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Le CH à cœur – Jean-Marc Généreux

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Lorsqu’on pense à Jean-Marc Généreux, les premiers mots qui nous viennent en tête sont énergie, danse, dynamisme et encore danse. Mais celui que plusieurs ont appris à connaître dans son rôle de juge dans l’émission So You Think You Can Dance Canada est également un mordu des Canadiens, trouvant toujours un moyen de suivre son équipe malgré son horaire chargé qui lui fait parcourir les quatre coins de la planète. L’équipe de canadiens.com a rencontré l’as de la danse, histoire de savoir d’où venait son amour pour le Tricolore.

T’es un partisan des Canadiens depuis quand?

JEAN-MARC GÉNÉREUX : En 1986, j’étais déjà branché. On a eu vraiment la traversée du désert un peu. Je ne veux pas lancer la pierre à personne, mais nous avons connu quelques années difficiles. Puis il y a eu un renouveau. Pierre Boivin a vraiment pris le taureau par les cornes et a ramené les amateurs au Centre Bell. On a un peu enterré les fantômes du Forum. Je me souviens, j’ai été au Forum. On achetait nos billets à la dernière minute et on était debout entre les Rouges et les Bleus, on s’accotait! J’ai vécu ça, c’était l’enfer! Ça fait un bout. Il y a pas mal de transactions que tout le monde aurait voulu faire, mais ce ne sont pas celles-là qui sont arrivées.

Quand on pense à Jean-Marc Généreux, on pense à la danse. As-tu déjà joué au hockey à un certain point?

JMG : Oui! Malheureusement, ma carrière de hockeyeur s’est arrêtée en Bantam, parce que j’ai rencontré ma blonde, France Rousseau, avec qui je suis marié depuis 26 ans, à l’âge de 9 ans. À partir de l’âge de 10 ans, j’ai commencé à danser et je ne pouvais plus faire les deux. C’était toujours le week-end qu’on pouvait aller à l’école de danse, mais c’était aussi le week-end qu’on jouait au hockey. J’ai continué à jouer sur la glace à l’extérieur et à m’amuser avec mes chums, mais je ne pouvais plus faire partie du hockey organisé, parce que je devais tout le temps manquer pour aller à des cours de danse. Il a fallu que je dise adieu. J’ai toujours fait de la danse.

À quel point est-ce que la danse est un sport au même titre que le hockey?

JMG : À la base, c’est de la danse sociale, mais au niveau international c’est du sport. Ça se compare totalement au patinage artistique. Entre autres, j’ai entraîné pendant des années Scott Moir et Tessa Virtue, Victor Kraatz et Shae-Lynn Bourne, Marie-France Dubreuil et Patrick Lauzon. C’est des gens avec qui j’ai beaucoup œuvré. C’est moi qui ai fait la chorégraphie à Sotchi pour Scott Moir et Tessa Virtue. On s’est vraiment amusé. Je n’étais pas à Sotchi avec eux par contre. J’aurais vraiment aimé ça, mais j’étais pris avec des tournages en France. Le sport a donc toujours été très présent dans ma vie, mais sous forme de danse. Les techniques que j’enseigne en danse sont très reliées au cœur de l’enseignement moteur de n’importe quel sportif. Donc j’ai toujours eu le côté artistique et le côté plus sportif. Je suis un peu comme les Shredded Wheats. J’ai le côté givré et le côté nutritif.

Combien de fois par année tu viens au Centre Bell?

JMG : Quand je peux y aller! Pour moi, le Centre Bell c’est le summum. Quand tu es là… L’odeur de la glace, l’énergie… Tu es à côté d’un gars qui pèse 400 livres, tu t’en fous. Je suis tout petit. Je suis pris comme une saucisse dans un hot-dog et ça ne me dérange pas. Moi je veux être là.

Y a-t-il un match en particulier qui t’a marqué?

JMG : Je vais t’en dire un que j’ai presque vu. Je suis au Centre Bell avec mon fils et j’ai eu un petit doute dans ma tête. On joue contre une équipe qui s’appelle les Rangers de New York. 1 à 0. 2 à 0. 3 à 0. 4 à 0. 5 à 0. Je dis à mon fils, Jean-Francis, « Viens t’en, on s’en va. Il va y avoir beaucoup de trafic. » Je n’ai même pas le temps de sortir que c’est 5 à 1. « 5 à 1, y’a rien là. » Je continue. J’arrive dans l’auto, 5 à 2. J’embarque sur le pont, 5-3. Je traverse le pont, 5 à 4. Là, je capotais. On est à la maison et on saute de joie quand ils gagnent 6 à 5, puis on se regarde. « Merde, on aurait pu être là. On était là! » C’est un des matchs qui m’a marqué. Un autre que j’avais trouvé pas mal le fun, c’était le match des quatre buts de Lars Eller. Ça, ça avait été électrisant. Cette journée-là, je me suis dit « Tabarouette qu’il a du talent. » Encore là, même l’année dernière, on a vu que ça a été un peu difficile, mais qu’il a rebondi. L’année d’avant, grosse commotion cérébrale, on se demandait s’il allait revenir, puis il est revenu en pleine force durant les séries. Les quatre buts de Lars Eller, ça avait été assez spectaculaire. Je dois dire aussi que les 48 arrêts lors du premier match contre Boston [pendant les séries 2014], ça va rester dans ma tête longtemps.

As-tu déjà eu des joueurs de hockey comme élèves?

JMG : Non parce que je ne suis jamais ici au Québec. Je travaille pour devenir plus présent ici. Mais ce serait vraiment cool un moment donné de pouvoir intégrer certains mouvements de base. Je me l’étais fait dire il y a quelques années par un quart arrière qui avait gagné deux championnats NCAA, mais qui avait terminé l’université. Pour rester, il devait prendre un moins un cours et il avait pris des cours de danse pour être plus mobile avec ses pieds et plus rapide. Du cross training dans le fond. C’est un peu ça que j’aimerais faire un jour avec certains athlètes de pointe pour les mettre en situation de déséquilibre, mais c’est le cross training qui fait que tu développes encore plus l’angle mort. Quand on travaille dans la vie dans certaines choses avec lesquelles on est confortable, plus on est solide, plus on devient craintif de l’inconnu. Plus tu te mets en position de déséquilibre, plus l’effort de te remettre en équilibre développe en toi des systèmes qui peuvent t’aider. Ce sont de nouvelles armes pour affronter l’inconnu. Ça serait vraiment intéressant un jour de faire du cross training avec quelques joueurs des Canadiens. Ça pourrait être super drôle dans un épisode de 24CH de voir la face des gars déconfite. « Michel Therrien, qu’est-ce que tu nous dis là, on s’en va faire de la danse? » « Oui oui les boys! Moi aussi j’embarque! » Tu vas voir, je vais leur jouer dans leur tête, ils vont capoter.

Selon toi, qui serait le meilleur danseur chez les Canadiens?

JMG : P.K. Subban, c’est sûr! Ça c’est officiel. P.K. le magnifique, ce serait son surnom, c’est certain. C’est rare qu’on a un pur-sang comme ça. C’est sûr qu’on a eu des Guy Lafleur et d’autres joueurs fantastiques. C’est certain que P.K. a la danse dans le sang. D’autres personnes comme Plekanec, il faudrait sûrement que je lui enseigne en tchèque, mais ce serait drôle. Mon ami Price, ce serait aussi intéressant parce qu’il est d’un calme déconcertant. Si je lui faisais danser un jive, il manquerait une couple de beats. Il m’arrêterait tout de suite, mais un jive en complet avec un nœud papillon, ça serait pas mal beau.

Qu’est que t’as pensé de la danse de Marc Bergevin en première ronde des séries 2014?

JMG : C’était la première fois que je voyais un directeur général qui avait du sang dans les veines. Je me suis dit « Enfin! On a finalement trouvé un partisan! » Il pense comme moi, parce que j’ai fait la même danse simultanément. Donc, sans l’ombre d’un doute, c’est sûr que le meilleur danseur, c’est Bergevin, mais bon deuxième, P.K. Subban. Cette danse-là, il n’a pas pu l’arrêter. Ce n’était pas vraiment une danse, c’était une action pour démontrer sa joie et c’était vraiment humain. J’ai l’impression que Bergevin nous représente tous, qu’il se met une pression énorme. Finalement, on a quelqu’un qui vibre comme nous. Plusieurs directeurs généraux cachent leurs sentiments, mais lui ne les cache pas. Je l’encourage à continuer à faire son jive de la victoire.

Propos recueillis par Hugo Fontaine

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