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par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL - Max Pacioretty en a fait du chemin depuis ses débuts à l'Université du Michigan, et ses anciens compagnons de trio ne pourraient être plus fiers de ses accomplissements.

En 2007-2008, le numéro 67 du Tricolore a joué son unique saison avec le programme de hockey universitaire le plus victorieux, arborant le jaune et bleu au sein d'un trio complété par le capitaine Kevin Porter et l'assistant-capitaine Chad Kolarik, qui en étaient tous deux à leur dernière année à ce moment-là. Le trio était largement considéré comme le meilleur au pays, amassant un total de 78 buts et 158 points en 33 rencontres, menant les Wolverines à une fiche de 33-6-4, au titre de la Central Collegiate Hockey Association et à une 23e participation au Frozen Four de la NCAA.

Max Pacioretty a connu beaucoup de succès à sa seule saison à l'Université du Michigan.

Pendant que Porter et Kolarik remplissaient les filets adverses et figuraient parmi les meilleurs pointeurs au pays, Pacioretty assumait un rôle fort différent de ses deux coéquipiers. Faire scintiller la lumière rouge n'était pas nécessairement au sommet de ses priorités.

«Je n'étais pas aussi orienté vers l'offensive autant dans les juniors que je le suis maintenant. Je jouais un rôle similaire à celui de Brendan Gallagher, où j'essayais de créer de l'espace pour mes coéquipiers, déranger les gardiens adverses, jouer physique, lancer la rondelle dans le fond de la zone et mettre de la pression. Le fait de pouvoir garder mon jeu aussi simple permettait à Kevin et Chad d'être un peu plus créatifs », d'expliquer Pacioretty, qui a été nommé sur l'équipe d'étoiles recrues de la CCHA (avec le défenseur Jeff Petry, qui portait les couleurs de Michigan State à l'époque) et qui a remporté le titre de recrue de l'année de la CCHA après avoir mené sa cohorte avec 12 buts et 28 points en 25 matchs.

« C'est dur d'avoir trois gars qui pratiquent le même style sur le même trio. Il devient prévisible, et des fois, c'est plus facile à jouer contre ce genre de combinaison. Je connaissais mon travail dans ce rôle. Ce n'était pas difficile à jouer. Les entraîneurs me répétaient très souvent que je devais être physique et créer de l'espace pour permettre aux gars de faire des jeux. Ça a fonctionné à merveille», ajoute Pacioretty.

Ça a effectivement fonctionné à merveille et ça lui a aussi permis de gagner le respect de ses pairs, qui ne pouvaient qu'admirer l’éthique de travail du natif de New Canaan au Connecticut à son arrivée à Ann Arbor.

Kevin Porter (No 11) et Chad Kolarik (No. 24) ont été deux des joueurs les plus influents dans la carrière de Pacioretty.

« Même s'il venait d'être repêché par les Canadiens dans la LNH, il était prêt à faire un pas en arrière. Il n'a jamais eu un égo démesuré. C'était vraiment gros pour notre trio. Lorsque tu as deux joueurs de dernière année qui essaient de se faire un nom, ce n'est jamais facile. Kevin et moi essayions de faire de notre mieux pour décrocher un contrat dans la LNH et s'assurer du travail. Ports et moi avions une bonne chimie. Je crois que pour Max, d'avoir un siège de passager, c'était assez spécial pour lui », se confie Kolarik, qui a été choisi au 199e rang par les Coyotes de Phoenix en 2004, et qui évolue présentement outremer avec l’Avangard d’Omsk dans la KHL.

«Je crois aussi qu'il n'a pas été reconnu à sa juste valeur lorsqu'il était là-bas. J'imagine que les joueurs de quatrième année attiraient plus l'attention. Il a peut-être été notre joueur le plus important. Je crois que, physiquement, il était en avance pour son âge. Il était le gars qui allait dans le coin pour nous et qui se plaçait devant le filet en avantage numérique. Il a seulement eu 15 buts et 39 points à son année recrue, mais je dis seulement 15 buts parce qu'il aurait dû en marquer plus », d'ajouter Kolarik, qui a également appartenu aux Blue Jackets de Columbus, aux Rangers de New York et aux Penguins de Pittsburgh. «S'il n'avait pas joué avec nous, il en aurait probablement marqué beaucoup plus avec le tir qu'il possède. Il a toujours eu la gâchette rapide et un talent particulier pour les tirs sur réception. Il était comme ça même avant. Il aurait été la vedette sur le trio. Il était un joueur spécial, ça c'est sûr. Il l'est encore. »

Cette caractéristique s'appliquait non seulement au travail de Pacioretty sur la glace, mais aussi en dehors de la glace. Il n'a pas fallu beaucoup de temps au meilleur pointeur des trois dernières années chez les Canadiens pour s'affirmer comme un joueur modèle pour les Wolverines, même à un âge relativement jeune.

« Il était assurément le leader du groupe des 12 recrues que nous avions cette année-là. Il a pris ces joueurs sous son aile. Je sais qu'il a pris Aaron Palushaj sous son aile. Ils étaient au gymnase tous les jours, que ce soit pour travailler sur leurs abdominaux ou leurs avant-bras pour améliorer leur tir ou juste pour s'entraîner. Il est probablement celui qui a travaillé le plus fort de tous les gars. Son éthique de travail à l'extérieur de la glace était impeccable. Il était très impressionnant de ce côté », d'ajouter Kolarik, qui avait aussi comme coéquipiers les recrues Carl Hagelin, Louie Caporusso, Matt Rust et Benn Winnett - tous des joueurs repêchés dans la LNH. «Ça démontre le type de caractère qu'il a, et je crois que c'est l'une des nombreuses raisons pour laquelle il est assistant capitaine à Montréal. Il montrait ses qualités déjà à ce moment. »

Pacioretty a appris d'importantes leçons de leadership cette année-là, qui l'aident dans son rôle d'assistant captaine à Montréal.

Maintenant membre des Griffins de Grand Rapids dans l’AHL, Porter est tout à fait en accord avec son ancien coéquipier, reconnaissant que les habiletés de Pacioretty, encore adolescent à l'époque, ressemblaient plutôt à celles de quelqu'un de beaucoup plus vieux et de bien plus expérimenté.

« Je dirais qu'il était dominant à son année recrue. Il était au-dessus de plusieurs joueurs, même des joueurs de troisième et quatrième année. Tout le monde savait qu'il allait devenir un bon joueur, surtout après quelques années au niveau professionnel. Je ne crois pas que quelqu'un est surpris du succès qu'il connait à Montréal. C'est plaisant à voir », mentionne Porter, qui a mis la main sur le trophée Hobey Baker en 2007-2008 en tant que meilleur joueur universitaire au pays. « Il jouait vraiment un jeu complet. C'était vraiment ce qu'il faisait. Il jouait bien offensivement. Il jouait bien défensivement. Il frappait. Il bloquait des tirs. Il faisait toutes ces petites choses. Tu ne vois pas vraiment ça des joueurs qui arrivent des rangs juniors. C'est quelque chose que tu apprends pendant tes quatre années. Lui, il est arrivé en maîtrisant déjà tous ces aspects, et c'est pourquoi il s'est développé aussi vite. C'est pour ça qu'il est un joueur élite dans la LNH. »

Pour sa part, Pacioretty insiste que même si les bases fondamentales de son jeu étaient déjà bien ancrées avant d'entrer à l'université, le fait de se joindre à Porter et Kolarik lui a permis d'atteindre des nouveaux sommets.

« Kevin était assurément le meilleur joueur à l'université et Chad n'était pas très loin derrière lui. J'ai beaucoup appris et j'ai bénéficié énormément de jouer avec deux des meilleurs joueurs du pays dès ma première année. Mon expérience à là-bas n'aurait pas été si positive si je n'avais pas eu ces deux-là à mes côtés. Je dois beaucoup de mon succès à cette expérience », admet Pacioretty, qui mène les Canadiens cette saison avec 37 buts, 66 points et un différentiel de plus-39 en 77 matchs.

Pacioretty figure parmi les meilleurs marqueurs de la LNH, faisant scintiller la lumière rouge régulièrement.

«Encore aujourd'hui, je considère Kevin comme l'un des coéquipiers les plus influents que j'ai eus. Il est l'un des meilleurs capitaines pour qui j'ai joué. Lorsque je suis arrivé à Michigan, je sentais que je faisais partie de l'équipe. Kevin et Chad ont fait un bon travail en nous faisant sentir important dans nos succès. C'est une qualité qui démontre beaucoup de leadership. Je crois que Saku [Koivu] avait ça. Brian [Gionta] était comme ça aussi. Ce que les gars ont fait pour moi, c'est quelque chose que j'espère me rappeler longtemps, et faire pour quelqu'un qui serait dans la même position que j'étais », d'ajouter le vétéran de sept saisons dans la LNH, qui garde de très bons souvenirs de son passage dans le Michigan. «En y repensant, c'est de loin l'année la plus importante de ma carrière. Je dois tous le succès et les commentaires positifs à mes entraîneurs et mes coéquipiers là-bas. Surtout Chad et Kevin. »

Et toutes ces années plus tard, Pacioretty se base encore sur ces expériences uniques à Michigan pour faire davantage sa place parmi l'élite de la LNH.

«Je crois que je jouais un style beaucoup plus robuste à l'université que maintenant. C'est comme ça que tu dois jouer en séries pour avoir du succès dans la LNH. D'avoir joué ce rôle, ce type de jeu, ça m'aide beaucoup. Ça ne s'est pas transposé encore complètement en séries d'après-saison. Espérons que lorsque les séries se mettront en marche cette saison, je pourrai incorporer ces atouts pour avoir du succès », de conclure Pacioretty, qui a cumulé cinq buts et onze points en 21 matchs de séries en carrière dans la LNH. « D'être capable d'incorporer certaines de mes anciennes habitudes à Michigan à mes nouvelles habitudes peut m'aider à devenir une double menace et obtenir plus de succès dans cette ligue. C'est fou comment j'ai changé. J'avais l'habitude de toujours chercher quelqu'un à qui passer. Mon jeu est complètement différent maintenant, j'ai cette mentalité de tirer en premier et j'ai du succès avec ça. Je veux être meilleur encore. C'est un travail en développement.»

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Régis.

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