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Quand les chiffres parlent: L’identité Bourque

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Déjà une grande source d’inspiration pour la communauté de Lac La Biche en Alberta, Rene Bourque s’avère être un des joueurs parmi les plus intéressants à avoir porté un chandail des Canadiens. Bien que plusieurs partisans ne classent probablement pas l’imposant attaquant parmi les super vedettes telles que Maurice Richard, Guy Lafleur et Patrick Roy, le chemin parcouru par Bourque est probablement une des meilleures histoires d’un négligé qui a atteint les plus hauts sommets. Lisez la suite pour savoir pourquoi.

Les bébés de décembre

Dans son livre Outliers, Malcolm Gladwell a popularisé une théorie peu connue à propos du hockey, soit que les joueurs qui sont nés tôt dans l’année (près du 1er janvier) sont plus représentés dans les ligues majeures, en raison de la date de coupure pour l’enregistrement dans le hockey mineur. Selon le livre, les enfants nés plus tôt sont plus gros, plus forts et plus matures que leurs confrères plus jeunes et risquent d’affronter une meilleure compétition, une recette pour le succès dans tous les sports.

Rene Bourque est né le 10 décembre 1981. À l’heure actuelle, seul 12 attaquants actifs dans la LNH nés au mois de décembre ont obtenu plus de points que Bourque, un joueur non repêché (268 points en 520 matchs). Parmi les joueurs qui se situent au-dessus de lui, on retrouve des joueurs tout-étoile comme Paul Stastny (repêché au 44e rang en 2005), Johan Franzen (97e en 2004) et Daniel Alfredsson (113e en 1994).

Une route moins typique

À l’âge de 17 ans, Alex Galchenyuk a obtenu 83 points en 68 matchs avec le Sting de Sarnia dans l’OHL, une des ligues juniors les plus difficiles au monde. Au même âge, David Desharnais qui était dans la LHJMQ avec les Saguenéens de Chicoutimi, étant le quatrième meilleur marqueur de l’équipe, en tant que recrue. À 17 ans, Rene Bourque ne jouait pas dans le circuit de la LCH. Il jouait plutôt dans le Midget AAA, en tant qu’un des plus vieux joueurs de la SMHL. L’année suivante, il a décidé de rester en Saskatchewan et d’évoluer au niveau Junior AAA au lieu de quitter l’école d'essayer de percer dans la LCH.

Alors que les dépisteurs amateurs sont généralement occupés à scruter à la loupe des joueurs de la LCH comme Galchenyuk au cours des mois précédents le repêchage, peu ont été nombreux à faire la route jusqu’en Saskatchewan pour faire état des progrès de Bourque dans la Junior AAA, alors qu’il évoluait pour les Saints de St-Albert. À 18 ans, Bourque n’a pas été repêché et passera les quatre saisons suivantes dans la NCAA, avec l’équipe de première division de l’Université du Wisconsin, obtenant un diplôme en gestion de la consommation et en administration.

Pas d’attentes

Après une année recrue et une deuxième saison relativement difficile au Wisconsin, l’ailier a poursuivi ses rêves d’obtenir un diplôme et de jouer dans la LNH. Le développement physique et technique de Bourque au cours de sa carrière universitaire lui permettra d’obtenir une saison de 36 points en 42 matchs, un sommet d’équipe, à l’âge de 22 ans. Par contre, il était toujours considéré comme un espoir en développement, considérant que son ancien coéquipier au Wisconsin, Dany Heatley (né en janvier), venait d’obtenir une saison de 41 buts avec les Thrashers d’Atlanta dans la LNH, après avoir quitté les Badgers, trois ans plus tôt.

À ce moment, peu voyaient Bourque avoir un impact au niveau professionnel. Toutefois, les Blackhawks de Chicago ont décidé de tenter le coup en engageant Bourque en tant que joueur autonome. Il a ensuite remporté le titre de recrue de l’année au cours de sa seule saison dans l’AHL avant de faire le saut dans la LNH, atteignant le plateau de 20 buts trois fois avec les Flames.

À quoi s’attendre maintenant

Après un sommet personnel de 27 buts et de 58 points en 2009-2010, les Flames ont offert à l’attaquant de puissance un contrat de six ans, misant sur le fait que sa production offensive demeurerait la même jusqu’à ce qu’il célèbre son 35e anniversaire.

Toutefois, cette façon de penser défiait toute probabilité, alors que la majorité des attaquants de la LNH tendent à atteindre leur plein potentiel dans la mi-vingtaine, avant de diminuer avec le temps. Les Flames ont finalement échangé Bourque aux Canadiens en compagnie de Patrick Holland et d’un choix au repêchage, qui allait devenir Zachary Fucale, contre Michael Cammalleri, Karri Ramo et un choix de cinquième ronde. En comparaison, Heatley est passé d’un marqueur de 50 buts à 25 ans à une récolte de 26 buts ou moins chaque saison depuis qu’il a soufflé 30 bougies. Un bon point de référence pourrait être l’ancien joueur des Canadiens Martin Rucinsky. Le Tchèque a obtenu ses années les plus productives à Montréal entre l’âge de 24 et 30 ans, avant d’obtenir des saisons d’en moyenne 36 points avant de prendre sa retraite à l’âge de 36 ans.

Dans le futur, en plus de continuer son travail hors de la glace dans la communauté, aidant des jeunes de communautés rurales d’Alberta à jouer au hockey, Bourque pourrait bien causer des maux de tête aux gardiens adverses grâce à son tir foudroyant. Après tout, Rucinsky a amassé 55 points en 52 matchs à 34 ans en 2005-2006. À voir le cheminement de Bourque depuis ses débuts, on peut dire que dans son cas, tout est possible.

Jack Han écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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