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Q&R de La Première Ligne: Saku Koivu

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL - Les membres de La Première Ligne, le fan club officiel pour adultes des Canadiens, ont eu l’opportunité de poser leurs questions à l’ancien capitaine des Canadiens, Saku Koivu, lors d’une séance de questions et réponses samedi après-midi au Centre Bell.

Comment s’est passée la soirée de jeudi dernier [18 décembre] alors que nous vous avons rendu hommage?

SAKU KOIVU : C’était émotif, en fait, toute la semaine a été émotive. Je me demandais comment le tout se passerait. C’était la première fois que je revenais avec ma famille depuis que nous avions quitté pour la Californie. J’étais prêt à vivre beaucoup d’émotions au centre de la patinoire. La foule m’a rappelé à quel point l’ambiance est incroyable ici. C’est une énergie qui va directement au cœur. Depuis les deux derniers jours, c’est comme si on revenait à la maison. Nous revoyons des amis, des personnes qui ont marqué nos vies. Pour ma mère, mon père, ma femme, mes enfants, ce fut une soirée chargée d’émotions et remplie de souvenirs.

En 2009, lorsque tu as quitté pour Anaheim, quel impact cela a eu sur ta carrière?

SAKU KOIVU : J’étais préparé à quitter. Lorsque je me suis rendu à l’aéroport pour passer l’été en Finlande, j’ai dit à ma femme que c’était probablement la dernière fois qu’on passerait par là. Malgré tout l’amour pour la ville que nous avions et la passion des partisans, le hockey reste une business. J’ai senti, du côté des Canadiens et du mien, que nos chemins devaient se séparer. J’avais besoin d’une étincelle et de quelque chose de nouveau dans ma vie. Le fait de changer d’équipe était quelque chose d’excitant dans un certain sens. Mais, j’avoue que j’avais le rêve de terminer ma carrière en tant que membre des Canadiens et ça ne s’est pas produit.

Je sais que c’est peut-être difficile pour toi nommer le moment marquant de ta carrière, que ce soit dans la LNH ou au niveau international. Est-ce qu’il y a un moment, un but ou un évènement, qui ressort tout de même du reste?

SAKU KOIVU : C’est certain qu’en 19 ans, il y a beaucoup de moments qui me viennent en tête. En 1995, lorsque j’ai remporté le championnat du monde avec la Finlande, ce fut quelque chose d’incroyable pour notre pays, pas seulement pour le hockey, mais pour toute la nation. Aussi, mon premier but dans le vieux Forum contre les Kings, c’est quelque chose qui est gravé dans ma tête. La soirée de fermeture du Forum a été le moment où j’ai réalisé à quel point le hockey était important ici et j’ai pris conscience que les Canadiens formaient une grande organisation. Il y avait des légendes autour de moi et des gens pleuraient dans les estrades. Ça m’a marqué. Évidemment, il y a la soirée où je suis revenu au jeu après mon cancer, nous avions en plus assuré notre place en séries. Sinon, il y a aussi le moment où j’avais marqué le but gagnant contre Boston ce printemps-là. En tant que membre des Ducks, le soir où je suis revenu au Centre Bell était très émouvant. Je n’avais aucune idée de la manière dont la foule réagirait. Dès l’échauffement d’avant-match et les hymnes nationaux, la réponse du public était très touchante. Et bien sûr, la cérémonie de jeudi soir dernier m’a marqué. J’avais ma femme, mes enfants, mes parents avec moi sur la glace. Ils ont pu vivre qu’est-ce que c’était d’être acclamé à Montréal.

Lorsque tu as été repêché par les Canadiens, quelle a été ta réaction?

SAKU KOIVU : C’était en 1993 durant l’été, j’étais en Finlande et mon téléphone cellulaire s’est mis à sonner. La réception cellulaire n’était pas très bonne à l’époque. Un de mes coéquipiers qui avait joué avec moi en Finlande était aux États-Unis à ce moment-là. Il regardait le repêchage à la télévision et il m’a appelé lorsque j’ai été sélectionné. Il m’a dit : « Tu viens d’être repêché en première ronde… ». J’attendais qu’il me dise l’équipe qui m’avait réclamé, mais la ligne coupait! Je lui répétais : « Dis-moi l’équipe! Dis-moi l’équipe, s’il te plaît! ». Et puis, j’ai entendu « Canadiens de Montréal » avant que la ligne coupe définitivement. Je ne connaissais pas grand-chose sur Montréal. Je savais seulement qu’ils venaient de remporter la coupe Stanley. J’ai commencé à faire des recherches sur la ville et j’ai su que c’était une place de hockey. Deux ans plus tard, quand j’ai fait le voyage pour venir m’établir ici, j’ai compris que ce n’était pas une ville comme les autres en voyant la meute de journalistes et de caméramans qui m’attendait. Ce n’est pas le genre de chose que l’on voit en Finlande!

Quels sont tes souvenirs du retour incroyable de 5 à 0 contre les Rangers?

SAKU KOIVU : C’était un match extraordinaire. C’est probablement le match le plus fou que j’aie vécu dans ma carrière. Il y eu le facteur psychologique qui a joué en notre faveur durant ce match. Si tu avais demandé à n’importe qui dans la foule s’il croyait qu’on reviendrait dans le match, c’est certain qu’il aurait dit non. On a commencé par un but, puis deux et ensuite, on a senti l’incroyable énergie de la foule. On croyait tous que le toit allait sauter! En fusillade, tu ne sais jamais comment ça peut se terminer, mais je savais que j’allais marquer. C’était la Finlande contre la Suède, moi contre Lundqvist. Il y avait quelque chose de magique dans l’air. Le sentiment que nous avions de revenir de l’arrière et le fait que je marque en fusillade, c’était incroyable. C’est le genre de match que tu n’oublies jamais.

Est-ce qu’il y a quelque chose que tu regrettes ou que tu aurais voulu faire de plus lorsque tu étais avec les Canadiens?

SAKU KOIVU : Je ne sais pas s’il y a quelque chose que je regrette. Au point de vue hockey, c’est difficile de regretter quelque chose, puisque c’est un sport d’équipe et que le succès ne tient pas sur une personne seulement. En tant qu’athlète professionnel, c’est certain que je voulais gagner à tous les soirs et le fait que nous n’avons pas été en mesure de se rendre loin en séries, dans une ville comme Montréal, fait partie de mes déceptions. Aussi, on me l’a souvent demandé, dans un monde parfait, j’aurais dû apprendre à parler français. J’aurais sûrement été plus connecté à la culture québécoise. Lorsque tu arrives dans la Ligue, tu ne sais pas qu’est-ce qu’il va arriver dans deux, cinq ou dix ans. Dans mon cas, je voulais commencer par me sentir confortable en anglais et me concentrer sur le hockey. Aujourd’hui, à 40 ans, je me dis que ça serait un beau cadeau à m’offrir d’apprendre une nouvelle langue.

Propos recueillis par Philippe Frenette-Roy

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