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Site officiel des Canadiens de Montréal

De père-fils à entraîneur-athlète

Ian Gallagher a veillé au développement physique de son fils… et le fait encore

par Joanie Godin @canadiensmtl / canadiens.com

MONTRÉAL - On ne le saura jamais vraiment, mais le fait qu'Ian Gallagher n'avait pas de gardienne pour son fils Brendan il y a plusieurs années aura peut-être aidé ce dernier à atteindre la Ligue nationale de hockey.

C'est que lorsque Brendan était enfant, son père Ian était déjà très impliqué dans le hockey. Il a longtemps été l'entraîneur du conditionnement physique des Giants de Vancouver dans la Ligue junior de l'Ouest. L'été, il s'occupe également de la préparation physique de nombreux joueurs de hockey, qui aspirent aux rangs professionnels ou qui ont déjà des carrières établies.

Très jeune, donc, Brendan a accompagné son père au travail. C'était sa «garderie» à lui.

«Je devais prendre soin de lui pendant que je travaillais, alors je ne l'emmenais pas dans le but qu'il apprenne à s'entraîner, mais plutôt pour regarder les gars et leur éthique de travail. Observer aussi leur dévouement. Je crois que de savoir que ça prend beaucoup de travail pour avoir du succès s'est très solidement imprégné en lui. Il a compris le processus et éventuellement, il a pris part aux entraînements liés à la force, l'explosion, la rapidité et la puissance des athlètes», a dit Ian, lorsque l'équipe du canadiens.com l'a rencontré à la maison familiale de Tsawwassen, en banlieue de Vancouver.

Le petit Brendan, qui servait de porteur d'eau, était impressionné de voir tous ces joueurs à l'œuvre.

«C'était assez unique. Ce ne sont pas tous les enfants qui ont la chance de côtoyer des futurs joueurs de la LNH. Je me souviens d'avoir été dans l'entourage de Pricey [Carey Price] quand il jouait junior et moi, je n'étais qu'un enfant. C'est en regardant des gars comme ça, en voyant ce qu'ils font que tu as une idée du travail que ça prendra pour t'y rendre. C'était le fun d'être avec ces gars-là, c'était spécial», s'est rappelé le numéro 11 des Canadiens.

Puis une fois lui-même dans les rangs juniors, il a eu une autre chance inouïe, soit celle de travailler avec son père chez les Giants de Vancouver, où Brendan a d'ailleurs réécrit le livre des records de l'équipe en devenant le plus prolifique buteur et pointeur de leur histoire (136B, 144A, 280PTS en 244MJ).

Et en plus, il a pu demeurer à la maison avec ses sœurs et son frère plutôt que d'habiter en pension comme c'est généralement le cas.

Video: La relation père-fils de Ian et Brendan Gallagher

«On a été très chanceux. Brendan pouvait rester à la maison et avoir une vie familiale malgré tout ce que demande une carrière dans le junior majeur. Les entraîneurs et les propriétaires de l'équipe ont également créé une belle atmosphère. Tous les joueurs étaient bien traités et étaient vus comme des éléments importants au succès de l'équipe. Alors pour la famille, que Brendan soit à la maison et dans cet environnement, c'était incommensurable», a admis le paternel, qui travaille maintenant comme entraîneur à l'école secondaire de Tsawwassen.

Ian a eu une très grande influence sur le développement de son fils. Il a l'avantage de connaître ses limites, son corps, ses états d'âme. Il est la personne parfaite pour le pousser au-delà de ce qu'il pense être capable de faire.

«Je ne lui ai jamais dit que je ne pouvais pas faire un exercice, mais je passe mes étés à lui dire que c'est trop difficile! Il n'a pas l'air de s'en soucier, a dit en souriant le joueur de 25 ans. Et je comprends peu de temps après que ce n'était pas trop difficile et que j'ai été capable de le faire. Une partie de la relation n'est pas que du plaisir, mais à la fin, ça vaut la peine. Ça me mènera où je veux être.

«Il me pousse le plus loin que je puisse aller. S'il n'avait pas été là, je ne serais pas le joueur que je suis aujourd'hui. On a besoin de la petite motivation de plus, la poussée d'extra. Il y a des moments, particulièrement l'été, où tu as l'impression que la saison est si loin que tout ça ne semble pas si important, mais ce l'est vraiment. Mon père est là pour te garder alerte et s'assurer que tu travailles chaque jour, pour que ça paie et que ça continue de payer une fois la saison commencée», a indiqué l'attaquant.

Encore aujourd'hui, même s'il a 324 matchs de saison régulière dans la LNH derrière la cravate, c'est vers son père que Gallagher se tourne pour son entraînement estival.

«Je suis très chanceux de l'avoir près de moi. Je retourne m'entraîner avec lui l'été parce qu'il comprend ce que je dois faire pour arriver prêt au camp chaque année, pour être un meilleur joueur. La chose la plus importante pour moi, c'est d'être entouré des meilleurs, des gens qui travaillent le plus fort pour moi et dans mon cas, c'est mon père. Il a évidemment une grande importance dans ma carrière. Plusieurs personnes en ont eu, mais lui, probablement plus que les autres en raison du temps qu'on a passé ensemble et des connaissances qu'il m'a transmises», a indiqué le natif d'Edmonton, en Alberta.

Ian et Brendan ont établi des balises pour faire la différence entre la relation entraîneur-athlète et celle de père-fils. Ç'a n'a évidemment pas toujours été facile, mais jusqu'à maintenant, on peut dire que leur association a porté ses fruits. 

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