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La bataille du Vendredi saint

par Staff Writer / Montréal Canadiens
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MONTRÉAL -- On peut tenter de faire revivre la rivalité Montréal-Québec, mais rien ne battra un rendez-vous Canadiens-Nordiques.


Sans aucun doute la plus féroce rivalité dans l’histoire du hockey, elle a atteint son apogée lors de la bataille du Vendredi saint en 1984. Ce moment est aujourd’hui gravé dans la mémoire d’un grand nombre de Québécois. Vingt-six ans, ça peut paraître loin pour certains, mais pour les joueurs qui y étaient, ce soir-là, c’est comme si c’était hier.

Pour Pierre Mondou, qui a passé neuf saisons à Montréal, la rivalité Canadiens-Nordiques représente un des éléments les plus intenses de sa carrière.

«J’ai joué quatre séries contre les Nordiques et ce n’est pas croyable l’ambiance qui existait dans ces séries- là », mentionne celui qui a obtenu une aide dans la victoire de 5 à 3 des Canadiens pour ainsi éliminer le Fleurdelisée en six rencontres.

Selon lui, la « bataille du Vendredi saint», est l’apogée de cette rivalité qui existait depuis longtemps.

«Il s’agissait d’une rivalité autant sur la glace que hors de celle-ci », mentionne Mondou qui est aujourd’hui dépisteur amateur pour les Devils du New Jersey. «  Que ce soit à Montréal ou à Québec, j’ai l’impression que la population était toujours divisée en deux et que ces deux clans ne s’aimaient pas beaucoup. Même pour les joueurs étrangers, la haine était quand même palpable. Bien qu’il soit européen, lorsque Mats Naslund sautait dans la mêlée, c’était vraiment en guerrier et il détestait les Nordiques autant que nous.» 

Le gardien substitut du Tricolore à l’époque, Richard Sévigny, s’explique assez facilement les circonstances qui ont mené à cet épisode peu glorieux de l’histoire du hockey.

 «Je pense que la rivalité dans ce temps-là était vraiment comme un ballon qu’on gonfle à chaque match et finalement ce soir-là, le ballon a éclaté », a expliqué Sévigny. « Ça fait déjà plus de 25 ans que ces incidents ont eu lieu et on en parle encore comme si ça s’était passé il y a trois mois.»

 
Ce match a été le théâtre des deux records d’équipe peu reluisants pour le Tricolore. Au cours de la seule deuxième période, les joueurs du Tricolore ont écopé de 105 minutes de pénalité, 117 minutes ont été décernées aux Nordiques. En cumulant ces deux nombres, on obtient également le record de concession des Canadiens pour le plus de minutes de pénalité au cours d’une période, soit 222 minutes. Au total durant la rencontre, 252 minutes de pénalité ont été décernées et les marqueurs officiels ont nécessité trois pages pour y inscrire seulement les pénalités.

Après les premiers combats, à la fin de la deuxième période, qui a facilement duré plus de 10 minutes, les joueurs ont retraité au vestiaire. L’arbitre Bruce Hood, accompagné des juges de ligne Bob Hodges et John D'Amico, a amorcé la compilation des divers événements, pour pouvoir punir les belligérants. Les deux équipes sont retournées sur la glace avant même que les punitions n’aient été annoncées. À l’annonce des nombreuses expulsions, les escarmouches ont recommencé, les joueurs expulsés n’ayant plus rien à perdre.

Après un autre 10 minutes de bagarres, le match a finalement recommencé, les bancs des deux équipes ayant été dégarnis des joueurs expulsés. Tirant de l’arrière 1-0, puis 2-0, les Canadiens ont amorcé une remontée, marquant cinq buts sans riposte, pour ainsi accéder à la ronde suivante.

Mais la rivalité Canadiens-Nordiques représente beaucoup plus qu’un simple match qui a dégénéré.

«Ce que tout le monde devrait se souvenir, c’est que la rivalité entre Montréal et Québec a aussi donné lieu à un grand nombre de bons matchs de hockey et à une saine compétition», de conclure Sévigny.

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com

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