du monde pour retrouver sa forme de match, mais c'est assez impressionnant. À date, on est bien contents de son début de saison, même chose pour Al. Tout un début de saison. Carey a manqué nos trois premiers matchs et Al a fait tout un travail. Il nous a donné le momentum pour avoir un bon début de saison. On est bien contents.

Al, ce n'est pas une surprise, ça fait trois ans que je l'aime, je pense que c'est un des bons auxiliaires dans la LNH depuis les trois dernières années. À date, on est très satisfaits.

MD: On parle du nouveau duo de gardiens de but duquel tu es satisfait. On a énormément parlé aussi ou fait état d'un plan avec ce qui s'est passé avec Carey, qui n'a pas été capable de terminer la dernière saison devant le filet. Les blessures, la gestion des énergies pour un gars qui a joué à la Coupe du monde. Est-ce que pour l'instant le plan est bien établi et on le suit depuis le début de la saison?

SW: Ouais, exactement. C'est certain qu'on n'avait pas prévu que Al jouerait les trois premiers matchs, mais ça fait partie du jeu, il peut y avoir des blessures. Depuis ce temps-là, c'est le plan qu'on a, on a un plan déjà établi jusqu'à la fin de l'année, dans un monde idéal.

Je sais exactement quand Al va jouer cette semaine, je sais quand il va jouer dans un mois, je sais quand il va jouer dans trois mois. Mais ça c'est tout le temps dans un monde parfait. Certaines choses peuvent arriver: des blessures, des contre-performances ou même la situation de l'équipe au classement. En temps normal, on a un plan, puis c'est certain qu'on veut essayer d'enlever un peu de travail à Carey.

Ça reste que l'objectif premier est de faire les séries éliminatoires, après c'est de les gagner. Ça nous prend des gardiens de but qui sont frais rendus là.

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MD: Je me trompe si je dis que le chiffre magique se situe entre 55 et 60?

SW: Non, c'est exactement là. De là l'importance d'un bon auxiliaire, un gars comme Al Montoya qui a de l'expérience. Plus il est bon, mieux c'est pour Carey. Parce que plus il est bon, plus il va jouer et plus il joue, moins ça en fait à Carey, qui est frais et dispo pour les séries.

Donc, tout va ensemble. J'ai tout le temps dit que ton gardien de but numéro deux, c'est probablement le joueur le plus important de l'équipe, parce que si lui ne fait pas le travail, tu ne feras pas les séries. C'est aussi important que ça un bon deuxième.

MD: Tu as dit que le seul le moyen de déroger du plan sont les situations exceptionnelles. Il en est arrivé, il va en arriver encore pendant la saison. Comment on gère ponctuellement des situations d'urgence? Comment on décide si un gardien de but demeure dans la mêlée même s'il connait une soirée plus difficile ou si l'équipe ne joue pas bien ou si on veut donner un électrochoc? Comment ça se fait, parce que Michel Therrien a parlé énormément d'un travail d'équipe, même au niveau des entraîneurs. Comment ça se fait quand une situation comme ça arrive?

SW: Il y a beaucoup de choses, ce sont des situations où tu n'as pas beaucoup de temps pour prendre une décision. Premièrement, je regarde tout le temps mon gardien de but, est-ce qu'il a l'air dans le trouble, est-ce qu'il est sonné, est-ce qu'on a une chance de revenir dans le match? Si je vois que l'équipe joue bien et qu'on a beaucoup de chances de marquer, mais qu'on tire de l'arrière par deux ou trois buts, à ce moment-là on peut dire «Ok, on va faire un changement, c'est le temps».

Si l'équipe n'est plus dans le match, c'est quelque chose à considérer. Est-ce que l'équipe joue le lendemain, c'est une autre chose à considérer. Si c'est ton auxiliaire devant le filet, est-ce que c'est un jeune ou un vétéran? Tu essayes de le protéger si c'est un jeune, si c'est un vétéran tu te dis «On va lui en donner plus», parce qu'il est capable de passer par-dessus ça.

C'est qui devant le filet, est-ce que c'est ton numéro un ou ton numéro deux? Des fois, tu veux protéger ton numéro un. Il y a tellement de choses à analyser, en l'espace de cinq minutes en première période, c'est beaucoup de réflexion. En même temps, quand je décide de faire quelque chose, j'aime parler à mes gardiens de buts entre les périodes, leur dire «Comment tu te sens, es-tu à l'aise dans telle situation?» et ça c'est important. La dernière chose que tu veux faire, c'est embarrasser un gardien de but, que ce soit ton numéro un ou ton auxiliaire.

On a vécu une situation cette année à Columbus, où ça a été une de mes décisions les plus dures en 35 ans de métier. Ça a été une décision difficile, mais on avait des bonnes raisons. Comme je disais à Michel, il n'y avait pas de bonne décision, on a pris la moins pire des décisions. Ce sont des choses qui arrivent, il faut vivre avec, mais ce sont des situations tout le temps délicates.        

MD: On a parlé de communication, on a parlé de gestion, ça fait partie du travail d'un entraîneur des gardiens, mais il y a aussi le travail sur la patinoire, le travail technique qui semble évoluer à une vitesse vertigineuse. Quand on a un athlète comme Carey Price, qui est au sommet de son art déjà, comment est-ce qu'on fait pour évoluer, s'adapter, se renouveler au niveau des techniques pour les gardiens de but sur la patinoire?

SW: Premièrement, c'est beaucoup d'observation sur la patinoire. J'adore regarder les gardiens de but adverse. Chez nous, si on ne joue pas le soir, je regarde tout le temps les matchs de hockey dans la Ligue, je regarde les autres gardiens de but. Des fois, il y a des nouvelles tendances, puis on essaye d'en parler avec les gardiens de but.

Souvent, je demande à Carey: «Qu'est-ce que tu penses de telle chose, tel gardien de but fait telle chose». Il y a tout le temps des bons et des moins bons côtés. J'essaie d'évoluer avec ça et j'essaye de ne pas devenir un entraîneur des gardiens old school. Ça fait 35 ans que je fais ça et ça serait facile de m'asseoir et de me dire que j'ai tout le temps connu du succès de cette façon-là.

Un moment donné, tu deviens dépassé, c'est ce qui fait que tu peux sortir de la Ligue. J'essaie tout le temps de me renouveler, de regarder ce qui se fait ailleurs, parce que je n'ai pas le monopole de la vérité, loin de là. Tout le monde se copie un peu des fois, surtout quand il y a des nouvelles choses qui sortent.

L'autre chose, c'est que c'est important que ton gardien de but se sente bien là-dedans. Il y a des choses que Carey fait sur la glace avec lesquelles Al n'est pas très à l'aise, et vice-versa. Al aime rester sur ses pieds, dans les situations de mauvais angles. Carey n'est pas à l'aise, il va aller plus en renverse, ou un genou à terre. Ce sont des choses que je dois respecter et avec lesquelles je travaille. C'est important de s'ajuster à chaque gardien de but.

MD: Ça complète pas mal ton rôle avec les deux gardiens qui sont ici, les deux gardiens de but de l'organisation. Juste avant que je te laisse, l'entraîneur des gardiens a aussi son plan de match, quand on évalue le gardien adverse. À quel point - je ne veux pas un pourcentage - mais à quel point es-tu impliqué là-dedans pour tes attaquants, les attaquants des Canadiens, pour les préparer à faire face à un gardien de but qui est au sommet de son art de l'autre côté également?

SW: C'est certain que, à chaque partie, j'ai un rapport écrit qui est affiché dans la chambre des joueurs, sur le gardien de but adverse. J'ai appris, surtout à mes années à Chicago, à respecter les joueurs qui veulent le consulter ou pas. Il y a des joueurs qui veulent consulter ce rapport-là, ça va les aider et il y en a d'autres, au contraire, à qui ça enlève les instincts. Dans le match, ils vont se dire «Le rapport dit que je dois tirer dans le bas du côté du bloqueur», mais son instinct dit autre chose.

Dans la saison, on a un rapport qui est affiché, et ils sont libres de le consulter ou pas. Dans les séries, c'est plus poussé. On a de la vidéo, une présentation sur chaque gardien de but parce que c'est un gardien de but qu'on va affronter entre quatre et sept fois, donc c'est important d'être plus spécifique dans les séries.
     

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