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par Staff Writer / Montréal Canadiens
MONTRÉAL – Bob Lindgren est aussi heureux que son fils Charlie de voir ce dernier joindre les Canadiens de Montréal.


Il y a trois semaines, l’aîné des trois garçons de M. Lindgren était devant le filet des Huskies de St. Cloud State, qui prenaient part au tournoi de la NCAA. Puis quelques jours après l’élimination des Huskies, le gardien de 22 ans natif du Minnesota portait les couleurs de l’équipe la plus titrée de l’histoire de la LNH et s’entraînait aux côtés de Carey Price et de Mike Condon sous le regard averti de Stéphane Waite. Bref, il c’était un vrai rêve devenu réalité et M. Lindgren pourrait difficilement être plus fier de son fils.

« Charlie nous a vraiment impressionné par la manière dont il a fait les choses. Sa mère Jennifer et moi sommes tellement heureux de ce qui s’est produit ces derniers temps. C’est difficile à croire, en fait. Je ne peux pas expliquer à quel point c’est excitant. C’est mon enfant, mais c’est un très bon enfant. C’est un gars qui place toujours l’équipe devant lui. Au fil des années, ses coéquipiers l’ont vraiment aimé et je sais pourquoi. C’est le genre de personne qu’il est. De le voir atteindre ce niveau nous rend très émotifs », a décrit M. Lindgren, qui était lui-même devant le filet des Vulcans de St. Paul de la USHL en 1984-1985 et de l’Université du Michigan en 1985-1986.

Lindgren a pris la décision de ne pas disputer sa dernière année universitaire avec l’équipe de Bob Motzko en signant une entente de deux ans avec les Canadiens mercredi dernier, entente qui prenait effet immédiatement. Cela voulait dire que le gardien de l’année dans la NCHC rejoindrait immédiatement les rangs de Michel Therrien, après avoir mené la NCAA cette saison avec 30 victoires, une moyenne de buts alloués de 2,13 et un pourcentage d’arrêts de 0,925. En nomination pour le Trophée Mike Richter, remis au meilleur gardien de la NCAA, Lindgren a pris part à l’avant-dernier voyage des Canadiens en Floride afin de s’acclimater immédiatement à la LNH. Il a poursuivi sa préparation en secondant Mike Condon avant de faire ses débuts dans la LNH le 7 avril, en Caroline.

Si le nouveau gardien des Canadiens a dû s’adapter à une nouvelle réalité sur le vif au cours des derniers jours, il en va de même pour M. Lindgren.

« Quand je regardais les matchs et que je voyais Charlie sur le banc des Canadiens, très honnêtement, je me demandais si c’était bien réel. Je ne peux imaginer ce qui se passe dans sa tête, mais pour nous, en tant que parents, c’est fou quand tu y penses, de voir ces vidéos et ces entrevues de lui à l’entraînement des Canadiens, portant leur chandail. C’est le début d’une grande aventure. Je sais qu’il y a encore beaucoup à venir. Il va travailler fort et on verra ce qui arrivera », a raconté M. Lindgren, qui donne beaucoup de crédit à Charlie pour tout l’effort que ce dernier a mis pour atteindre cette étape de sa carrière.

« Il étudie le sport, c’est comme un penseur. Je me souviens de lui, regardant plusieurs vidéos de la LNH autrefois, essayant de s’améliorer et d’apprendre le plus possible à propos du rôle de gardien. Il faisait tout ça de son propre gré, il sortait pour aller acheter des livres sur les gardiens de hockey et il passait à travers rapidement. Il a toujours aimé jouer et apprendre des petites choses à propos du hockey », a ajouté M. Lindgren, propriétaire du Minnehaha Falls Nursery and Landscape, une entreprise familiale spécialisée dans le terrassement qui existe depuis 1957. « Nous étions détenteurs de billets de saison pour le Wild du Minnesota pendant quelques années et j’amenais Charlie avec moi à la plupart des matchs car mes deux autres garçons étaient un peu trop jeunes à l’époque. C’était énorme pour lui, de voir un gars comme Manny Fernandez jouer et de pouvoir le rencontrer. C’est il y a très longtemps. Nous avons été à plusieurs matchs ensemble, et je suis certain que ça a eu un impact. »

M. Lindgren se remémore avoir travaillé avec le numéro 35 des Canadiens lorsqu’il était jeune, lui apprenant les bases du hockey. Bien que Charlie ait commencé à jouer en tant qu’attaquant dans sa ville natale, Lakeville, il n’a pas fallu beaucoup de temps avant que ce dernier soit contaminé par la piqure des gardiens une fois pour toute.

« Il a commencé à jouer comme gardien à temps plein à sa dernière année dans les Mites (novice) et sa première année dans les Squirts (atome). Je crois fermement que les joueurs doivent apprendre à bien patiner avant de se concentrer sur une chose, une position. Selon moi, les gardiens doivent être de bons patineurs pour connaître du succès. Un de mes anciens entraîneurs travaillait à temps partiel au Ice Garden de Bloomington, donc nous y allions souvent en fin de soirée pour patiner et passer du bon temps ensemble. Parfois, j’amenais toute la famille avec nous. Nous avions la patinoire à nous seuls », raconte M. Lindgren, qui a inscrit Charlie pour travailler avec l’expert local des gardiens de but, l’ancien joueur de la LNH et gagnant du trophée Hobey Baker, Robb Stauber, de sorte à aider Charlie avec sa technique. « Je lui ai montré la base devant le filet et certaines leçons mentales, mais il a passé des heures et des heures à l’école de gardiens de Robb à perfectionner son jeu et à développer ses habiletés. »

Alors que Charlie jouait son hockey Pee-Wee, son père était bien conscient que le jeune garçon qui vivait sous son toit avait un sérieux potentiel. Tous les signes étaient là. Selon M. Lindgren, ça se voyait dans sa prestance sur la glace. Que Charlie devienne un gardien était logique, tout simplement.

« Il avait tout simplement l’air confortable devant le filet. C’est difficile à expliquer. Tu es assis dans les estrades, tu regardes un gardien bouger, et tout semblait coller. Il avait l’air d’un gardien. Il est très athlétique. Il a toujours été comme ça. Au début de son adolescence, tout a cliqué. Bien sûr, il y a eu quelques embuches sur la route. À son premier match compétitif, je me souviens qu’il avait accordé quelque chose comme 13 buts. Ma femme et moi nous sommes dit «C’est terminé. Il ne voudra plus jamais refaire ça.” Mais ce n’était pas le cas. Il a continué. Il a continué à tout donner, à se pousser pour s’améliorer et a été un grand compétiteur partout où il est allé. C’est une de ses plus grandes qualités », d’expliquer M. Lindgren, un amateur des Canadiens et de Ken Dryden, Guy Lafleur, Yvan Cournoyer et Larry Robinson en grandissant, ce qui a rendu la signature de Charlie avec les Canadiens encore plus spéciale pour son père. À un point tel que Charlie a décidé d’incorporer Ken Dryden à son masque.

Heureusement, les amis et la famille de Charlie n’ont pas eu à attendre bien longtemps avant de le voir porter les couleurs des Canadiens. Bob et Jennifer ont fait le voyage jusqu’à Raleigh avec leur autre fils, Andrew, de même qu’avec la copine de Charlie, le père de celle-ci et l’entraîneur de gardiens Dave Rogalski. Charlie affrontait le champion de la coupe Stanley et détenteur d’un trophée Conn-Smythe, Cam Ward, un joueur dont il suivait la carrière de près étant jeune.

«C’était une expérience fantastique. Quand Charlie nous a dit qu’il obtenait le départ, nous avons rapidement tenté de trouver des vols de dernière minute. Même si on avait voulu écrire cette histoire, nous n’aurions pas pu. Jusqu’au premier tir de la soirée », explique M. Lindgren, faisant référence au tir de Riley Nash, après seulement 94 secondes de jeu, qui a déjoué son fils. «Au fur et à mesure que le match avançait, je voyais qu’il était plus confortable. Les gars ont travaillé fort devant lui. Ils ont vraiment bagarré pour lui donner cette victoire de 4 à 2. »

Charlie a repris ses cours à St.Cloud State jeudi dernier et il aidera ses parents à la boutique à Minneapolis, en preparation pour sa première saison complete dans l’organisation des Canadiens. Que ce soit à St.John’s ou à Montréal, vous pouvez être assuré que son père fera tout pour arrêter les rondelles en même temps que lui.

«Je suis le genre de gars à faire des arrêts et à frapper avec le pied lorsqu’il fait un gros arrêt dans un match », rigole M. Lindgren qui a fait la même chose, il y a 11 jours, au PNC Arena, faisant de son mieux pour garder les Hurricanes hors de la feuille de pointage. «Au début du match, ma femme était à mes côtés, puis plus tard, elle était rendue trois sièges plus loin. Ce sont des matchs stressants, pour nous autant que pour lui. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Élise Robillard.

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