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Le dernier mot : Bret Hart

Une rencontre avec le légendaire lutteur de la WWE

par Hugo Fontaine @canadiensMTL / canadiens.com

Plusieurs événements mémorables sont survenus au Centre Bell au cours de sa courte existence, mais peu ont vu leur impact durer aussi longtemps que le Survivor Series de la WWE (autrefois WWF) de 1997, le soir où est survenu le désormais célèbre «Montreal Screw Job». L'homme au milieu de cette controverse qui a fait le tour du monde de la lutte, Bret «The Hitman» Hart, aura eu un impact encore plus grand dans l'arène pendant sa trentaine d'années de carrière. Nous avons discuté avec l'ancien lutteur de 55 ans, à l'occasion de son premier passage au Centre Bell depuis 1997, pour en apprendre un peu plus sur sa légendaire carrière, qui l'a également mené vers le monde du hockey.

Plus de 30 années se sont écoulées depuis tes débuts dans l'arène. Es-tu surpris ou renversé par l'amour que les fans ont toujours pour le «Hitman»?
BRET HART :
Je le suis, mais si ça prouve quelque chose, c'est que j'ai toujours travaillé fort chaque soir. J'ai toujours pensé, surtout lorsque les caméras étaient en marche, qu'on me filme et que quelqu'un regardera ça un jour. J'ai toujours tout donné dès que la cloche sonnait. J'adorais aller dans l'arène chaque soir, c'était la meilleure partie de l'emploi. J'ai toujours aimé marcher vers la scène. J'ai toujours cru être un véritable artiste de la lutte professionnelle. J'aime la passion qui en découle, c'est ce qui rend ce métier unique.

Nous devons l'admettre, nous étions très excités de te revoir dans notre ville. As-tu été difficile à convaincre pour faire ta première apparition au Centre Bell depuis le fameux «Montreal Screw Job» de 1997?
BH :
Vous savez, c'était une de ces choses que j'ai toujours espérée en secret. Je ne m'y attendais pas, mais en même temps, je savais que «Monday Night RAW» revenait à Montréal et que ça aurait du sens s'ils m'appelaient. Je ne savais pas à quoi m'attendre, mais juste le fait de retourner à Montréal et d'avoir l'opportunité de m'adresser à nouveau aux partisans montréalais et de clore les choses de belle façon était très spécial. Je suis très fier que les partisans montréalais aient été derrière moi lors de cette soirée de 1997. Je crois qu'on a partagé cette douleur. Je vais toujours m'en rappeler.

Les partisans de Montréal crieront à jamais «You screwed Bret» ou chahuteront toujours Shawn Michaels et/ou Vince McMahon lorsqu'ils seront en ville. Y a-t-il une partie de toi qui savoure toujours ces moments?
BH :
Ça a toujours signifié quelque chose à mes yeux. Au fil des années, je suis venu à Montréal à plusieurs reprises. J'y venais passer des tests neurologiques après avoir subi ma commotion cérébrale. Chaque fois, des partisans qui étaient là ou qui savaient ce qui s'était passé en 1997 m'arrêtaient; c'est un moment que nous avons vécu ensemble. Avoir l'occasion de revenir, de le partager avec mes admirateurs, c'est aussi important que tout ce que j'ai fait avec la WWE depuis 15 ans. C'était un moment important pour moi. Je crois que ce l'était pour mes partisans montréalais qui me suivent depuis toutes ces années. C'était un grand moment pour les Canadiens et les partisans de lutte de partout dans le monde qui comprennent que c'est la conclusion de l'épisode du «Montreal Screw Job». Je suis content que nous soyons maintenant en bons termes et que nous ayons fait la paix. La paix est bien meilleure.

Tu as pu donner une raclée à Vince à «Wrestlemania 26». Est-ce que cette revanche planifiée a aidé à adoucir la véritable amertume découlant de cette trahison?
BH :
J'ai eu beaucoup de plaisir à mon retour. Vous devez le voir de ma perspective : un gars qui a subi un accident vasculaire cérébral, qui était dans un fauteuil roulant et qui pensait y rester pour le reste de ses jours. Mais c'est du passé maintenant. C'était une période très sombre. Si quelqu'un m'avait dit à l'époque que je retournerais à la WWE, que nous serions en bons termes et que je donnerais toute une raclée à Vince McMahon à «Wrestlemania», j'aurais pensé que c'était des paroles en l'air et que ça n'arriverait jamais. Je suis revenu parce que c'était le temps de m'amuser. J'ai aimé marcher sur la passerelle à Phoenix devant 80 000 partisans de lutte. Pour moi, c'était un beau petit moment magique. Revenir à Montréal en était un autre. Je n'en avais pas nécessairement besoin, mais en même temps, j'avais cette irrésistible occasion d'y être en raison de l'amour que j'ai reçu des partisans d'ici qui m'ont supporté. Lorsque la WWE m'a contacté et m'a demandé de revenir à Montréal, j'ai accepté sans hésiter.

Quel est ton plus beau souvenir de Montréal?
BH :
Je me souviens que le Hart Foundation et les frères Rougeau ont eu de très bons combats par équipe au Forum de Montréal. C'était plein à chaque fois. Je me souviens qu'une fois, les Rougeau nous avaient soutiré nos ceintures et nous les avons escortés de l'arène alors que les spectateurs célébraient ce moment. C'était tout un combat et tout un moment pour les frères Rougeau, parce qu'ils devenaient finalement champions par équipe. Bien sûr, l'arbitre a dû renverser sa décision en raison d'un petit détail, mais c'était un moment magique pour tout le monde présent ce soir-là. Je me souviens que Dick Irvin, qui était un grand admirateur du Hart Foundation, est arrivé en coup de vent dans le vestiaire à la fin et il ne pouvait pas croire qu'on s'était fait voler nos titres. Il était très furieux! (rires)

Tu es originaire de Calgary; devrions-nous en déduire que tu étais un partisan des Flames dans ta jeunesse?
BH :
J'ai toujours tenté d'être un partisan des Flames, mais j'ai réalisé que j'aimais davantage les Oilers. Je suis maintenant un partisan des Flames depuis environ 15 ans parce que je suis détenteur de billets de saison. J'aime surtout le hockey. Je ne suis pas aussi satisfait des Flames comme équipe que j'aimerais l'être. Je suis un grand supporteur de toutes les équipes canadiennes et du hockey au Canada en général. J'aimerais les voir s'améliorer. Mais je suis également un grand partisan des Canadiens de Montréal.

Tu étais l'un des premiers propriétaires des Hitmen de Calgary dans la WHL, à quel point est-ce spécial d'avoir une équipe de hockey nommée en son honneur?
BH :
C'est tout un honneur. J'ai une excellente relation avec les gens des Hitmen. J'ai toujours été et je serai probablement toujours derrière eux. J'aurai toujours une relation spéciale avec l'équipe et ses partisans. Je suis vraiment très fier d'avoir fait partie du groupe qui a ramené le hockey junior à Calgary. Les Flames ont fait de l'excellent travail pour toujours assembler une bonne équipe au fil des années. Nous avons toujours eu une équipe compétitive qui faisait régulièrement partie des meilleures. Nous avons vécu des hauts et des bas, mais nous avons une riche histoire et de grands joueurs sont passés ici, comme Ryan Getzlaf et beaucoup d'autres qui évoluent maintenant dans la LNH. Je me considère chanceux d'avoir pataugé dans le monde du hockey. Venant de l'univers de la lutte, il y avait beaucoup de comparaisons entre le «Stampede Wrestling» de mon père et la WWE, tout comme le hockey junior avec la LNH. Une chose que j'ai apprise de mon expérience au hockey est que les personnes qui y sont impliquées sont les plus gentilles qui existent. Des parents jusqu'aux joueurs et même aux partisans, c'est incroyable lorsque vous en faites partie.

Bien que tu aies passé la majorité de ton temps à t'entraîner dans le «donjon» de ton père à l'époque, trouvais-tu le temps de t'améliorer sur une patinoire?
BH :
Je rêvais de devenir joueur de hockey, mais d'où je venais, en raison des patinoires de hockey et du fait que je venais d'une famille de 12, c'était plus facile de me lancer une paire de bottes de lutte et d'aller dans le sous-sol que de m'emmener à la patinoire et de m'acheter tout l'équipement. Ça n'allait pas arriver dans ma famille. J'aurais aimé devenir joueur de hockey et j'aurais aimé grandir dans un environnement avec des parents qui m'auraient emmené aux entraînements de hockey. Les parents de hockeyeurs sont des personnes dédiées; vous devez avoir des parents très spéciaux pour faire ça pour vous. Les miens étaient les meilleurs, mais ils ont simplement eu trop d'enfants! (rires)

Étais-tu «l'Excellence de l'exécution» sur la glace également ?
BH :
Non. Si vous m'aviez vu patiner, vous m'auriez dit d'aller chercher mes bottes de lutte!

Lorsqu'il est question des joueurs de hockey, qui considères-tu comme le meilleur actuellement, le meilleur auparavant et le meilleur à jamais?
BH :
Je crois toujours que Wayne Gretzky était le meilleur, mais Sidney Crosby accomplit tellement de choses extraordinaires. Parfois lorsque je le regarde jouer, je me dis : «Je ne sais pas si Gretzky pouvait faire ça». Je vais rester avec Gretzky, mais Sidney le suit de très près.

Parlant des «meilleurs», d'après toi, quel a été le meilleur combat de ta carrière?
BH :
Probablement celui que j'ai eu face au British Bulldog au Stade Wembley à «Summerslam» en 1992, simplement à cause de l'époque, de l'expérience et de la foule. Deux gentils s'affrontaient, ce qui est plutôt rare. Si vous regardiez ce combat aujourd'hui, vous verriez que les 82 000 spectateurs étaient rivés à chacun de nos mouvements, du début à la fin. C'était dramatique et les partisans étaient plongés dans l'action. Lorsque je regarde ce combat aujourd'hui, je regarde ces partisans et je me dis qu'il n'en existe plus comme eux de nos jours. Ça représente tout ce qui est bon dans la lutte professionnelle. Toutes ces choses que des films comme «Le Lutteur» n'ont pas réussi à capter, c'est la réflexion opposée. Selon moi, c'est là que la lutte est à son meilleur. Je me souviens qu'une fois alors que j'étais dans un bar sportif de Cleveland avec des journalistes sportifs et nous discutions de la lutte professionnelle, j'ai demandé au barman de syntoniser «Summerslam» à la télévision. Je ne me souviens pas qui était à l'œuvre, mais c'était un chef-d'œuvre comme combat de lutte. J'ai pris part à quelques combats que je crois être des chefs-d'œuvre dans un sens. Comme celui face à Steve Austin à «Wrestlemania 13», c'était comme un combat du UFC. Nous changions de rôle et de type de combat continuellement. Il était si obscène et j'étais tellement vicieux. C'était réalisé à la perfection et on en parle encore aujourd'hui. Ce combat est un de mes très, très bons moments. Même le «Iron Man match» que j'ai eu face à Shawn Michaels a été l'un des combats les plus difficiles auquel j'ai participé. Je ne sais pas si quelqu'un pourra faire mieux. Shawn Michaels était un excellent lutteur ce soir-là et je crois que sur plusieurs aspects, nous avons présenté le meilleur combat de tous les temps.

Qui a été l'adversaire le plus coriace que tu aies eu à affronter?
BH :
Probablement l'«Undertaker». C'est difficile à dire. Peut-être «André le Géant». J'ai affronté André en Italie une fois. Je ne l'ai pas battu, mais j'ai résisté honorablement! (rires) Je me souviens qu'il s'est mis debout sur mon ventre et qu'il a posé un pied sur moi alors que j'étais allongé sur le tapis. Je l'ai vu sur la corde du haut, sachant très bien ce qui suivrait puisque je l'ai déjà vu faire sur des millions d'autres lutteurs. J'ai alors pris une bonne respiration pour endurer la douleur et lui montrer à quel point j'étais un dur. On aurait cru qu'un éléphant s'était assis sur moi, je n'en revenais pas. Il a été sur mon ventre pendant deux secondes et je me disais que s'il ne s'enlevait pas immédiatement, j'allais mourir. En réalité, c'était un grand athlète, un grand lutteur et un vrai professionnel. Il est l'un des plus grands lutteurs de l'histoire.

Les rythmes électrisants de guitare de ta musique de présentation sont légendaires. À l'exception de la tienne, quelles autres musiques de lutte sont tes favorites?
BH :
Je me souviens du gong dans la musique de l'«Undertaker», ça me rappelle de bons souvenirs. Je l'ai toujours apprécié et nous étions proches. Steve Austin en avait une bonne. Je ne sais pas si c'était de la musique, mais son intro avec le bruit de fracassements de verre était bonne. Et pour des raisons sentimentales, j'aimerais entendre celle de mon frère Owen. Il en a toujours eu une amusante.

En terminant, qui avait la meilleure moustache à l'apogée de sa carrière : Hulk Hogan ou Lanny McDonald?
BH :
(rires) Celle de Lanny était plus épaisse. Mais je crois qu'ils auraient tous les deux de la difficulté à avoir une barbe comme Jim «The Anvil» Neidhart. C'était à un autre niveau.

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