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La constance du défenseur

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Tom Gilbert est un atout silencieux à la défensive des Canadiens cette saison.

Faisant partie des joueurs les plus utilisés par Michel Therrien soir après soir, le vétéran de neuf saisons dans la LNH grimpe rapidement les échelons à Montréal, démontrant de l’assurance, de la patience et un sens du jeu qui a défini son style depuis toujours. Disputant plus de 22 minutes de temps de jeu chaque soir, Gilbert est rapidement devenu une option intéressante pour l’entraîneur-chef dans de multiples situations, que ce soit à égalité numérique, avec l’avantage d’un homme ou lorsqu’un joueur se retrouve au cachot.

Se voyant attribuer ce genre de responsabilités dès le départ, le natif de Bloomington au Minnesota n’a pas eu besoin de trop de temps pour s’adapter à son nouvel environnement.

«Le temps de glace reflète le niveau de confiance que l’entraîneur te porte. On m’a donné l’occasion de jouer sur les unités spéciales, à 5 contre 5 et souvent en fin de match. C’est bon, la confiance est là. C’est bien de pouvoir jouer en sachant que l’entraîneur a confiance en tes capacités », mentionne Gilbert, qui s’est entendu sur les termes d’un contrat de deux ans avec les Canadiens le 1er juillet dernier, après avoir évolué une saison avec les Panthers de la Floride, en 2013-2014. «C’est bien de savoir que je fais les bonnes choses et qu’ils me mettent dans ces situations à cause de ça. »

Et pourquoi ne le feraient-ils pas? Non seulement le défenseur de 31 ans présente-t-il le meilleur différentiel à la ligne bleue avec un plus-4, mais il trône également au sommet de la colonne des tirs bloqués, stoppant 32 tirs en 14 matchs. Cela étant dit, l’ancien choix de quatrième ronde de l’Avalanche du Colorado en 2002 a su éviter tous les obstacles qui se dressent devant tout joueur qui s’amène avec une nouvelle formation.

«Tu dois bâtir une nouvelle chimie, trouver où tu cadres et comprendre l’équipe, que ce soit au niveau du système d’équipe ou du jeu d’équipe. Ça peut se passer très vite parfois et c’est un peu comme ça que ça s’est passé avec les Canadiens », confie celui qui a passé la majorité de sa carrière à Edmonton, portant l’uniforme des Oilers pour un peu plus de cinq saisons, entre 2006-2007 et 2011-2012 avant d’être échangé au Wild du Minnesota. «Tu commences à comprendre comment tes coéquipiers jouent et où ils vont être. Tu comprends ces choses à propos de ton équipe. Je commence à m’installer et à me sentir de plus en plus confortable. »

«Gagner apporte ça. C’est un facteur important. Quand tu gagnes, ça fait toute la différence», ajoute le diplôme de l’Université du Wisconsin, qui a seulement goûté aux séries éliminatoires une fois, en tant que membre du Wild. «Gagner est le plus important. Ça te fait jouer à ton meilleur, parce que tu sais que tous les gars sur la glace sont là pour toi. »

Ça n’a pas fait de tort non plus à Gilbert de se joindre à un groupe de joueurs qui, comme lui, aiment bien se pousser pour exceller dans tous les aspects du sport.

«On a quelques vétérans qui sont dans la Ligue depuis des années et quelques jeunes aussi. C’est un bon mélange. Il faut que chacun comprenne son rôle et c’est le cas ici. Au-delà de ça, rien ne compte », confie Gilbert qui a passé la majorité de son temps à Montréal aux côtés du vétéran Andrei Markov, mais qui a récemment été jumelé à Alexei Emelin. «On travaille fort sur la glace. On travaille les uns pour les autres. C’est comme ça que tu gagnes. »

Si Gilbert apprécie l’implication de ses nouveaux coéquipiers, l’inverse est tout aussi vrai.

«Ce n’est pas un gars flamboyant, mais il fait le travail. Je m’inspire des petites choses qu’il fait », mentionne Mike Weaver, qui a été coéquipier de Gilbert pendant 55 matchs l’an dernier, en Floride. «Je regarde comment les joueurs lui mettent de la pression et comment il est capable d’attendre jusqu’à la dernière minute pour attirer le joueur sur lui. Il est d’un calme extraordinaire. Il peut faire d’excellents jeux avec une constance exemplaire. J’analyse les joueurs différemment et je trouve ça exceptionnel quand je vois des jeux comme ça. Deux ou trois fois par match, je lui dis "Hey, excellent jeu! "

«C’est aussi impressionnant de voir quelqu’un qui peut remplir un aussi gros rôle en avantage numérique ET en désavantage numérique. Quand on regarde son temps d’utilisation, on voit que ce sont des minutes difficiles à jouer, surtout en désavantage », ajoute Weaver. «Chaque fois qu’on lui demande s’il est correct ou s’il peut faire une double présence, il est toujours le premier à dire qu’il est prêt.»

Si les défenseurs du Tricolore ont beaucoup de respect pour le champion du Frozen Four de la NCAA en 2006 et pour son style de jeu fiable, ceux qui sont responsables de remplir le filet adverse apprécient également l’apport qu’il aura en cours de saison.

«C’est bon d’avoir un autre droitier à l’arrière. Il est bon avec la rondelle. Il nous aide déjà beaucoup. Sur le jeu de transition, il envoie la rondelle sur ta palette rapidement pour amorcer la montée. C’est un joueur solide », souligne Rene Bourque, qui a été coéquipier de Gilbert à l’Université du Wisconsin pour deux saisons au début des années 2000. «J’ai vu ce qu’il pouvait faire en offensive. À l’université, c’était notre défenseur le plus offensif. Aujourd’hui, il n’appuie pas toujours l’attaque pour s’assurer d’être responsable défensivement, mais quand il voit une ouverture, il n’hésite pas y aller pour obtenir le meilleur tir possible. On le voit à l’entraînement, il a du talent. »

Les statistiques de Gilbert en carrière suggèrent que Bourque a raison. Le défenseur de 6-pieds-2 qui fait osciller la balance à 204 livres, était le deuxième meilleur pointeur des Panthers chez les défenseurs, présentant une récolte de 40 buts et 206 points en 534 matchs dans la LNH. En d’autres mots, il sait comment noircir la feuille de pointage.

«C’est un bon passeur, un bon quart-arrière. C’est quelque chose qui nous a manqué la saison dernière», insiste l’entraîneur adjoint Jean-Jacques Daigneault, qui admet qu’il ne connaissait pas vraiment le numéro 77 des Canadiens avant qu’il ne se joigne à la formation il y a quatre mois. «Je sais que Gibby a comme objectif cette saison de produire. On a insisté là-dessus avec tous nos défenseurs. C’est un prérequis. Dans son cas, il doit tirer plus souvent au filet. J’ai l’impression que parfois il se retient de tirer parce que c’est essentiellement un joueur qui pense aux autres. Il aime mieux distribuer la rondelle plutôt que d’être celui qui tire au but quand une option de passe était disponible. Mais à un moment il faut avoir une mentalité de tireur. Tu obtiens un tir au filet ou tu appuies l’attaquant et tout peut arriver. »

Conscient de ces attentes, Gilbert tente d’être actif en offensive lorsque les circonstances le permettent.

«Depuis quelque temps, j’essaie d’être plus impliqué. Toutefois, je me concentre sur la défensive d’abord et avant tout. Mais je trouve mon rythme », avise Gilbert, qui a marqué son premier but dans l’uniforme des Canadiens le 28 octobre, à Calgary. «Je suis en constant mouvement et j’essaie de profiter des opportunités. Il faut être patient. Ça fait un moment que je suis dans la Ligue et je sais qu’on ne peut forcer la productivité. Il faut faire les bonnes choses et les points vont venir. »

C’est cette confiance en ses capacités offensives et son éthique de travail infatigable qui vont permettre à Gilbert de s’épanouir dans son rôle avec les Canadiens.

«Tom dépasse mes attentes. Je l’ai vu jouer par le passé, mais quand tu vois un gars sur une base régulière, c’est là que tu vois vraiment le genre de joueur que tu as. Le meilleur est encore à venir », offre Daigneault en guise de conclusion. «Il est discipliné, il travaille fort et ne prend pas de raccourcis. Je crois que de jouer pour une équipe aussi exigeante, qui a de fortes attentes et qui va bien au cours des dernières années va seulement pousser son jeu à un autre niveau. C’est un excellent atout pour notre équipe. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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