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Le dernier mot : Howie Mandel

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Il est devant les caméras depuis plus de 30 ans, mais Howie Mandel a amorcé son ascension vers la gloire par des modestes débuts comme humoriste à Toronto. Vedette du petit écran de par son rôle de juge à l’émission America’s Got Talent, Mandel se retrouvera également un peu partout prochainement puisqu’il sera de retour à titre de porte-parole de la campagne Cause pour la cause de Bell, où la lutte face aux préjugés entourant les maladies mentales est mise au grand jour. Nous avons discuté avec le récent sexagénaire de ses passions, dont son amour pour Montréal et pour le sport.

Nous t’avons vu à Montréal à quelques reprises à l’occasion du festival Just For Laughs. Quelle est la chose que tu dois faire lorsque tu es en ville?

HOWIE MANDEL : J’ai même déjà habité à Montréal durant une année il y quelque temps. J’étais juste à côté du vieux Forum. J’adore votre ville. J’aimerais y habiter encore aujourd’hui. N’importe quelle raison est bonne pour venir à Montréal : Just For Laughs, la nourriture, la vie nocturne montréalaise est pleine de vie. Sa culture est très européenne et inclut le côté chaleureux du Canada. Mais chaque fois que je reviens, je dois aller déjeuner chez Beautys et souper chez Schwartz’s.

Pour une deuxième année, tu seras un des porte-paroles de la campagne Cause pour la cause de Bell. À quel point est-ce important pour toi d’être impliqué?

HM : Je suis ravi d’être de nouveau impliqué en tant que porte-parole et je l’étais encore plus parce que Bell a fait de cette cause une de leurs priorités. Rien n’existe dans toutes les sociétés de l’humanité qui soit plus importante que la santé mentale. Plus importante encore que la santé physique parce qu’elle dicte la santé physique. J’ai un TOC (trouble obsessionnel-compulsif), je fais de l’anxiété et de la dépression, mais je crois que parmi tout le monde, il n’y a pas une personne à un certain point qui n’ait pas eu un problème lié à une maladie mentale : composer avec le stress au travail, la fin d’une relation ou voir un membre de sa famille être diagnostiqué d’une maladie quelconque. Comment compose-t-on avec ces choses-là? Comment peut-on vivre une vie productive lorsque des événements du genre surviennent? C’est prouvé que si deux personnes sont atteintes d’un cancer, celle avec la meilleure attitude ira mieux. Lorsqu’on regarde ce qui arrive dans notre société avec la criminalité, les abus de drogues ou l’obésité, ce sont toutes des problématiques liées aux maladies mentales. Ça devrait faire partie de nos habitudes, comme si nous allions faire un examen médical, nous devrions passer un examen mental dès que nous sommes enfants. Je crois que le niveau de criminalité diminuerait, l’éducation serait en hausse tout comme la productivité. C’est très important.

Tu as admis il y a plusieurs années que tu avais un TOC et que tu ne peux pas toucher des choses ou serrer la main des autres personnes, à moins de porter des gants. Était-ce difficile de dévoiler cela au grand jour, étant une personnalité publique? Puisque vous rencontrez différentes personnes chaque jour, à quel point est-ce difficile de contourner ce problème et de le faire comprendre aux autres?

HM : C’était incroyablement difficile à admettre que j’avais un problème. Pas parce que j’étais dans l’industrie, mais parce que j’étais assez âgé. Les préjugés sont encore là et ils sont très persistants. Ayant l’âge que j’ai et ayant grandi dans les années 1950 et 1960, vous ne parlez pas de ça. Lorsque j’étais enfant et que mon lacet de soulier se défaisait, je le laissais comme ça parce que j’avais trop peur de toucher au lacet, car il avait été en contact avec le sol. Je préférais que les autres rient de moi plutôt que de le rattacher. Je n’ai jamais parlé de ce problème. J’étais très seul dans ma tête. J’ai souffert durant de nombreuses années. Lorsque j’ai décidé de demander de l’aide, je n’en parlais pas à personne à l’exception de ceux qui m’aidaient. Ça s’est fait par accident lorsque j’étais de passage au Howard Stern Show. Il ne me laissait pas sortir du studio et j’ai commencé à paniquer parce que je ne voulais pas toucher à la poignée de porte, pensant qu’elle était sale. Je lui ai donc dit que j’avais un véritable problème et que ce n’était pas une blague, que j’avais un TOC, que je voyais un psychiatre et que j’étais sous médication. Lorsqu’il m’a ouvert la porte et m’a laissé sortir, j’ai réalisé que nous étions toujours en ondes. J’étais détruit à l’idée de m’être échappé. Je pensais m’être humilié. Je croyais que mes enfants iraient à l’école et que les jeunes leur diraient que leur père a des problèmes mentaux, ce que je croyais être quelque chose de négatif. Je croyais aussi que je ne travaillerais plus jamais, doutant que quelqu’un veuille payer une personne qui selon eux, n’est pas stable. Par un heureux hasard à ma sortie de la station, quelqu’un m’ayant entendu à la radio m’a accosté dans la rue et m’a dit qu’elle avait le même problème. C’était réconfortant parce que ça m’a démontré que je n’étais pas seul.

Tu viens de terminer ta sixième saison comme juge à America’s Got Talent. Même après toutes ces années, es-tu toujours surpris par certaines performances que tu vois? Es-tu stupéfait par ce que les gens peuvent faire pour un million de dollars?

HM : Tout le temps. (rires) Je suis fasciné par les humains. Qu’ils veulent se présenter devant des inconnus à se dépasser est impressionnant. C’est comme dans le sport, c’est incroyable d’avoir ce genre de talent, qu’il soit ridicule ou simplement ridiculement fantastique, et d’avoir mis tout le temps et les efforts dans ce qu’ils nous présentent. Ce n’est pas seulement le produit fini, mais c’est le temps consacré. Tout est relié : AGT, le sport, les maladies mentales. L’être humain est incroyable. Je suis fasciné lorsque je regarde un match de hockey et quand je regarde la patinoire, je me dis : « Mon dieu, chaque jeune dans ce pays pratique ce sport. » Nous mettons tous des patins et nous jouons tous au hockey. Mais regardez ce petit groupe qui est dans la LNH. Regardez le temps, l’effort, la concentration, le sang, la sueur et les pleurs qu’ils ont donnés pour atteindre ce niveau. Comme dans AGT, j’ai vu un gars jongler avec une scie à chaîne et 10 balles tandis que j’ai de la difficulté à attraper une balle. (rires) Que j’apprécie la performance ou que je crois que cette personne l’emportera, je suis autant fasciné.

Tu as remplacé David Hasselhoff comme juge à AGT. Si tu avais pu le remplacer dans une autre de ses séries, aurais-tu préféré K 2000 ou Alerte à Malibu?

HM : Êtes-vous sérieux? Je ne vais pas répondre, je vous laisse écrire ce que vous voulez. Aurais-je préféré avoir une voiture ou Pamela Anderson? L’une d’entre elles se conduit mieux. (rires)

Peut-on écrire cela?

HM : Bien sûr vous le pouvez!

Es-tu un mordu de hockey?

HM : Mon sport est le football. Mais en vertu du fait que je suis Canadien, le hockey est ancré en moi. Et je sais que vous êtes à Montréal, mais j’ai grandi à Toronto. Comme Canadien, ce n’est pas comment votre équipe est bonne ou quelle est votre équipe, mais plutôt qui vous êtes et ça devient une partie de vous. Espérons que je n’ai pas découragé chaque lecteur de votre magazine. (rires)

Pourrait-on espérer te convertir en partisan des Canadiens?

HM : Si vous m’offriez un chandail des Canadiens, je le porterais en raison de ma fierté canadienne.

D’après toi, quel joueur de hockey serait le meilleur participant à America’s Got Talent?

HM : Mike Fisher est marié à Carrie Underwood n’est-ce pas? Il pourrait simplement se tenir à côté d’elle et laisser sa femme chanter. Il pourrait danser pendant qu’elle chante.

Est-ce qu’animer Deal or No Deal a été ton emploi le plus facile?

HM : La chose la plus facile que j’ai faite a été AGT. Deal or No Deal était difficile parce que je ne contrôlais pas les gestes des participants. Voir un humain à cinq pieds de moi refuser 200 000 $ lorsqu’il m’avait confié juste avant qu’il n’avait pas d’assurance maladie, qu’il ne possédait pas de logement, qu’il avait trois enfants et qu’il ne possédait pas de voiture. C’était difficile pour moi de ne pas leur répondre : « Es-tu stupide? Prends l’argent et va-t’en d’ici pour que tu puisses changer ta vie. » Je me sens privilégié de faire AGT parce que je ne sens pas que je travaille lorsque je suis juge. J’adore m’asseoir et regarder des prestations. L’aspect le plus dur est de faire un commentaire négatif à quelqu’un. Je tente de rester le plus positif possible, ça c’est difficile. AGT et Deal or No Deal ne se comparent pas.

Tu es dans le show-business depuis plus de 30 ans, es-tu surpris d’être toujours très actif et d’avoir parcouru autant de chemin depuis tes débuts comme humoriste à Toronto?

HM : Personne n’est aussi étonné que moi. Je me sens chanceux d’avoir pu continuer après ma première soirée au Yuk Yuk’s. D’être encore là 35 ans plus tard et de vous parler est autant une surprise qu’une bénédiction.

Tu as fait ta marque comme animateur à la télévision, humoriste, producteur et auteur. Y a-t-il quelque chose auquel tu n’as jamais été impliqué que tu souhaiterais essayer dans le futur?

HM : La réponse est oui, mais si vous voulez savoir quoi, je ne sais pas. Je reçois constamment des appels pour faire des choses que je n’avais pas prévues et j’espère que d’autres appels viendront bientôt où quelqu’un m’offrirait quelque chose et que je répondrais : « Je n’ai jamais fait ça avant, j’aimerais bien le faire. » Actuellement, une des choses récentes qu’on m’a demandé de faire était d’être un porte-parole pour supprimer les préjugés entourant les maladies mentales pour Bell.

Tu as joué le rôle de l’ennemi de Superman, Mister Mxyzptlk, lors d’un épisode de Lois & Clark. Crois-tu que tu mérites plus de crédit pour cette prestation lorsqu’on fait allusion aux récentes grandes performances dans des rôles de vilains?

HM : Vous ne croyez pas que je reçois assez de crédit? C’était le summum de ma carrière. Je crois que je mérite plus de crédit pour mon apparition dans Lois & Clark. J’adore jouer des rôles, mais je ne crois pas qu’on me perçoit comme un acteur.

Mets-tu encore un gant de latex gonflé sur ta tête comme dans le temps?

HM : Seulement quand je suis à la maison, plus jamais sur scène. Je le fais encore parfois, je ne me débarrasse d’aucun tour.

Dirigez-vous au cause.bell.ca pour en apprendre davantage sur Bell Cause pour la cause et suivez Howie en temps réel sur Twitter (@howiemandel).

Cet article, écrit par Hugo Fontaine, est publié dans le numéro 30.2 du magazine CANADIENS.

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