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Les Jeux olympiques ont aidé le gardien des Canadiens à prendre de la maturité

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL- Il y a un an, le tournoi de hockey masculin des Jeux olympiques 2014 de Sotchi entrait dans la phase de la ronde des médailles. Afin de souligner cet anniversaire, LNH.com dresse le portrait de trois joueurs qui ont utilisé l’une des plus importantes scènes du monde du hockey pour se placer sous les projecteurs, et qui ont profité de cette célébrité au cours de la saison 2014-15 de la LNH.

Aujourd’hui, on jette un regard sur le gardien du Canada Carey Price, qui a mené son équipe à une deuxième médaille d’or de suite.

Quand Carey Price a quitté pour les Jeux olympiques de Sotchi 2014, on ne savait pas tout à fait qui de lui ou le titulaire du poste, Roberto Luongo des Panthers de la Floride, serait le partant pour le Canada.

C’était la position que le monde du hockey considérait peut-être comme la faiblesse de la puissante équipe canadienne.

Quand Price est retourné avec les Canadiens de Montréal quelques semaines plus tard, il l’a fait avec une médaille d’or au cou, lui qui a été nommé meilleur gardien du tournoi olympique après avoir signé un blanchissage dans le gain de 3-0 du Canada contre la Suède en grande finale, qui a été disputée il y a un an jour pour jour lundi.

Price a stoppé 103 des 106 lancers qui ont été dirigés vers lui en cinq départs à Sotchi, et 70 des 71 lancers auxquels il a fait face lors des trois matchs éliminatoires, faisant taire les sceptiques qui voyaient en sa position la faiblesse potentielle du Canada.

« J’avais assez confiance en mes capacités avant le tournoi, a déclaré Price. Je savais de quoi était composé le groupe de joueurs derrière qui je jouais, je savais que ce serait une très bonne chance de gagner. C’est cette mentalité que j’avais, et tout ce que j’ai eu à faire c’est faire ma part. Heureusement pour moi, les choses se sont bien déroulées, l’équipe a très bien joué devant moi et tout a été fait exactement comme prévu. »

Max Pacioretty, coéquipier de Price avec les Canadiens, mais adversaire avec les États-Unis à Sotchi, s’émerveille d’à quel point peu de choses ont changé chez Price depuis les Jeux olympiques, du moins pour ce qui est de sa personnalité. Price est reconnu pour être discret et réservé, son calme naturel faisant de lui le candidat pour le rôle plus que stressant qu’il joue tous les jours à Montréal, et pour celui qu’il a rempli pendant deux semaines à Sotchi.

« On ne sait évidemment pas toujours ce qui se passe dans la tête de tout le monde, mais je n’ai jamais vu Carey agir différemment de ce qu’il fait jour après jour, a dit Pacioretty. C’est ce qui fait qu’il est si bon. Les meilleurs joueurs au monde sont comme ça, il n’y a jamais de hauts ou de bas, et je n’ai jamais vu quelqu’un faire mieux que Carey de ce côté-là. »

Mais quelque chose a assurément changé à Sotchi pour Price, même si son comportement est demeuré le même.

Et un coup d’œil à ses statistiques rend le tout assez évident.

Avant les matchs de dimanche, Price avait de loin le meilleur taux d’efficacité de la ligue parmi les gardiens qui ont disputé au moins 1500 minutes au cours de l’année depuis les Jeux olympiques, d’après le site Web war-on-ice.com. Son pourcentage d’arrêts de ,935 en 58 matchs joués depuis la conquête de la médaille d’or du Canada le 23 février 2014 surpasse facilement le deuxième gardien sur la liste, Craig Anderson des Sénateurs d’Ottawa, qui a présenté un taux d’efficacité de ,926 en 42 rencontres.

Pour mettre ces neuf points de différence entre Price et Anderson en perspective, il y a 16 gardiens derrière Anderson dans cette liste qui accusent un retard du même nombre de points que ceux qui le séparent de Price.

Si on jette un coup d’œil à l’année précédant les Jeux de Sotchi, Price affichait un pourcentage d’arrêts de ,917 en 74 matchs disputés entre le 23 février 2013 et la pause olympique. Ça le classait au 19e rang parmi les gardiens de la LNH ayant joué au moins 1500 minutes, loin derrière le taux d’efficacité de ,930 du meneur Josh Harding du Wild du Minnesota.

Alors même si Price l’individu est toujours le même, il est assez évident que Price le gardien a changé.

« Les choses ont juste commencé à bien se passer. Tu trouves ta zone de confort », a évoqué Price en haussant les épaules. « Je ne sais pas si c’est simplement une question de maturité ou de savoir que tu as ce qu’il faut ou peu importe ce que c’est, tu sautes sur la glace et tu fais ton travail. Il te faut évidemment une équipe devant toi pour bien jouer. J’ai pleinement confiance en ceux qui jouent autour de moi, et c’est la pure vérité. Tout ce dont je me soucie c’est de faire le premier arrêt, et quand tu le fais ça simplifie vraiment les choses. »

L’entraîneur du Canada à Sotchi, Mike Babcock des Red Wings de Detroit, a admis à la suite de la victoire de 1-0 contre les États-Unis en demi-finale du tournoi olympique que lui et son personnel d’entraîneurs avaient dû prendre en compte le manque d’expérience dans les matchs importants sur le curriculum vitae de Price avant de prendre la décision de lui confier le filet pour la portion à élimination directe du tournoi. Cependant, leur plan avait toujours été d’y aller avec Price à moins qu’il leur donne une raison de ne pas le faire, ce qu’il n’a jamais fait.

Babcock a mentionné qu’il n’était pas le moins du monde surpris de voir ce que Price avait accompli depuis, prouvant ainsi que leur décision de lui faire confiance était plus évidente qu’elle l’avait semblé à l’époque. Babcock a dit la semaine dernière qu’il considérait que Price et Pekka Rinne, des Predators de Nashville, se trouvaient au sommet d’un groupe de gardiens d’élite dans la LNH aujourd’hui, mais qu’une chose séparait Price des autres.

« Price, selon moi, est le plus calme de tous, a expliqué Babcock. Il fait partie de l’élite pour manier la rondelle. Il semble être dans d’excellentes dispositions. Montréal ne marque pas une tonne de buts, et il en accorde encore moins.

« Lorsqu’un joueur obtient une chance de qualité dans l’enclave, il fait en sorte que ce dernier croit n’avoir aucune chance. »

Autrefois, il s’agissait d’un signe que Price était au sommet de son art, lorsqu’il faisait en sorte que les arrêts difficiles avaient l’air faciles. Pendant des années, ces moments ressortaient du lot en raison du manque de constance affiché par Price au début de sa carrière. Maintenant, ce qui ressort sont les moments où Price effectue un arrêt spectaculaire, car il a très rarement besoin de le faire, son positionnement, son anticipation et ses qualités athlétiques lui permettant la plupart du temps de se placer au bon endroit bien avant que la rondelle n’arrive.

Ce calme et ce contrôle devant le filet donnent confiance aux Canadiens, et cela est la suite logique de l’un des changements majeurs survenus dans le rôle de Price à Montréal depuis les Jeux olympiques. Ce changement a eu lieu cet été, lorsque le capitaine des dernières saisons Brian Gionta a quitté l’équipe à titre de joueur autonome sans compensation pour s’entendre avec les Sabres de Buffalo.

Les Canadiens n’ont pas remplacé Gionta, nommant plutôt Pacioretty, P.K. Subban, Andrei Markov et Tomas Plekanec capitaines adjoints. En procédant de la sorte, le sentiment général était que le capitaine non officiel de l’équipe était devenu Price.

Il a donc occupé un plus grand rôle dans le vestiaire des Canadiens, pas nécessairement à titre de leader vocal, car cela ne cadre pas avec sa personnalité, mais plutôt avec la manière dont il s’occupe de ses affaires et en tant que joueur que ses coéquipiers peuvent prendre comme exemple.

L’expérience de Price à Sotchi l’a aidé à se forger le caractère d’un meneur d’équipe.

« Je crois que ce qui explique le plus cela est que j’ai joué avec quoi, 15 capitaines ou quelque chose comme ça au sein de l’équipe?, a rappelé Price. J’ai donc pu observer de près comment 15 capitaines de 15 autres équipes de la LNH se comportaient. »

Le Canada comptait en fait sept capitaines de la LNH dans sa formation à Sotchi: Sidney Crosby des Penguins de Pittsburgh, Jonathan Toews des Blackhawks de Chicago, Shea Weber des Predators de Nashville, Ryan Getzlaf des Ducks d’Anaheim, John Tavares des Islanders de New York, Jamie Benn des Stars de Dallas et Martin St. Louis, qui était capitaine du Lightning de Tampa Bay à l’époque. Cependant, huit autres joueurs étaient adjoints au capitaine, ce qui porte le total de joueurs qui arboraient une lettre sur leur chandail dans la LNH à 15 sur les 25 joueurs qui se trouvaient dans l’alignement du Canada.

« Ce fut probablement la partie la plus cool, de pouvoir regarder cela, d’observer un vestiaire comme celui-là, a admis Price. Je ne crois pas avoir fait partie d’un vestiaire aussi confiant et où les joueurs prenaient autant la parole. C’était probablement l’élément le plus cool de toute cette expérience.

« C’était quelque chose de très spécial à observer. »

Price a pris note de ce qu’il a observé, et a ramené cela à Montréal avec lui, avec sa médaille d’or et tout ce qui vient avec. L’impact positif que cette conquête a eu sur les Canadiens est impossible à mesurer, mais un coup d’œil à la fiche de l’équipe peut en donner une bonne idée. Montréal montre un dossier de 51-23-7 en saison régulière depuis le retour de la pause olympique, et a atteint la finale de l’Association de l’Est l’an dernier, s’inclinant en six matchs contre les Rangers de New York après que Price eut subi une blessure dans le premier match qui l’a tenu à l’écart pour le reste de la série.

« Il a pris beaucoup de maturité », a observé l’entraîneur des Canadiens Michel Therrien en parlant de l’expérience de Price aux Jeux olympiques. « En étant entouré de joueurs appartenant à l’élite et de joueurs très spéciaux, on apprend de ses pairs. Il est devenu un très bon leader.

« Il est très respecté dans le vestiaire, car c’est un gagnant, et personne ne pourra y changer quoi que ce soit. »

Le correspondant de LNH.com Brian Hedger a contribué à cet article

Auteur: Arpon Basu | Directeur de la rédaction LNH.com

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