Skip to main content
Site officiel des Canadiens de Montréal

La couenne dure

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Greg Pateryn n’est pas étranger aux matchs disputés à ciel ouvert dans la froidure de l’hiver.

En février 2010, alors qu’il en était à sa deuxième année à l’Université du Michigan, Pateryn et les Wolverines ont franchi 400 milles vers Madison au Wisconsin pour affronter les Badgers de l’Université du Wisconsin à la Classique de hockey du Camp Randall.

Classé au 19e rang au niveau national à l’époque, la troupe de Red Berenson a pris les devants à 11:03 de la troisième période grâce à un but de Kevin Lynch. Les Badgers, classés au 3e rang ont toutefois effectué un retour remarquable devant les 55 031 partisans présents. Pateryn ne l’oubliera jamais.

Pateryn a enfilé l'uniforme des Wolverines au Camp Randall Stadium en février 2010, alors qu'il faisait des études en kinésiologie.

«Nous menions par un but avec environ cinq minutes à faire et nous avions écopé d’une pénalité. C’est alors que Brendan Smith [futur défenseur des Red Wings de Détroit] a marqué en avantage numérique pour égaliser. À la présence suivante, nous avons écopé d’une autre pénalité et il a de nouveau marqué en avantage numérique, de la même façon qu’il l’avait fait plus tôt, avec seulement une minute à faire. Après son but, il a pris la pose du trophée Heisman », se souvient Pateryn, qui avait comme coéquipiers à cette époque d’autres futurs joueurs de la LNH comme Carl Hagelin et Luke Glendening. «Même si j’avais été très déçu à l’époque, après le match en y repensant, je me dis que c’était probablement un des trucs les plus cools que j’ai vus. »

Malgré la douloureuse défaite, Pateryn garde d’excellents souvenirs de ce match disputé par un samedi sibérien, il y a de cela cinq ans et demi.

«Je me souviens d’être passé dans Madison et de voir les gens qui se préparaient pour le match comme si c’était un match de football. C’était de loin le match le plus froid auquel j’ai participé. Je me souviens d’avoir regardé dans les estrades tout juste avant de sortir de l’abri et de voir le rouge de l’Université du Wisconsin partout. Il neigeait doucement. C’était vraiment beau à voir », partage Pateryn, qui a disputé 142 matchs en quatre saisons avec les Wolverines, récoltant six buts et 43 points au passage. «L’adrénaline était dans le tapis. Pour la plupart, c’était notre premier match à l’extérieur. C’est quelque chose dont tu vas te souvenir toute ta vie. Tout le monde joue à un autre niveau dans le cadre d’un événement comme ça. On l’a tous senti. »

Il faisait peut-être un froid à glacer les os cette journée-là, mais ça n’a jamais importuné Pateryn. En fait, cette expérience aura été bénéfique pour le défenseur originaire de Sterling Heights au Michigan. Il aura pu apprendre quelques petits trucs au sujet du fait de jouer dans des conditions difficiles.

«Nos entraîneurs nous avaient avertis. Puisqu’il faisait froid, j’ai eu l’impression que je pouvais patiner sans arrêt. Tu as plus d’endurance parce que ton corps est un peu en état de choc au début. C’est un mécanisme de survie de continuer de bouger. Honnêtement je crois que le plus difficile était de garder tout le monde concentré sur le match à jouer plutôt que de se laisser impressionner par les feux d’artifice et les avions qui volaient au-dessus de nos têtes», lance Pateryn qui a retenu bien des leçons de cette rencontre.

De battre Ohio State dans le Frozen Diamond a été toute une fierté pour Greg Pateryn et les Wolverines.

«Avec la qualité de la glace, disons que tu ne fais pas dans la dentelle. Tu ne fais pas des petites passes de deux pieds. Si le jeu n’est pas simple pour toi, tu dois le rendre encore plus simple. Si la rondelle rebondit, elle rebondit tout le temps. Tu dois jouer selon tes limites et c’est honnêtement vraiment un jeu d’erreurs dans ce genre d’endroit », ajoute Pateryn, qui a complété une formation en kinésiologie en 2012. «Si les gars essaient de battre les défenseurs et que la rondelle leur échappe, elle est disparue. L’important est de réaliser que si tu es en mesure de prendre un bon tir, tu dois le prendre, parce qu’on ne sait pas ce qui peut se passe. »

Pateryn a eu la chance de mettre ses stratégies en pratique deux ans plus tard au Progressive Field de Cleveland, en Ohio, alors que les Wolverines affrontaient les Buckeyes de Ohio State, le 15 janvier 2012. Michigan a retraité au vestiaire en première avec une avance de 2 à 0 et n’a jamais regardé derrière, en route vers un gain de 4 à 1 devant les 25 831 partisans agglutinés dans le stade des Indians de Cleveland dans la MLB.

«C’était vraiment amusant. C’était bien différent que de jouer dans un stade de football où nous arrivions par la même entrée que les joueurs de football. Pour ce match, nous sortions de l’abri des visiteurs, ce qui était vraiment cool. Nous avons marché dans le tunnel en entier avant de monter les marches et de contourner la glace. C’était quand même une bonne marche », divulgue Pateryn, qui a mené les Wolverines avec trois tirs bloqués cette journée-là, en plus de diriger deux tirs vers le filet adverse. «Ohio State, c’est l’équipe que nous détestions le plus. C’était ma dernière année et je me souviens que nous avions amorcé le match en lion. Nous les avions frappés dès le départ. Nous avions dominé la rencontre du début à la fin. Tu en retires beaucoup de fierté, surtout quand tu es en dernière année. De battre cette équipe dans ces circonstances, à ce niveau, c’était vraiment tout un fait saillant pour moi. »

Avec cette rencontre encore fraîche à l’esprit, qu’attend donc Pateryn de la rencontre du Jour de l’an contre les Bruins qui sera disputée au Gillette Stadium de Foxborough, au Massachusetts?

«J’ai l’impression que ça va être une tout autre expérience. L’université c’est une chose, mais d’en faire partie, surtout à un niveau élite, c’est quelque chose qui serait encore plus mémorable que mes deux expériences au Michigan », conclut Pateryn. «La rivalité entre deux équipes, c’est quelque chose de majeur quand elles s’affrontent. J’y ai goûté un peu avec nos matchs contre Michigan State et Ohio State, mais c’est un niveau totalement différent. J’ai vraiment hâte de voir comment le match se déroulera. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

VOIR AUSSI
Expérience de travail
De fiers papas 
Du Wisconsin à Boston

En voir plus