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Le dernier mot : Bryan Singer

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Véritable étoile de l’industrie du cinéma et de la télévision depuis trois décennies, le réalisateur/producteur/scripteur Bryan Singer fait partie des meilleurs d’Hollywood lorsque vient le temps d’illustrer les nombreuses facettes de la nature humaine. Son travail derrière la caméra en 1995 pour Suspects de convenance l’a mis sur la carte, permettant au diplômé du département de cinéma de USC de mettre en valeur son talent avec une multitude de projets en partant d’Un élève doué et Le retour de Superman, jusqu’aux séries de science-fiction comme X-Men. Nous avons discuté avec l’homme de 48 ans qui a tourné X-Men : Days of Future Past à Montréal, pour savoir si sa passion pour les superhéros dépasse les limites… de la patinoire!

Est-ce que reprendre le collier de X-Men a été quelque chose comme faire de la bicyclette ou est-ce que cela a pris du temps à reprendre le rythme?

BRYAN SINGER : C’était en deux temps. Certaines parties étaient comme du vélo, surtout en travaillant avec des acteurs comme Ian McKellen, Patrick Stewart, Shawn Ashmore, Hugh Jackman et Anna Paquin, avec qui j’ai travaillé à de multiples reprises. Nous savons comment communiquer entre nous. Mais il y aura une partie de ce film qui sera différente des précédents. Les époques où le film se passe, le ton du film et ce que nous voulons accomplir dans ce film-ci est ambitieux pour un film X-Men. Donc il y a un peu de nouveau. Nous avons filmé en utilisant du Native 3D. C’était la première fois qu’un film de la série l’était.

Ressens-tu de la pression lorsque tu es responsable d’un film ayant des fans aussi passionnés?

BS : Toujours. C’est pour cette raison que je suis heureux de finalement avoir un compte Twitter. Lorsqu’ils commencent à paniquer parce qu’ils ont été mal informés, je peux les rassurer. Vous savez, j’ai déjà prouvé ce que je sais faire dans cette série, je pense donc que c’est plus facile. Je ressens un peu moins de pression que lorsque j’ai fait le premier X-Men, mais il y a toujours des doutes. Les gens sont très sensibles à cet univers, ses fans sont des mordus. Vous voulez qu’ils soient heureux.

Lis-tu les blogues ou les commentaires des fans?

BS : Je lis certains commentaires des fans. J’en lis quelques-uns et j’ai des personnes avec qui je travaille qui en lisent beaucoup afin de savoir les tendances et ce qui est important. Lorsque plusieurs personnes s’expriment sur le même sujet, là on m’en fait part. Parfois je vais les lire moi-même parce que c’est intéressant et amusant d’avoir cette interaction directe avec vos fans. C’est tout nouveau pour moi, je n’ai jamais connu ça avant. Je n’étais pas très médias sociaux avant. Je m’étais promis que si j’embarquais un jour dans un autre film qui avait autant de fans passionnés, comme X-Men, je m’impliquerais sur les réseaux sociaux pour pouvoir mieux interagir avec eux.

Quelle est ta philosophie concernant la création de films?

BS : Selon moi, tout revient au script. Lorsque les choses sérieuses commencent, dans chaque réunion ou discussion que j’ai avec le département artistique, les acteurs ou les autres réalisateurs, tout revient au script et à l’histoire. C’est pourquoi j’y consacre beaucoup de temps non seulement avant le tournage, mais durant tout le processus parce qu’ultimement, il faut que l’histoire soit aussi visuelle et spectaculaire que possible. Pour moi, le cœur se trouve dans l’histoire.

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Quel est ton film de superhéros préféré auquel tu n’as pas participé?

BS : Le premier Superman, de 1978. Il y a quelque chose que Richard Donner a réussi en réunissant des acteurs légendaires et leur faire jouer ces rôles. Donner est vraiment le premier à avoir pris l’univers des bandes dessinées au sérieux, surtout avec le premier volet de ces films. Ce sera toujours un de mes préférés.

Qu’est-ce qui te fascine le plus dans le tournage de films de superhéros?

BS : Je crois que les films de superhéros sont notre mythologie des temps modernes. Dans 100 ans, ils seront perçus de la même façon que nous voyons les contes de fées classiques et les autres films des mythologies grecques ou romaines. Ils sont mythiques. Ils représentent les véritables aspects de la quête du héros de Joseph Campbell, tout en étant du genre fantastique. Ils parlent donc de la condition humaine, mais d’une manière amusante et visuelle. Au bout du compte, X-Men parle de la tolérance et comment avoir confiance les uns envers les autres, envers l’humanité et envers qui vous êtes. C’est fait avec de beaux jets et des pouvoirs surnaturels et d’autres choses amusantes avec qui les gens font des liens.

Tu as touché à tout dans le monde du showbusiness. Quel rôle préfères-tu ultimement et pourquoi?

BS : Je suis un réalisateur. C’est ce que je qualifie de mon emploi à temps plein. J’adore être derrière la caméra et travailler avec les acteurs. Mais produire des choses comme l’émission de télé House ou un film comme X-Men : Le commencement, sont d’incroyables opportunités pour accueillir d’autres réalisateurs en premier lieu, et deuxièmement, de pouvoir influencer plus de choses que je ne le pourrais qu’en tant que simple réalisateur. Lorsque vous dirigez, vous pouvez seulement guider une chose à la fois. Mais comme producteur, je peux faire plusieurs choses en même temps.

Quelles étaient vos influences lorsque vous étudiez à New York avant de prendre le chemin de l’Université de Californie du Sud?

BS : Plus jeune, mes plus grandes influences étaient probablement Steven Spielberg et George Lucas. Au fil de mes études, j’ai commencé à vraiment me concentrer sur trois réalisateurs qui m’inspiraient beaucoup : Martin Scorcese, Peter Weir et David Cronenberg stylistiquement parlant, et aussi un peu Kubrick. Ces cinéastes m’ont inspiré encore plus que mes premières idoles, Spielberg et Lucas.

À quel point tes expériences de vie influencent tes films?

BS : Je suis enfant unique. Ma famille n’avait pas beaucoup d’argent et je n’avais pas beaucoup de jouets et j’étais forcé à utiliser mon imagination lorsque j’étais plus jeune. Nous faisions de longs, très longs voyages en auto et j’étais seul sur la banquette arrière avec rien sous la main sauf mon imagination. J’apprenais donc à créer des histoires. J’ai ensuite appris à écrire lorsque j’étais très jeune.

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À quel point être réalisateur sur un plateau de télévision diffère-t-il d’un plateau de cinéma?

BS : Une émission de télévision se préoccupe moins de l’aspect visuel et plus des acteurs et de l’écriture. Je crois que vous voulez avoir votre propre style, mais vous ne serez jamais en mesure de créer de la même façon que vous le feriez au grand écran. Ce que vous faites vraiment est d’introduire des personnages dans le salon de quelqu’un. Lorsque je travaille pour la télé, je me concentre sur l’écriture, le jeu des acteurs et je m’assure que l’auditoire comprend ces personnages. Je ne les cadrerais pas trop petit dans l’écran, façon de parler.

Ton ami de longue date Ethan Hawke a passé du temps à Montréal pour différents tournages. Est-ce qu’il t’a donné quelques infos sur Montréal?

BS : Non. Je vais vous dire comment je suis devenu familier avec Montréal. Je venais faire un film avec Johnny Depp nommé Confessions d’un homme dangereux, et je suis venu ici pour la préparation. J’ai fait du dépistage en ville et le film a finalement été reporté et il a été produit plus tard avec d’autres acteurs. Je connaissais donc Montréal parce que j’avais passé trois mois ici. Roland Emerick, qui a produit Maison Blanche en péril, est un très bon ami à moi et il m’a beaucoup parlé de Montréal.

Qu’est-ce qui t’as le plus marqué de Montréal lors de ton séjour en ville?

BS : On y trouve de l’architecture incroyablement variée. Lorsque vous tournez des scènes extérieures, comme pour ce film, qui se déroule partout dans le monde, il y a beaucoup d’endroits différents que nous pouvons trouver ici. C’est donc idéal pour des tournages. Les équipes sont fantastiques. Personnellement, je trouve que c’est une ville amusante. La vie nocturne est quelque chose. C’est très diversifié. Les restaurants sont tous excellents. Durant nos trois premières semaines ici, nous sommes allés à un resto différent chaque soir et ils étaient tous fantastiques.

Quelles sont tes allégeances au niveau du sport?

BS : Lorsqu’on parle de sports, parce que j’habite à Los Angeles, je suis un partisan des Lakers. Au football, j’aime les Steelers parce que mon oncle habite à Pittsburgh et que mon cousin y jouait au football. Au baseball, je serai probablement toujours un partisan des Yankees. Et au hockey, j’appuie Montréal c’est sûr. Aucun doute là-dessus!

Voyez le dernier projet de Bryan au grand écran,X-Men: Days of Future Past, en salles le 23 mai 2014. Pour être au courant de ses faits et gestes en temps réel, suivez-le sur Twitter.

Cet article, écrit par Matt Cudzinowski, est publié dans le numéro 28.4 du magazine CANADIENS.

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