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Quand l'occasion se présente

par Staff Writer / Montréal Canadiens
MONTRÉAL – Sur le chemin de la vie, il faut savoir créer sa chance. Parfois avant de pousser une porte, il faut d’abord y cogner. Quelle surprise lorsque cette porte s’ouvre et que l’occasion se présente et va même jusqu’à nous tendre les bras.


C’est ce qui est arrivé à Brock Trotter. Il y a 13 mois, il jouait pour l’équipe de l’Université de Denver. Il trônait au sommet des pointeurs du club lorsqu’il a décidé de faire le saut chez les professionnels. Au moment où sa décision a été connue, plusieurs équipes de la LNH ont tenté leur coup, mais aucune n’y a mis autant d’efforts que les Canadiens.

«J’ai considéré Montréal dès le début. J’ai senti que je représentais un réel espoir pour l’équipe, ce qui m’a beaucoup touché» se souvient Trotter. «Tout le monde connaît l’histoire de l’équipe. Faire partie d’une organisation aussi prestigieuse qui démontre un intérêt pour moi et par-dessus le marché, revenir au Canada, ça m’apparait parfait.»

Jusqu’à présent, il ne regrette aucunement son choix. Après un lent début de saison avec les Bulldogs, il a amorcé la deuxième portion du calendrier en lion, récoltant 21 points en 29 parties depuis le 1er janvier. Il a bénéficié du grand nombre de blessures et des rappels dans la LNH pour prendre sa place et obtenir plus de temps de glace. Aujourd’hui, il gagne chaque minute qu’il passe sur la surface de jeu.

«Avoir plus de temps de jeu lui a donné une éthique de travail », note l’entraîneur-chef Don Lever.  «  Il aime bien dribler avec la rondelle, mais il apprend aussi à utiliser ses coéquipiers et à tirer plus souvent au filet. Il comprend également qu’il doit travailler dans les deux sens de la patinoire et il n’hésite pas à le faire et à s’impliquer.»

Maintenant sur la bonne voie, les choses n’ont pas toujours été roses pour Trotter.

Après seulement cinq matchs lors de sa saison recrue au Colorado en 2005-2006, il s’est déchiré le tendon d’Achille. Cette malchance a écarté Trotter, natif de Brandon au Manitoba, du repêchage qui a suivi en juin. Malgré l’importance de sa blessure et le fait qu’il n’ait pas été repêché, il n’a pas laissé tomber son rêve.

«Je ne savais pas exactement ce qui allait advenir de moi, mais je savais surtout que mon avenir était au hockey» affirme Trotter, qui a reçu beaucoup de support de la part de son équipe, de son entraîneur et des docteurs. «Ce n’est pas plaisant de rater une saison à cause d’une blessure et c’est décourageant de ne pas être repêché. Tous les joueurs grandissent en pensant au jour où une équipe les choisira; ça a été une grosse déception. Au lieu de me morfondre, j’ai utilisé cet événement comme une motivation pour devenir meilleur.»

Et c’est exactement ce qu’il a fait. Averti qu’il devait mettre de la chair autour de sa charpente de 5 pieds 10 pouces, Trotter est arrivé au camp d’entraînement des Bulldogs en faisant osciller la balance de 14 livres supplémentaires par rapport à l’an dernier.

«Je savais que la Ligue américaine était une ligue d’un bon calibre, mais on ne sait jamais comment s’adapter avant d’y être» admet le jeune homme de 22 ans. «J’ai rapidement réalisé que je devais travailler fort et surtout, comme j’ai une petite stature, je devais compenser en devenant plus fort.»

Trotter a chaussé les patins en très bas âge et il se souvient d’avoir souvent joué contre d’autres jeunes plus vieux et plus gros que lui. Comme il est le quatrième enfant d’une famille de cinq garçons, lui et ses frères se sont souvent affrontés. Et comme on peut s’y attendre, jouer pour le plaisir de jouer n’était pas vraiment une option.

«Nous nous entendions bien et nous sommes restés très unis, mais le côté compétitif finit toujours par ressortir» se remémore-t-il, esquissant un sourire.

Son premier contact avec la LNH a été aussi teinté de beaucoup de compétition. En septembre dernier, lors du camp d’entraînement un grand nombre de jeunes joueurs tentaient de faire leurs preuves. Pour Trotter, cet environnement était presque surréel.

«J’ai grandi en voyant jouer Saku Koivu et Alex Kovalev. D’être aussi près d’eux, j’en étais bouche bée», explique la recrue. «C’était une nouvelle expérience pour moi et je l’ai appréciée au maximum.»

Sa détermination à suivre les conseils des Canadiens, ainsi que son propre cheminement personnel l’ont rendu plus mature. Sa devise est devenue : travaille fort et tout ce qui doit arriver arrivera. Partant de ces mots de sagesse, Trotter garde des objectifs simples pour la saison.

«Je n’avais pas vraiment de niveau à atteindre; je ne voulais pas avoir de trop hautes attentes», admet-il. «Ne pas faire les séries éliminatoires l’an dernier m’a donné un peu plus de motivation, mais cette année, je veux juste voir comment les choses vont se passer.»

Si le passé est garant de l’avenir, les choses devraient se passer exactement comme Trotter désire qu’elles se passent.

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com
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