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Site officiel des Canadiens de Montréal

Le dernier mot : Sir Ian McKellen

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Considéré comme l’un des plus grands acteurs de sa génération, Sir Ian McKellen a ébloui les spectateurs partout où il est passé, autant au théâtre qu’à Hollywood. Impliqué dans des projets aussi différents les uns des autres, il s’est surtout fait connaître au cours des dernières années avec ses rôles de Gandalf dans Le seigneur des anneaux et de Magneto dans les films X-Men. Nous avons discuté avec l’acteur britannique de 74 ans pour en apprendre davantage sur son amour pour Montréal et sur sa passion croissante pour le hockey.

Vous en étiez à votre première visite à Montréal lors du tournage de X-Men : Days of Future Past. Qu’avez-vous aimé le plus de la ville?
SIR IAN MCKELLEN :
Elle a un style un peu européen, ce qui était intrigant. J’ai bien aimé l’architecture de la ville. Cela m’a pris quelque temps pour m’y habituer. Une chose que j’ai adorée était d’aller marcher dans le gros parc situé au centre-ville [parc La Fontaine]. C’était à quelques pas d’où nous demeurions à Montréal.

Nous avons lu que vous aviez appris un peu le français à l’école. Avez-vous eu l’occasion de le pratiquer lorsque vous étiez en tournage à Montréal?
IM :
(rires) Je l’ai utilisé un peu, mais disons que l’effort était bien meilleur que le produit final. Je me suis souvenu un peu du vocabulaire du temps où j’étais à l’école, lorsque j’avais 15 ans. À l’époque, nous étions allés en France et j’avais un correspondant dans le Nord de la France nommé Bruno. Le problème avec l’anglais est que tout le monde le parle. Les Français ont aussi perdu cette bataille. Mais c’est très pratique de pouvoir parler l’anglais et un peu le français. Vous vous sentez à l’étranger. Je vois l’intérêt de le faire à Montréal, c’est une situation unique en Amérique du Nord qui n’est pas artificielle.

En étiez-vous à votre premier match de la LNH lorsque vous étiez à Montréal? Aimez-vous le hockey?
IM :
Oui, mais ne le dites pas à tout le monde. (rires) Nous ne jouons pas au hockey sur glace au Royaume-Uni. C’est toujours touchant de venir dans un endroit [le Centre Bell] qui signifie tant pour tellement de personnes. Je dois dire que les Canadiens étaient très disciplinés sur la glace, je m’attendais à plus d’échauffourées.

Êtes-vous un amateur de sports? En pratiquiez-vous un dans votre jeunesse?
IM :
Non, je ne suis pas une personne de sport et je ne suis pas bon dans les sports non plus. Alors que tout le monde aime regarder le foot chez nous, je préfère assister à des matchs de cricket. J’aime aussi le tennis, mais je ne pratique aucun sport. En grandissant, dans le Nord de l’Angleterre, nous avions un terrain de cricket à l’arrière à la maison. J’étais le marqueur de tous les matchs dans notre cour.

Au cours de votre illustre carrière, vous avez participé à plusieurs projets de styles différents, du théâtre moderne et Shakespearien jusqu’aux films fantastiques et de science-fiction. Est-ce un défi pour vous chaque fois que vous devez vous adapter à un style de film différent?
IM :
Pas du tout. C’est pas mal pareil. Chacun a son style différent. L’interprétation est la même, mais le style de présentation est différent dépendamment si c’est un gros film ou une petite émission de télé ou de radio. Tout comme si vous jouez dans un grand amphithéâtre ou dans un modeste théâtre. Le médium affecte le style, l’histoire racontée et la manière qu’elle est racontée. Il existe une connexion dans X-Men qui est aussi théâtrale que certains projets que j’ai faits sur scène. Cela ne parait pas différent, lorsque vous travaillez sur un projet. Vous n’êtes jamais conscient à quel point il est populaire.

McKellen (au centre) a effectué un arrêt au Centre Bell pour assister à un match des Canadiens lors du tournage de X-Men: Days of Future Past.

Ayant interprété plusieurs types de rôles; préférez-vous être un héros ou un méchant?
IM :
Lorsque vous jouez un méchant, vous ne le voyez pas comme un méchant; mais plutôt comme quelqu’un de probablement mal compris. Vous êtes compatissant à leur endroit si vous le pouvez. Dans le cas contraire, cela veut dire que le scénario n’est pas très bon. Les « méchants » ont souvent les meilleures répliques dans le scénario. Je ne suis pas une personne violente, je suis loin d’approuver la violence en général.

Trouvez-vous bizarre que malgré les nombreux rôles que vous ayez interprétés depuis les années 1960, beaucoup de personnes vous connaissent surtout en raison des rôles de Magneto dans X-Men et Gandalf dans Le seigneur des anneaux?
IM :
Non. Davantage de personnes m’ont vu jouer Gandalf, n’est-ce pas? Ce ne serait pas surprenant du tout. Certains n’ont jamais vu mes premiers films ou ils ne connaissent pas les autres projets que j’ai faits. Cela ne me dérange pas. Je ne crois pas que X-Men est de mauvaise qualité parce que c’est populaire. Cela ne veut pas dire que cela ne vaut pas la peine de le faire. Dans l’ensemble, les gens peuvent me faire confiance d’être dans des projets qui valent la peine d’être vus.

Qui remporterait un duel entre Magneto et Gandalf?
IM :
Je crois que Gandalf l’emporterait. Il n’y avait pas beaucoup de métal à l’époque du Seigneur des anneaux, mais surtout du bois. Magneto n’aurait pas beaucoup de choses avec quoi travailler.

A-t-il été facile d’accepter de jouer le même rôle, Gandalf, dans six films différents faisant partie de deux trilogies?
IM :
Bien, c’était deux emplois différents. Le premier, Le seigneur des anneaux, je savais dès le début qu’il y aurait trois films. Avant d’accepter le deuxième projet, j’ai beaucoup réfléchi et j’ai décidé que je ne voulais pas voir quelqu’un d’autre interpréter Gandalf. Au départ, seulement deux films du Hobbit étaient prévus, mais ils ont décidé d’en ajouter un autre. C’est pour cette raison que dès que j’ai terminé X-Men à Montréal, j’ai immédiatement pris la direction de la Nouvelle-Zélande pour cet autre projet. Je vais également revoir Patrick [Stewart] à Broadway pour deux pièces de théâtre, Waiting for Godot, que nous avons déjà fait en Angleterre, et No Man’s Land. Ces deux pièces s’entremêlent d’une façon. Nous serons pas mal occupés jusqu’au printemps.

Parlant de trilogies, à laquelle avez-vous le plus aimer participer : LSDA, Hobbit ou X-Men?
IM :
Je ne m’en souviens pas beaucoup. On dirait que Le seigneur des anneaux s’éternisait encore, encore et encore. Mais je les ai toutes bien aimées.

De tous les projets auxquels vous avez été impliqué durant votre carrière, lequel êtes-vous le plus fier d’avoir participé?
IM :
Probablement le film que j’ai fait sur Richard III, où j’étais réalisateur. Il n’aurait jamais vu le jour sans moi. C’est moi qui ai proposé l’idée et le scénario. J’ai encore de la difficulté à croire que nous l’avons fait. S’il ne s’était pas concrétisé, Bryan [Singer, le réalisateur de X-Men] ne m’aurait pas choisi dans Un élève doué, qu’il a produit juste avant X-Men et je n’aurais sûrement pas été dans X-Men. Beaucoup de choses ont découlé de Richard III. C’était il y a bien des années et je ne veux plus jamais refaire quelque chose du genre. C’est très, très exigeant comme travail.

Selon McKellen, Gandalf aurait le dessus sur Magneto si les deux mythiques personnages s’affrontaient en duel.

Qu’est-ce qui est le plus intimidant : jouer Shakespeare au Globe Theatre de Londres ou répondre à des questions pointues sur X-Men et LSDA à Comiccon?
IM :
Jouer sur scène est difficile, répondre aux questions des fans est facile. Ce l’est parce que les gens à Comiccon sont habituellement contents de vous rencontrer. Ils ne sont pas agressifs et ne cherchent pas la confrontation. C’est comme rencontrer des amis.

Beaucoup de bonnes et mauvaises choses ont été dites au sujet de Twitter au cours des dernières années. Étant quelqu’un qui y est assez actif, que pensez-vous de cela?
IM :
Je dois admettre que ce n’est pas moi qui publie des messages. Je ne sais pas comment le faire. Je les envoie à mon webmestre et il s’occupe du reste. C’est bien de pouvoir simplement communiquer, mais je ne sais pas pourquoi certains passent tellement de temps sur Twitter.

La brochette d’acteurs dans X-Men est plutôt diversifiée. À quel point les groupies de Wolverine sont-ils différents de ceux de Magneto?
IM :
Je n’en ai aucune idée. Je ne pense pas que Magneto aille des groupies! (rires)

Voyez McKellen à l’oeuvre dans le programme double Waiting for Godot et No Man’s Land aux côtés de Sir Patrick Stewart au Cort Theatre de New York jusqu’en mars 2014. Le Hobbit : La désolation de Smaug, à l’affiche maintenant. X-Men : Days of Future Past, sera en salles le 23 mai 2014.

Cet article, écrit par Hugo Fontaine, est publié dans le numéro 28.2 du magazine CANADIENS.

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