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Les Scrivens

par Staff Writer / Montr��al Canadiens

MONTRÉAL – Il y a des offres qui sont parfois impossibles à refuser.

Dans le cas de Jenny Scrivens, la femme de Ben Scrivens, gardien des Canadiens, l’occasion de jouer de façon compétitive au hockey féminin après une absence de six ans était trop belle. Scrivens, qui n’avait pas enfilé d’équipement de gardien pour vrai depuis ses années à l’Université Cornell en 2009, a retrouvé l’amour du sport l’été dernier, et ce, sur deux aspects. Non seulement s’est-elle joint à l’équipe de relations publiques et de relations de presses de la nouvelle ligue féminine américaine, la NWHL, établie à Brookyln, mais elle a également joint les rangs des Riveters de New York, en tant que gardienne de but.

Crédit photo: Troy Parla

«Je crois que c’est l’apogée de plusieurs choses. Le timing était excellent et j’avais l’impression que c’était pour moi la bonne chose à faire. Ça a commencé avec la possibilité d’utiliser mes études en communications et en affaires pour aider à faire connaître le hockey féminin. Ça a toujours été une passion pour moi de tenter d’attiser l’intérêt des jeunes filles envers le hockey et d’attirer l’attention sur le hockey féminin en général », explique Scrivens, qui s’est entendue avec les Riveters en août dernier. «D’être en mesure de vivre chaque jour une vie de joueuse tout en aidant à promouvoir le sport, je n’aurais pu rêver d’un meilleur travail. Lorsque cette occasion s’est présentée, je ne pouvais dire non. »

La jeune femme de 27 ans originaire de Camarillo, en Californie, a eu la chance de sauter sur la glace en juillet dernier pour son alma mater, à Ithaca, New York, dans le cadre du match hors-concours Rackers Rivals Big Red à l’aréna Lynah Rink. Elle y était en compagnie de joueurs de la LNH comme Brian Gionta et Dustin Brown et du membre du Temple de la renommée Joe Nieuwendyk. Son mari, Ben Scrivens, a également participé, troquant ses jambières de gardien pour plutôt patrouiller la ligne bleue. La rencontre a marqué le retour de Jenny entre les poteaux.

«C’était la première fois que je remettais les choses en route. Quelques semaines plus tard, j’ai décidé que je jouerais de nouveau. Mes premières leçons ont été frustrantes puisque je savais ce que je voulais faire, mais la coordination et l’équilibre n’y étaient pas encore. Je ne pouvais pas me déplacer d’un côté à l’autre du filet aussi rapidement que je l’aurais souhaité. Il fallait rebâtir cette mémoire musculaire », admet Scrivens, qui portait l’ancien équipement de gardien de son mari à Edmonton lors de ses entraînements. «Puis tout est devenu plus rapide. La courbe d’apprentissage a été très prononcée. »

Ben était plus qu’heureux de donner un coup de main, aidant la transition de Jenny vers les rangs professionnels au fur et à mesure que la saison régulière approchait. Non seulement le vétéran de cinq saisons dans la LNH a-t-il mis sa conjointe en contact avec les meilleurs entraîneurs de gardiens disponibles, mais il y est également allé de trucs et de conseils, alors qu’elle devenait plus à l’aise.

«Ben m’a fait rencontrer l’entraîneur Timm Lorenz au Colorado, où nous passons nos étés. Ben le laissait travailler avec moi, puis nous discutions ensemble de certaines choses. Je lui pose des questions chaque soir depuis que j’ai signé mon contrat. Il a même dessiné des mouvements et des angles sur une serviette de table pour me montrer », se souvient Scrivens, qui insiste sur le fait que le support indéfectible du numéro 40 a joué un rôle clé dans sa décision de revenir au jeu. «Il m’a aussi recommandé un autre entraîneur à Edmonton, Blair Faulkner. Il a un excellent système vidéo pour enregistrer mes séances d’entraînement. Le summum de la technologie. Puis Ben et moi écoutions les enregistrements. Il me montrait mes points forts et mes points faibles. C’est comme avoir un professeur privé pour faire ses devoirs. »

En plus de l’aider avec les questions techniques, Ben l’a aussi aidé au niveau mental. Évoluant au niveau professionnel depuis la campagne 2010-2011, il avait une bonne idée des défis qui se dresseraient devant sa femme lorsqu’elle enfilerait les jambières pour une première fois en plus de cinq ans.

«Ben m’a beaucoup aidé à comprendre le portrait global de ce que ça représentait d’être un gardien. Il m’a aidé à me préparer mentalement pour les étapes que sont les entraînements et les matchs », explique Scrivens, qui a disputé 52 matchs à Cornell entre 2006 et 2009, présentant une moyenne de buts alloués de 3,06 et un pourcentage d’arrêts de 0,905, avant d’obtenir son diplôme en 2010. «J’étudie beaucoup plus le jeu. Je n’ai jamais vraiment quitté le monde du hockey, j’ai seulement fait un pas en arrière, entraîné des jeunes filles et regardé beaucoup Ben jouer. Ça m’a aidé quand j’ai recommencé l’entraînement. De ressortir mon côté compétitif naturel est vraiment bien. En tant qu’athlète, tu ne perds jamais vraiment ce désir de la compétition. »

Aujourd’hui, c’est avec passion qu’elle poursuit son double emploi dans le hockey féminin, tablant sur ses expériences de travail précédentes dans les communications et le marketing pour aider à faire grandir le sport chez la gent féminine.

«J’ai l’impression que le hockey m’a placé où je suis aujourd’hui. Ça a eu un impact sur ma vie professionnelle et personnelle. Ça a rendu ma vie meilleure. Je veux donner cette occasion de s’épanouir dans le hockey à des jeunes filles. Je veux qu’elles regardent des joueuses de hockey et qu’elles se disent ‘’Un jour, ça pourrait être moi’’. Personne ne peut me dire que c’est impossible de devenir joueuse professionnelle de hockey », décrie Scrivens, qui a été directrice des communications pour le Manoir Ronald McDonald d’Edmonton, avant de changer de carrière. «Je veux donner des buts et des rêves à ces petites filles. C’est ce qui compte. C’est pour ça que je suis là. »

C’est exactement ce qui s’est passé lorsque le Pride de Boston de la NWHL a affronté les Canadiennes de Montréal de la LCHF, lors du tout premier match extérieur féminin disputé au Gillette Stadium la veille du jour de l’An, 24 heures avant que Ben et le reste des hommes de Michel Therrien n’affrontent les Bruins lors de la Classique Hivernale. Nul besoin de dire qu’il s’agissait d’une grosse fin de semaine pour le couple.

«C’était un rêve qui devenait réalité. Je regarde le hockey féminin depuis longtemps. Je n’aurais jamais cru qu’on aurait fait partie d’un événement de la sorte un jour, que des femmes participent à une Classique Hivernale », mentionne Scrivens, qui a assisté au match des femmes en compagnie de Ben après l’entraînement des Canadiens à Foxborough cette journée-là. «Ça démontre bien les pas de géants qui ont été faits dans ce sport. J’étais fière d’y être. Ben sait comment on travaille fort. C’était comme le retour du balancier. »

En ce qui concerne le récent déménagement de Ben à Montréal, Jenny ne pourrait être plus heureuse.

«J’ai entendu tellement de bonnes choses à propos de cette ville. Je connais beaucoup de gens qui sont allés à l’école ou qui ont voyagé ici. Tout le monde dit la même chose. Ils parlent des partisans, à quel point ils aiment le hockey et supportent l’équipe. Même mes amies dans la communauté du hockey me textaient au moment de l’annonce de l’échange et me disaient à quel point j’allais aimer ça », de conclure Scrivens, bien heureuse de faire partie de la grande famille des Canadiens.

«Chaque fois que Ben change d’adresse, je le vois comme une nouvelle opportunité. C’est une occasion de rencontrer de nouvelles personnes. C’est tellement excitant quand une équipe t’accueille à bras ouverts. Tu as tendance à vouloir faire la même chose », ajoute Scrivens. «J’ai étudié la langue française au secondaire en Californie, alors je m’efforce de retrouver les bases. On tente tous les deux d’en apprendre un peu plus chaque jour. En tant que joueuse de hockey, je me disais que ça pourrait aider à un moment ou un autre. Et voilà! »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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