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Les arts martiaux mixtes ont aidé Mike Condon

par Staff Writer / Montréal Canadiens

VANCOUVER -- Le gardien Mike Condon a dû se battre avec acharnement pour tout ce qu'il a obtenu jusqu'ici dans le monde du hockey, y compris son poste actuel de réserviste avec les Canadiens de Montréal. Il n'y a donc rien de surprenant à ce qu'il se soit entraîné avec un adepte des arts martiaux mixtes pour obtenir sa place dans la LNH.

Parmi les principaux facteurs qui ont contribué à l'ascension inattendue du diplômé de Princeton, qui est passé du statut de joueur jamais repêché et sans contrat à celui de hockeyeur ayant contribué au meilleur début de saison dans l'histoire des Canadiens, il y a son travail avec Scott Ream, un combattant en arts martiaux mixtes qui dirige le centre d'entraînement Pro Elite à Cape Cod, au Massachusetts.

« J'étais gras, j'étais en méforme, j'étais un gardien issu de l'université qui avait une idée limitée de ce qu'était l'entraînement, qui avait obtenu ce contrat de la LNH et n'avait aucune idée comment s'y préparer », a déclaré Condon à LNH.com en racontant ses démarches pour communiquer avec Ream, qu'il a rencontré il y a trois ans à la suite de recommandations « bouche à oreille ». «Il a pas mal tout changé. »

C'est seulement à sa quatrième année à Princeton que Condon est devenu le gardien partant, mais le pourcentage d'arrêts de ,923 qu'il a affiché à l'issue de cette dernière saison-là lui a quand même valu par la suite un essai à titre de joueur amateur dans la Ligue de la côte Est (ECHL). Après avoir affiché un pourcentage d'arrêts de ,943 en quatre matchs, il a obtenu un autre essai dans la Ligue américaine de hockey, où il a impressionné au point d'être désigné gardien partant en séries éliminatoires et de décrocher un contrat avec les Canadiens.

Maintenant, Condon est le gardien no 2 derrière Carey Price et il a signé deux victoires au cours de la séquence victorieuse de neuf matchs pour amorcer la saison qui a permis au club montréalais d'établir un record d'équipe. Mais il a beau avoir gravi les échelons rapidement, ça n'a pas été facile.

Mike Condon lors de son premier départ dans la LNH en carrière, le 11 octobre dernier face aux Sénateurs d'Ottawa.

C'est seulement après avoir signé son contrat que Condon a commencé à travailler avec Ream afin de reconstruire un corps qui avait déjà fait l'objet de deux chirurgies à la hanche. Ils ont travaillé ensemble six jours par semaine du 1er juillet jusqu'en septembre, en cherchant surtout à renforcer le centre du corps de Condon ainsi que son approche mentale.

« Ç'a été un été de solitude, juste lui et moi dans un entrepôt au milieu de nulle part à Cape Cod, a affirmé Condon. Il n'est pas seulement un bon entraîneur en musculation, il est bon en ce qui concerne l'aspect mental aussi. Pour un gardien, ce n'est pas nécessairement une bonne chose d'écouter les conseils des gens qui n'ont pas joué au hockey, mais reste qu'il y a certains personnages que tu rencontres et qui ont beaucoup plus de crédibilité à tes yeux, qui ont littéralement mis leur vie en danger. Quand tu parles de stress avec lui, tu parles à quelqu'un qui a dû mettre le pied dans une cage avec un gars qui est physiquement capable de le tuer. Cela nécessite un degré de préparation et d'intensité qui s'applique aussi au contexte du hockey. »

Condon ne s'est pas entraîné à se battre, bien qu'il se soit livré à quelques séances de boxe « pour le plaisir »; les entraînements ont été conçus de façon à imiter le rythme d'un match, alors qu'on y allait par intervalles en surveillant le tout à l'aide d'un moniteur de fréquence cardiaque.

Condon a qualifié le tout de « conditionnement métabolique ».

« On devient presque assez en forme pour se battre, a-t-il dit. Durant un [désavantage numérique], ta fréquence cardiaque augmente à 180 et plus vite tu peux ramener ton coeur à une fréquence plus calme, autour de 130, une fréquence qui fonctionne bien quand tu veux pouvoir respirer, garder les yeux ouverts et réagir… C'est ça l'élément le plus important. Il faut être capable de réagir et de réfléchir quand ton corps est complètement stressé, et c'est ce que nous avons essayé de reproduire. »

Quand on se fait raconter tout le travail qu'il a fait, ça ne surprend plus autant que Condon ait décroché le poste de gardien no 2 à Montréal, même si la décision de renvoyer le gardien en place, Dustin Tokarski, à la LAH a été inattendue aux yeux de plusieurs. Mais ça n'a pas surpris l'espoir des Maple Leafs de Toronto Garret Sparks, qui a géré des camps de hockey GGSU pour gardiens en compagnie de Condon et du gardien réserviste des Blackhawks de Chicago Scott Darling durant l'été.

« Il m'a dit au mois de juin qu'il allait être retenu dans la formation des Canadiens et il a tout fait pour que ça arrive, a dit Sparks. Voilà ce que ça donne quand on met tous les efforts dans son développement et qu'on a une grande volonté de réussir. »

De l'extérieur, on peut comprendre pourquoi les gens étaient surpris que Condon décroche le poste. Il a disputé sa première saison dans l'organisation des Canadiens dans la ECHL avant de se retrouver dans la LAH, où il a affiché un pourcentage d'arrêts de ,921 la saison dernière.

Non seulement le hockeyeur de 25 ans avait-il peu d'expérience dans les rangs professionnels, mais il avait aussi passé la majorité de sa carrière sur le banc. Même à l'école secondaire, l'athlète originaire de Needham, au Massachusetts, a été réserviste jusqu'à sa dernière année.

« Selon moi, c'est strictement une question de persévérance », a déclaré Brian Daccord, qui dirige l'école pour gardiens Stop It Goaltending près de Boston et a travaillé avec Condon depuis le niveau bantam. « Depuis qu'il est un enfant qu'il a dû batailler. »

Toutes ces batailles et ces matchs sur le banc ont peut-être fait de Condon le candidat idéal pour agir en tant que substitut de Price. Ce n'est pas facile pour quiconque d'amorcer des matchs seulement à l'occasion, mais Condon sait comment faire pour éviter que la structure de son jeu s'affaisse durant les longues séquences sans départ.

« Tu peux passer deux, trois semaines sans jouer à l'université, a fait remarquer Daccord. Mais quand on fait appel à toi, tu dois être prêt, pas d'excuses. C'est dans cet univers-là qu'il a grandi. »

L'entraîneur des gardiens chez les Canadiens, Stéphane Waite, estime que le style de Condon est idéal pour le poste qu'il occupe. L'athlète de six pieds deux pouces choisit les bons moments pour s'avancer à l'extérieur de la zone du gardien et défier le tireur, mais il cherche surtout à avoir une approche contrôlée et compacte. Cela fait en sorte qu'il n'a pas autant besoin d'avoir le rythme d'un gardien qui joue beaucoup pour connaître du succès.

« Il est bon dans ce qu'il fait et il n'a pas besoin de disputer beaucoup de matchs pour être bon, en raison de la façon qu'il joue et de sa taille, a noté Waite. Ce n'est pas comme un gardien de réactions, qui doit jouer beaucoup pour être bon. Les gars qui aiment défier, ils doivent jouer beaucoup pour être bons. Si tu joues seulement deux ou trois fois par mois, c'est difficile, mais avec ce type de gardien [Condon], ça ne m'inquiète pas. »

Et Waite n'a aucune inquiétude non plus en ce qui concerne les habitudes de travail que Condon doit avoir pour rester à son sommet.

« Pour rester alerte, il n'y a pas de secret : tu dois faire du travail supplémentaire à chaque jour et c'est moi qui vais te dire quand c'est le moment de quitter la patinoire, a dit Waite. Il ne va jamais me dire qu'il en a assez. Il ne cherche même pas à me le demander. Jamais. »

Condon n'a jamais eu droit à ce luxe. Depuis qu'il a commencé à goûter à la vie dans la LNH à Montréal – les Canadiens l'ont inclus dans le groupe de 'Blacks Aces' durant les séries éliminatoires, ces deux dernières années –, il a tout fait ce qu'il lui était possible de faire pour devenir un gardien à part entière dans la LNH, même si c'est dans un rôle secondaire.

« J'ai voyagé dans des autobus avec des lits dans la [ECHL], a-t-il souligné. J'ai constaté à quel point ceci est un privilège et je ne veux pas reculer, alors je fais tout pour continuer d'avancer. »

Author: Kevin Woodley | Correspondant LNH.com

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