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Marquer l’avenir

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – André Tourigny se souvient très bien du passage de Sven Andrighetto sous ses ordres.

Pour un entraîneur dans les rangs juniors, de voir un de ses joueurs atteindre la Ligue nationale est une récompense en soi. Quand ce joueur met l’emphase sur le fait que vous êtes l’entraîneur qui l’a vraiment poussé à se rendre là, c’est encore plus flatteur.

Lorsqu’il s’est amené à Rouyn-Noranda pour y jouer avec les Huskies, Sven Andrighetto ne savait pas grand-chose de son entraîneur, André Tourigny. L’inverse n’était pas tout à fait vrai par contre.

« Nous l’avions vu jouer au Championnat mondial des moins de 18 ans. En ronde préliminaire on l’avait vu jouer, mais nous n’étions pas tout à fait convaincus. Dans les rondes suivantes, il a été exceptionnel », explique Tourigny qui a été non seulement entraîneur, mais aussi directeur général des Huskies de 2002 à 2013. « C’est là qu’on a décidé de faire les démarches pour aller le chercher. De retour au Canada, nous avons contacté son agent et nous en étions arrivés à une entente. C’était le gars qu’on voulait. »

Le processus pour convaincre Andrighetto de traverser l’Atlantique n’a pas été si compliqué puisque le jeune homme alors âgé de 18 ans poursuivait un rêve, celui de jouer dans la LNH. Et de son propre aveu, c’est cette décision qui lui a permis d’atteindre ce rêve, ce qu’il n’aurait pas été en mesure de faire en demeurant au Suisse.

« Toute sa vie était basée autour de ce rêve de jouer dans la LNH. C’est un gars intelligent. Il analysait beaucoup ce qui se passait autour de lui. Je n’ai pas eu à faire d’intervention pour qu’il s’adapte ou ce genre de chose. Il était tellement exigent envers lui-même que parfois c’en était un peu trop », concède Tourigny, qui a eu la chance de diriger Andrighetto pendant deux campagnes en Abitibi. « Il voulait tellement performer, tellement gagner que ça pouvait parfois être plus compliqué. Il avait du feu dans les yeux et il pouvait brasser de l’air quand ça n’allait pas comme il le voulait. Il a appris à contrôler ses émotions depuis. J’ai aimé son approche. Il étudiait beaucoup et avait une excellente éthique de travail sur et en dehors de la glace. »

Tout ce travail a poussé Andrighetto à connaître d’excellents résultats avec les Huskies, amassant 172 points en 115 rencontres, soit une moyenne de presque 1,5 point par match. Dès son arrivée, le jeune homme n’a pas perdu de temps pour faire sa marque, obtenant deux mentions d’aide à son tout premier match avec sa nouvelle formation, le 9 septembre 2011.

« Son intégration s’est très bien passée. Même s’il a dû apprendre le style de jeu nord-américain parce qu’il était habitué aux grandes glaces, c’est quand même un gars qui a de la hargne. C’est un grand compétiteur et ça a aidé à une meilleure intégration », rappelle Tourigny, qui a également pu compter sur la présence de Nikita Kucherov dans son écurie. « Pendant le temps où j’ai été entraîneur à Rouyn-Noranda, je peux facilement classer Sven parmi les trois meilleurs joueurs que j’ai eu l’occasion d’entraîner. C’est un gars qui a eu un impact majeur. Nous avions vraiment une équipe en reconstruction à cette époque et il fait partie des raisons pour lesquelles notre reconstruction avait été si courte. Surtout à l’arrivée de Kucherov, ils font certainement partie de mon top-3.»

Si Tourigny a depuis fait des séjours avec l’Avalanche et les Sénateurs avant d’être embauché à titre d’entraîneur-chef des Mooseheads d’Halifax, il garde quand même ses attaches par rapport à son joueur vedette de l’époque.

« Je lui écris quand même souvent. Je suis vraiment fier de lui. On ne se parle pas toutes les semaines, mais on reste en contact. Il est venu à Rouyn pour réaliser ses rêves et il a laissé tout un impact dans la communauté. À Rouyn, Sven va toujours être un héros, il n’y a aucun doute là-dedans », explique celui qui a pu compter sur la loyauté de l’attaquant malgré son passage rapide au sein de sa troupe. « Autant que j’ai pu apporter quelque chose à Sven, autant il a fait de même avec moi. C’est cette relation que tu veux avoir avec un joueur de hockey. J’ai pris soin de lui, mais il a toujours pris soin de moi aussi en m’offrant de belles performances. Dans la dernière série qu’on a jouée ensemble, contre Halifax, alors qu’on tirait de l’arrière par trois matchs, il n’a jamais arrêté et s’est battu jusqu’à la fin. »

Et encore aujourd’hui, Sven Andrighetto continue de se battre pour concrétiser son rêve.

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com.

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