Skip to main content
The Official Site of the Canadiens de Montréal

Paroles d’un mentor

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Si Michel Therrien a été la cible de nombreuses critiques cette saison, son mentor est certain qu’il saura redresser le navire à Montréal.

Lorsque vous êtes l’entraîneur-chef d’une équipe de hockey, tout le monde semble avoir une opinion quelconque sur les décisions que vous prenez. Depuis ses débuts derrière un banc avec le Titan de Laval dans la LHJMQ jusqu’à aujourd’hui avec le Tricolore, c’est une réalité avec laquelle Michel Therrien a appris à composer chaque jour depuis plus 20 ans. Il ne possède pas la science infuse et il peut toujours en apprendre sur son métier. C’est pourquoi Therrien s’est souvent tourné vers un de ses anciens entraîneurs lorsqu’il a eu besoin de conseils.

Jacques Lemaire et Michel Therrien (CHC - François Lacasse)

À l’époque où il évoluait à la ligne bleue pour les Chevaliers de Longueuil au début des années 1980, Therrien était dirigé par Jacques Lemaire, qui en était à sa première expérience comme entraîneur-chef en Amérique du Nord, après notamment un passage en Suisse. Même s’ils n’ont été ensemble que durant une seule saison sur la Rive-Sud de Montréal, c’est là que Therrien a commencé à assimiler les leçons de l’ancien attaquant du Tricolore, qu’il a à son tour utilisées tout au long du parcours qui lui a permis de remporter à ce jour 375 victoires dans la LNH.

Même s’il est éventuellement devenu un adversaire, Lemaire a toujours été présent pour Therrien lorsque ce dernier en avait besoin et c’est pour cette raison qu’il était plus qu’heureux de voir son protégé mériter une deuxième chance à Montréal il y a quelques années et obtenir du succès de surcroît.

« Je trouve que Mike a fait de l’excellent boulot depuis qu’il est de retour avec l’équipe. Il a beaucoup appris depuis son premier mandat dans la LNH. Aujourd’hui je trouve qu’il est solide comme entraîneur avec les Canadiens », atteste celui qui a notamment remporté huit coupes Stanley comme joueur avec le Tricolore et une comme entraîneur avec les Devils en 1995. « Montréal est un endroit très difficile pour travailler pour tous les entraîneurs. Il faut que tu gagnes à tout prix. Et si tu ne gagnes pas, les critiques vont être nombreuses, peu importe ce que tu fais. »

Un peu plus occupé depuis qu’il s’est joint aux Maple Leafs de Toronto l’été dernier comme instructeur et conseiller spécial, Lemaire a tout de même gardé un œil sur les performances du Tricolore au cours de la saison. Sachant que les derniers mois n’ont pas été des plus faciles pour Therrien, l’ancien pilote du Tricolore, des Devils et du Wild a pris le temps d’appeler son poulain puisqu’il avait de la compassion pour lui. S’attendant peut-être à devoir lui remonter le moral, c’est tout le contraire qui s’est passé.

« Au début de la saison, tout baignait dans l’huile pour lui. Mais quand Carey [Price] s’est blessé, les données ont changé. C’est d’ailleurs pour cette raison que je l’ai appelé en fin de saison. J’entendais beaucoup de rumeurs le concernant. Quand on s’est parlé, il m’a beaucoup surpris par son positivisme », atteste Lemaire, qui occupe le 12e rang dans l’histoire de la LNH chez les entraîneurs avec 617 victoires à sa fiche. « Les entraîneurs parlent de plein de choses avec leurs adjoints et ils leur demandent leur avis, mais au bout du compte, c’est l’entraîneur-chef qui prend les décisions finales. Mike est capable de peser les pour et les contre des choses. Mais s’il n’a pas la bonne solution, il est capable de l’admettre et d’essayer de nouvelles expériences. Ce n’est pas un gars borné qui y va seulement avec ses idées. C’est une grande qualité d’entraîneur. »

Lorsque Marc Bergevin a confirmé dernièrement qu’il n’effectuerait pas de changement à la barre de son équipe en vue de la prochaine saison, cette décision n’a aucunement surprise Lemaire. Ayant appris à bien connaître Therrien au fil des années, l’homme aujourd’hui âgé de 71 ans est d’avis que son ancien joueur est l’homme de la situation à Montréal et qu’il trouvera un moyen pour mener ses troupes dans la bonne direction. Après tout, le pilote est seulement un de quatre entraîneurs-chefs dans l’histoire du Tricolore à avoir enregistré plus de 200 victoires. Quelque chose que même un entraîneur aussi chevronné que Lemaire n’a pas été en mesure de réussir.

« Sa qualité première est qu’il est excellent pour mener ses joueurs. Tout le monde aujourd’hui connait la game et tout le monde aujourd’hui sait quoi faire dans chaque situation de jeu. Mais il reste la façon de communiquer son message et de mener les joueurs de hockey d’aujourd’hui », conclut Lemaire. « Je crois qu’il a fait du très bon boulot sur cet aspect-là. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

En voir plus