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Mano a mano

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Un gardien de but. Un joueur. La victoire ou la défaite au bout du bâton. Là est la réalité des tirs de barrage.

Intégrés dans la LNH depuis la saison 2005-2006, les tirs de barrage ont scellé l’issue de quelques centaines de rencontres. Mais alors que de plus en plus de jeunes font leur entrée dans le circuit Bettman, de nouvelles manœuvres, toutes aussi spectaculaires les unes que les autres font leur apparition.

«On voit beaucoup plus de créativité de nos jours. Les gars sont prêts à sortir un lapin de leur chapeau à tout moment. Ils ne sont pas très conservateurs. C’est rare que tu doives seulement affronter un tir standard. Tu dois être prêt pour toute une panoplie de trucs», souligne Carey Price, qui présente un pourcentage d’arrêt de 71,2% dans ces situations, au huitième rang des gardiens qui ont disputé 40 tirs de barrage ou plus. «Tu dois seulement lire le jeu et réagir. On voit les gars faire des choses particulières et certains ont des habitudes. Mais je ne veux pas me fier à ça. Je l’ai fait par le passé et ça m’a mis dans le trouble. J’essaie vraiment d’être patient et de réagir. »

Selon le gardien étoile de 27 ans, les fantaisies qu’ajoutent certains joueurs à leurs feintes quoique spectaculaires sont souvent nuisibles pour eux-mêmes.

«Un gars qui arrive avec de la vitesse et qui garde les choses simples. Voilà ce qui est le plus difficile à arrêter », avoue celui qui a été parfait jusqu’ici en 2014-2015, stoppant les sept tireurs qu’il a dû affronter. «Tu t’attends parfois à quelque chose d’extravagant et quand un gars garde les choses simples, ça va généralement assez vite. Le plus simple est parfois le meilleur. »

Toujours invaincu en tirs de barrage en carrière, Dustin Tokarski, a une approche similaire à celle de Price.

«Mon approche, c’est vraiment juste d’y aller sans vraiment savoir ce que le joueur va faire, de lire ses intentions et de réagir en fonction de ça», mentionne Tokarski qui a déjà été impliqué dans deux séances jusqu’ici en 2014-2015, séances qui se sont terminées en sa faveur, stoppant huit des 11 tireurs qui se sont amenés contre lui. «Avec le temps, les joueurs tentent de nouvelles choses et ont de nouvelles idées. Avec les vidéos, YouTube et ce genre de choses, c’est facile de s’inspirer. Les gars apprennent des mouvements spéciaux et tentent des feintes plus complexes. Il y a pas mal plus de variété aujourd’hui que par le passé. »

S’il connaît de bons moments lorsqu’il affronte les joueurs adverses sur la glace, Tokarski sait qu’il peut également être d’une aide précieuse, même lorsqu’il occupe le rôle de gardien suppléant.

«Si je regarde un match à partir du banc, je vais me concentrer sur le gardien adverse et lui trouver des faiblesses. Je donne ensuite des conseils aux gars », mentionne Tokarski, qui croit toutefois que si ses coéquipiers sont dans la LNH, il y a une raison. «Ils savent ce qu’ils font, ils sont dans la Ligue pour une raison. Et les gardiens sont extraordinaires aussi. Comme je viens d’arriver dans la Ligue, j’assimile encore toute l’information qu’il m’est possible d’assimiler. »

Si les Canadiens sont bien servis devant le filet grâce à Price et Tokarski, ils le sont également à l’avant, avec notamment les contributions de Pierre-Alexandre Parenteau et David Desharnais, deux spécialistes en la matière.

«C’est vraiment l’fun. Tu peux juste rêver de ça quand tu es jeune, de te retrouver en tirs de barrage devant 20 000 personnes. Quand ça arrive, c’est spécial. Tu le sens à travers toi que c’est intense », mentionne Parenteau, qui présente une incroyable moyenne d’efficacité en carrière de 50%. «Surtout quand tu as la chance de faire gagner ton équipe au bout du bâton. C’est encore plus cool. Tu te concentres encore plus et tu veux vraiment réussir. »

Ayant marqué jusqu’ici trois buts décisifs en tirs de barrage cette saison, Parenteau assure que même s’il s’agit d’un moment où le talent individuel est particulièrement mis à l’honneur, c’est tout un sentiment de sentir l’équipe au banc.

«C’est personnel, mais en même temps, tu sens vraiment que l’équipe est derrière toi. Tu sens que les gars sont debout, qu’ils veulent vraiment que tu marques. Tu ne te sens pas trop tout seul», souligne Parenteau, qui avoue travailler sur quelques différentes feintes, pour ne pas présenter toujours la même aux gardiens adverses. «C’est sûr que c’est stressant quand l’entraîneur te tape dans le dos pour te dire d’y aller, mais avec le temps, j’ai appris à gérer mon stress. Les premières fois où j’y suis allé, je ne savais pas trop ce que je faisais, je me disais qu’il arrivera ce qu’il arrivera. Aujourd’hui, je suis plus en contrôle, j’ai confiance en mes moyens et je suis capable de bloquer le stress.»

Et Pierre-Alexandre Parenteau se souvient-il de sa première fois?

«Je me souviens de mon premier tir de barrage. J’étais à Portland dans la Ligue Américaine. Je ne pense pas que j’avais marqué par contre. J’étais beaucoup trop nerveux», lance Parenteau à la blague, ajoutant qu’il a éventuellement marqué quelques années plus tard, à Hartford. «C’était tout un feeling. »

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com.

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