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Site officiel des Canadiens de Montréal

On met la table pour la série Canadiens c. Penguins

Marc Dumont analyse la prochaine série disputée entre Pittsburgh et Montréal, lors du tour de qualification

par Marc Dumont, collaboration spéciale traduite par Florence Labelle @MarcPDumont / canadiens.com

On y est presque.

En écoutant attentivement, on peut presque entendre un bruit constant de lames de patins foulant les profondeurs du Scotiabank Arena, alors que les Canadiens s'apprêtent à affronter les Penguins de Pittsburgh.

15 points séparaient les deux clubs lorsque l'on a mis un frein à la saison, reléguant du même coup les Canadiens à un rôle de second plan, rôle qui lui a souri la dernière fois que ces deux équipes se sont affrontées en séries éliminatoires, en 2010.

Les Canadiens pourront-ils répéter cette triomphante performance? Seul le temps le dira, mais les défis demeurent sensiblement les mêmes pour les Glorieux.

Alors qu'il ne fait aucun doute que Sidney Crosby et Evgeni Malkin ont tous deux ajouté un soupçon de sagesse sel et poivre à leur chevelure, ces dernières années, il n'en demeure pas moins qu'ils figurent toujours parmi les meilleurs joueurs au monde. Des aptitudes d'élite allant au-delà des espérances du jeu qui pousseront les compétences à 5-contre-5 des Canadiens à leur limite.

Par flagrant contraste, le Tricolore est l'une des plus jeunes équipes du tournoi, alors que les Penguins sont parmi les plus vieilles et, par conséquent, parmi les plus expérimentées.

La juxtaposition ne s'arrête pas ici.

Faits sur le premier trio

Contrairement à leur adversaire, les Canadiens répartissent le temps de glace de façon relativement constante, dans le but d'épuiser l'équipe adverse grâce à un échec-avant continuel et l'impression d'une énergie inépuisable.

Mais un trio se démarque néanmoins du reste de l'attaque à 5-contre-5, et cette notion s'applique également au reste de la LNH.

Peu savent à quel point il peut être dominant, mais le trio principal des Canadiens se classe parmi les meilleurs de la Ligue lorsqu'il est question de générer une offensive et, conséquemment, tenir la rondelle à 200 pieds de son gardien - la stratégie défensive par excellence.

Attends un instant; vient-il de dire que c'est un trio dominant?

Oh oui.

Laissez-moi m'expliquer.

Le trio composé de Tomas Tatar, Phillip Danault et Brendan Gallagher ne parvient pas tout à fait à cumuler autant de points que certains autres trios de la LNH, notamment en raison de l'importante présence de Danault en désavantage numérique. Ça, on le comprend. Mais une autre façon de voir les choses, c'est en remarquant qu'ils ne garnissent pas leurs statistiques avec l'avantage d'un homme.

Ce trio crée sa part de ravages à 5-contre-5, durant lequel est disputée la majorité des rencontres, et la preuve réside dans les chiffres.

Les statistiques, bien qu'impressionnantes, devraient être accompagnées d'une brève explication.

Chaque fois que tu parviens à contrôler plus de 50% des tirs, des chances de marquer et des buts, il y a de fortes chances que tu sois en train d'aider ton club à gagner des matchs.

Si tu pousses ce nombre au-delà de la barre de 55%, tu donnes à ton équipe une possession de rondelle considérable.

Si tu arrives à approcher les 60%, c'est de l'or en barre.

Au cours des deux dernières saisons, le premier trio des Canadiens a réussi à contrôler plus de 61% des tirs, 63% des occasions de marquer à haut risque et 62% des buts, lorsqu'il était sur la glace.

Une autre manière d'explorer les statistiques de ces trois joueurs serait de décortiquer les plus et moins.

Ils ont un différentiel de +613 dans les tirs, +143 dans les occasions élevées de marquer et +30 dans les buts, tout cela en affrontant le plus haut niveau de compétition du marché.

Comment y parviennent-ils?

Il s'agit d'une question de parfaite chimie, dans leur cas, alors que la somme de leurs touts égale un trio parfaitement équilibré.

Danault est souvent perçu comme étant un centre défensif, mais sa tendance à appuyer profondément la passe en sortie de zone, à gagner les batailles pour la rondelle et à trouver les espaces libres en zone offensive ne devrait pas être ignorée.

Tomas Tatar, qui a discrètement mené l'équipe au chapitre des buts marqués cette saison, est un magicien absolu en zone neutre. Son positionnement mène à un paquet de revirements, souvent avant-gardistes d'occasions de marquer pour le trio. Mais son excellent positionnement ne se limite pas qu'à la zone neutre. Il se sert de sa créativité et de sa vision pour générer des occasions pour ses coéquipiers et lui-même en zone offensive.

La saison dernière, aucun autre joueur de la LNH n'a été sur la patinoire pour un pourcentage plus élevé de tirs effectués que Tatar. Gallagher, impitoyable guerrier devant le filet, n'était pas bien loin derrière, classé au deuxième rang.

Il incarne le travailleur acharné, mais il y a également une certaine technique à la folie de Gallagher, et elle implique de pourchasser les occasions de tir comme un blaireau pourchasse sa prochaine collation. Il faut simplement remplacer les abeilles par des défenseurs mécontents.

Il a mené par une marge significative les attaquants au chapitre des tirs à 5-contre-5, ces trois dernières saisons. En fait, durant cette période, il a mené tous les attaquants de la LNH dans plusieurs catégories clés du monde des statistiques, incluant les tirs mentionnés ci-dessus, les occasions de marquer, les montées au filet et les rebonds provoqués, ce qui explique pourquoi seuls trois autres joueurs - Auston Matthews, Alex Ovechkin et Leon Draisaitl - ont marqué plus de buts à 5-contre-5 que Gallagher, depuis 2017-2018.

🎩 #GoHabsGo

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La plupart de l'attaque des Canadiens provient de ce trio, ce qui met l'accent de la charge offensive sur ses six épaules. Mais comme on lui portera certainement une grande attention, Claude Julien aura besoin d'un flux constant de marqueurs secondaires et tertiaires afin d'aider pendant les séries et de répondre à plusieurs questions pressantes.

Max Domi élèvera-t-il son jeu d'un cran lorsqu'il fera ses premiers pas dans l'après-saison de la LNH? Nick Suzuki parviendra-t-il à ressortir ses tours de magie des séries de 2018-2019 dans la LHO? Artturi Lehkonen saura-t-il répéter ses prouesses des séries de 2015-2016 dans la SHL? Jesperi Kotkaniemi est-il prêt à franchir les prochaines étapes offensivement?

En raison de la durée de la série, ce pourrait tout simplement être une question de celui qui profitera de sa profondeur offensive le plus rapidement.

Porter la pression

En défensive, les Canadiens seront guidés par trois vétérans - Jeff Petry, le capitaine Shea Weber et Ben Chiarot - qui ont tous la capacité de non seulement contrôler le jeu, mais de fournir une offensive non négligeable depuis le fond de terrain.

Les combinaisons les plus intéressantes pourraient survenir sur la troisième paire, où l'on retrouve un groupe de jeunes joueurs prometteurs, dont Noah Juulsen et Cale Fleury, rivalisant pour une place au sein de la formation. Lesdits joueurs amènent un mélange unique de robustesse et d'étincelle offensive, qui pourrait s'avérer une exubérante injection jeunesse cruciale pour la formation.

Mais, comme à l'habitude - du moins d'un point de vue défensif - le succès reposera sur l'habileté de Carey Price à fermer la porte à certains des meilleurs attaquants de l'histoire de la ligue.

À en juger par son nombre d'arrêts par rapport à la moyenne de la Ligue (GSAA), Price a surclassé Matt Murray de manière importante, cette saison, mais ce n'est pas le cas avec Tristan Jarry, ce qui ajoute un autre facteur important devant le filet.

Le mot de la fin

Bien qu'il y ait beaucoup à dire au sujet d'une équipe bien équilibrée versus une équipe chargée à la tête, il ne fait aucun doute que les Canadiens auront une pente escarpée à gravir s'ils souhaitent vaincre les Penguins. Tout comme en 2010, ils devront pouvoir se fier à un effort de la part de toute l'équipe, agencé à quelques sorties-surprises, pour y parvenir. Ils devront aussi améliorer le travail de leurs unités spéciales, et ils n'auront pas beaucoup de temps pour le faire.

Ce ne sera pas facile, surtout considérant le manque d'expérience en séries de la formation, mais comme nous le savons tous - surtout nous qui fouillons les statistiques régulièrement - il y a une raison pour laquelle le jeu se déroule sur la glace et non par simulation.

Il s'agit de la même raison pour laquelle la plupart d'entre nous sont tombés amoureux du hockey; tout peut arriver une fois que le match commence.

[Toutes les statistiques mentionnées sont à 5-contre-5, sauf indication contraire. Via NaturalStatTrick.com]

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